BOOMBOX #33: TASTE PART.2

taste

Un peu plus d’un an après notre première rencontre et un baptême du feu réussi, Taste revient avec un EP intitulé « Shapeshifters ». Rimes aiguisées, sorcelleries vocales et productions futuristes, la collaboration avec le talentueux Moko vient confirmer nos premières impressions. Petit avant-goût avant la sortie de l’EP prévue pour le mois de Juillet.

Quel est l’événement qui t’a le plus marqué depuis notre dernière interview l’an passé ?

« C’était un petit peu après notre dernière interview. Un jour, deux électriciens sont venus en bas de chez moi, ont forcé la porte et ont coupé le gaz et l’électricité car le propriétaire n’avait pas payé ses factures. Ne sachant pas si la situation allait se régler, j’ai dormi chez des amis pendant quelques temps. Jusqu’au soir où je n’assumais plus d’être un vagabond du coup j’ai franchi le pas de ma porte sans gaz, sans électricité. J’ai vécu 2 mois dans cet endroit avant de le quitter. J’ai eu l’occasion de me questionner pendant ce temps sur beaucoup de choses et notamment ma nonchalance et mon manque d’inquiétudes. C’était comme une claque pour moi et je pense que ma musique respire cette prise de conscience. »

Pour ce nouvel LP, tu as décidé de travailler exclusivement avec Moko, ton producteur attitré, qu’est-ce-que cela apporte de plus au projet? Vous étiez à la recherche d’une certaine constance dans le développement des titres ou est-ce-que vous vous êtes plus fier à votre instinct pour bâtir un mélange de différentes atmosphères ?

« Travailler avec Moko m’a beaucoup apporté, durant cette dernière année l’idée de faire un projet ensemble germait dans nos esprits. Il a donc commencé à produire et a me faire écouter quelques beats. Au fur et à mesure les sons se sont empilés et se sont concrétisés. En l’espace de 6 mois nous sommes arrivés à boucler ce projet.

Pour Shapeshifters, on a décidé d’explorer differents univers musicaux, il fallait qu’aucun des morceaux ne se ressemble. Je crois que le plus dur a été de garder une cohérence entre les sons dans le LP. »

Pourquoi « Shapeshifters »

« Parce qu’on a voulu essayer plusieurs styles différents. De nos jours je trouve que la plupart des artistes font trop attention à leur identité, leur catégorie et leur genre. Cela restreint énormément le potentiel de création artistique et beaucoup choisissent de suivre la même lignée au fil de leurs sons. Essayer pusieurs styles musicaux c’est comme voyager ou experimenter de nouvelles choses, ça nous apprend et nous apporte de la maturité. Donc « shapeshifters », ou « changeur de forme » en français, je trouve que le caméléon sur la pochette arrière représente assez bien le concept du projet. »

Ton style d’écriture s’apparente pas mal à de la poésie, du coup je me demandais si tu t’inspirais aussi de littérature pour écrire tes textes? Et si c’est le cas, qui sont les auteurs qui t’ont le plus influencés ?

« En effet, lyricalement, le rap est un descendant direct de la poésie. Les structures de rimes y sont identiques et le nombre de syllabes a son importance. Toutefois je dois avouer que je ne suis pas un grand lecteur de poésie. Je préfère les romans, il y a des auteurs qui m’ont bercé et qui m’influencent évidemment dans mon écriture. J’ai beaucoup aimé lire Island de Aldous Huxley, les classiques d’Hemingway et d’Oscar Wilde ou Charles Dickens mais je suis aussi un grand fan de bestseller. »

Il y a une question que j’ai oublié de te poser la dernière fois, quel est ton instrument préféré ? 

« Le saxophone me plait beaucoup, mais en ce qui me concerne et vu mon domaine de prédiliction en tant que beatmaker j’aimerais beaucoup apprendre le piano. »

They all adapt to change i change to adapt. Cette phase reflète ma manière d’être et de penser.

Revenons-en à ton nouvel LP « Shapeshifters », tu es resté sur tes domaines de prédilection « la solitude, le voyage et l’amour » ou est-ce-que l’on doit s’attendre à de nouveaux thèmes ?

« Bien sur, ces thèmes font partis intégrantes de ma personne, mais cette fois j’ai aussi abordé d’autres thèmes qui me ressemblent peut-être moins. Du storytelling, des sons plus personnels et d’autres plus egotrip, autant dans les instrus que dans le rap, ce LP est très versatile. Pour rendre le concept de ce projet intelligible j’ai du jouer différents personnages et interpréter mes textes de manières plus variés que je l’ai fait dans l’EP précédent. »

La phase la plus puissante du LP à tes yeux c’est:

« ‘They all adapt to change i change to adapt’ Il s’adaptent tous au changement, moi je change pour m’adapter. Cette phase reflète ma manière d’être et de penser. Ayant voyagé toute ma vie et étant confronté à tant de personnes et de cultures, le changement est immanent en moi. Je ne pense pas répondre à une catégorie ni à un style particulier bien que j’ai mes influences. J’espère garder la liberté de faire ce que j’ai envie de faire sans avoir peur de décevoir. Je pense que se cantonner à un style et ne pas en explorer d’autres nuit à l’épanouissement d’un artiste. »

Y a-t-il un morceau au dessus du lot dont tu sois particulièrement satisfait?

« Je trouve que darkside est un bijou de production et le texte est en parfaite cohésion avec l’instrumentale. C’est la track sur laquelle l’alchimie entre Moko et moi a le plus opéré. J’aime aussi beaucoup le morceau shapeshifters, mais celui que je préfère personnellement par sa simplicité et son efficacité c’est l’outro. »

Quand est-ce-que l’on te voit en live?

« J’organise des soirées à Bruxelles avec des amis (2five2). Notre concept s’appelle Subsoul et il m’arrive de m’y produire. J’ai eu une date le premier mai à Bruxelles et je vais essayer de m’exporter en Angleterre et en France, histoire que tous mes amis puissent venir me voir. »

L’artiste du moment avec lequel tu aimerais collaborer?

« J’aime beaucoup la vibe de Saddler the Kid, un rappeur et beatmaker anglais qui commence à se faire connaitre. Je pense qu’une collaboration avec lui pourrait être intéressante et enrichissante. Mais l’artiste avec qui j’aimerais le plus collaborer est mon ami du Cameroun, Palesto, dont j’avais déjà parlé dans ma dernière interview. »

Le mot de la fin

« Un grand merci à un Impact Magazine pour cette deuxième interview. Le projet sort en Juillet avec des clips en bonus, je vous prépare plein de bonnes choses et j’éspère qu’elles seront à votre goût. »

Peace out

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Terry Fouchy

Avec un pied dans le réel et l'autre dans le monde digital, mes intérêts s'étendent à toutes les connexions qui relient l'Homme à son environnement.

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