Le sexe selon le Collectif Junon

Après avoir convié les équipes de StreetPress et Paulette Magazine à s’exprimer sur les pages d’Impact Magazine, nous avons souhaité laisser carte blanche à une rédaction émergente, celle du Collectif Junon. Junon c’est un magazine unique qui parle de sexe de façon libérée, humoristique et décalée. Plaisirs, désirs, envies sont abordés à travers des thématiques culturelles, des récits ou des rubriques informatives. En quelques mots, une équipe prometteuse portée par une liberté de ton qui vient démystifier le plaisir féminin. On vous laisse découvrir cette nouvelle pépite du web à travers ces quelques lignes.

Let’s talk about sex, baby

Let’s talk about all the good things

And the bad things that may be

Let’s talk abouuuuuuut sex« , chantait SALT ‘N’ PEPA en 1990 !!

C’est décidé, ceci est un édito qui parlera de sexe !!

Vaste sujet me direz-vous… et pourtant… Impossible, ou presque, d’en parler de manière sérieuse en société. Lors d’un dîner mondain : hors de question ! En famille : je n’ose pas l’imaginer (au risque de paraître dévergondée, voir carrément malsaine). Au travail : totalement déplacé… Il ne nous reste donc plus que le cercle intime, les amis… Et là encore, ce n’est pas toujours facile. Les réactions peuvent être très variables, allant d’une sorte de gêne hypocrite aux faux airs étonnés « non non mais moi je vois pas du tout de quoi tu parles… » Tu as déjà des enfants, tu dois déjà avoir vu le loup… À quoi bon jouer la carte de la naïveté ? Il y a aussi le rire bien gras,  bien graveleux, ah bah oui parce qu’on a toujours pas dépassé le stade génital (phallique ?), si précieux à notre cher Freud, et que parler de sexe, ouh là là qu’est ce que ça fait rire !

Alors cette réflexion se pose à moi : pourquoi ce sujet rencontre-t-il ce genre de réactions ? Est-ce inhérent à l’être humain de ne pouvoir parler de « ça » librement ?

Art

© Collectif Junon

Le fait, entre autre, que je me pose cette question me fait m’assurer que non. (ouf !)

Je vous l’accorde, il y a forcément certaines choses qui doivent rester de l’ordre de l’intime et du privé, de la même manière que l’on avouerait jamais notre envie de tuer le boss, ou que l’on a triché au bac, rien ne nous oblige à dévoiler nos petits secrets et tracas sexuels et intimes.

Je veux que ce sujet se détache de ses tabous qu’on lui a nous-même créés, qu’il se « décomplexifie » dans les deux sens du terme.

Aujourd’hui, je parle en mon nom, mais c’est en essayant d’inverser le cercle vicieux à notre portée que les choses changeront.

« Tout le plaisir est pour moi » est notre crédo, et il devrait s’appliquer à toutes les vies sexuelles.

Je ne veux plus que ma sexualité soit contrainte à des sortes de dogmes ancestraux qui ont décidé pour moi ce qu’il est bien vu de faire et ce qui ne l’est pas du tout, ce dont j’ai le droit de parler et ce qui me rangera dans la case « hors norme ». Rien ne peut être considéré comme déviant tant que les deux partenaires sont consentants. Dans notre société, tout devient de plus en plus normé, pour nous « aider » ou nous uniformiser, et gare à celui qui osera sortir du cadre. Faisons résistance autant que nous pouvons et commençons par la sexualité. À l’image de l’orgasme, qui nous détache hors de notre corps, hors du monde pour quelques instants, luttons pour reconquérir nos propres corps au-delà des normes que l’on nous impose.

© Collectif Junon

© Collectif Junon

Parce que oui, finalement, du « sexe » on en voit partout, tout le temps, trop, beaucoup trop. Mais dans quel intérêt ? Qu’est ce que cela nous apporte ? Et puis, un corps de femme en sous-vêtements digitalement retouché à outrance et placardé en 8m sur 4 sur un building a-t-il vraiment quelque chose de sexuel ? La transformation d’un corps en objet sexuel ne peut nous apporter que frustration.

Notre corps commence de plus en plus à nous faire peur, nous cachons tout ce qui montre nos faiblesses, nos différences. La récente polémique à propos de la censure des tétons sur Facebook et des règles sur Instagram en est la preuve. Pourquoi le corps deviendrait-il sale ? C’est ce qui fait de nous quelqu’un de vivant, soyons-en fiers, fiers de l’assumer et de s’en servir pour son propre plaisir.

Soyons subversives et subversifs, osons se donner le droit au plaisir, osons se faire plaisir.

Il a été prouvé que la plupart des problèmes de non jouissance des femmes provenaient des complexes qu’elles avaient face à leur corps et leur sexualité, et c’est ce qui bloquait le « relâchement » cérébral nécessaire à l’orgasme.

Pour faire simple, ton cerveau censure ton plaisir physique sous l’influence de fausses croyances que l’on essaie de faire passer pour vérité générale depuis ta plus tendre enfance.

WTF

© Collectif Junon

Soyons subversives et subversifs, osons se donner le droit au plaisir, osons se faire plaisir. Il y a bien longtemps que nous avons compris que le sexe ne servait pas qu’à la reproduction alors agissons de la sorte. Il est aberrant d’apprendre que les études scientifiques sur le clitoris sont si récentes (en 1998, le Dr Helene O’Connell du Royal Melbourne Hospital publie la première description exacte du clitoris, réalisée a partir de dissections anatomiques). Nous avons encore beaucoup à apprendre autour du plaisir et notamment du plaisir féminin qui reste le top du tabou. C’est là que le collectif Junon se positionne, voulant créer une plateforme d’informations et d’échanges sur le thème du plaisir féminin dans toutes ses déclinaisons. Parce que non, la masturbation féminine n’est pas anormale, les vulves ne sont certes pas toutes les mêmes, mais il n’existe pas de modèle parfait, et oui, c’est parfaitement normal de ne pas avoir envie.

Ce collectif se veut participatif et se place la où les médias traditionnels restent trop souvent en surface.

« Tout le plaisir est pour moi » est notre crédo, et il devrait s’appliquer à toutes les vies sexuelles.

Vive le sexe, vive le plaisir et vive l’orgasme !

Plaisir

© Collectif Junon

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