Park Slope Food Coop : le supermarché coopératif qui inspire La Louve en France

La Louve, le premier supermarché collaboratif à ouvrir ses portes à Paris fin 2015, est un concept inspiré de la Park Slope Food Coop, une coopérative New-Yorkaise qui fait ses preuves depuis maintenant quarante ans. Le principe? Accéder à des produits de qualité à bas prix en échange de services rendus à la coop.

Une success story à l’américaine

Deux New-Yorkais vivant à Paris, Tom Boothe et Brian Horihan, cherchaient des produits de qualité mais se désespéraient de leurs prix toujours trop élevés. En réaction, « La Louve », supermarché collaboratif alimentaire proposant de bons produits à des prix défiants toute concurrence, commence à naître. Et pour connaître l’origine de ce projet, rendez-vous outre-Atlantique, à Brooklyn, où la Park Slope Food Coop connaît un succès fulgurant depuis 1973.

L’idée : « proposer des prix tellement bas, pour une alimentation d’une qualité tellement bonne », déclare Tom Boothe. Ici, à la Park Slope Food Coop,  il n’y a pas de « clients », mais des membres de la coopérative qui travaillent bénévolement 2h45 par mois pour le supermarché. En échange, ils ont accès à des produits alimentaires et ménagers de haute qualité, à des prix abordables et bien moins chers que ceux affichés dans les supermarchés bio ou dans les grandes surfaces habituelles.

Park Slope Food Coop

© Flickr / Eric Allix Rogers – Park Slope Food Coop

Avec la crise économique de 2008, de nombreux adhérents se sont joints à la coopérative, au point qu’à présent l’acceptation de nouveaux membres est limitée. Depuis, le succès est tel qu’il faut s’attendre à faire la queue pendant près de 40 min avant de payer ses achats.

Aujourd’hui, près de 75% du personnel est volontaire. Caisse, entretien du magasin et réception des livraisons font partie des tâches qui leur sont attribuées. Le nombre important d’adhérents a permis de créer des postes étonnants, comme celui d’accompagnateur de personnages âgées à domicile. Dans la même veine, d’autres participent à la rédaction d’un magazine appelé « La gazette des faiseurs de queue » (« Linewaiter’s Gazette »), très appréciable lors de l’attente en caisse.

Les membres de la coopérative ont bien souvent un métier éloigné du monde de la distribution. D’horizons divers, ces citoyens ne sont pas nécessairement amateurs de bio mais bel et bien passionnés de la bonne bouffe. Ensemble, ces gourmands partagent un intérêt commun, celui de consommer autrement et de façon plus responsable. Comment? En achetant des produits provenant des petits producteurs locaux, des biens à la fois éthiques, respectueux de l’environnement et de l’agriculture biologique.

In the supermarket

© Flickr / Totordenamur

D’un côté, des produits issus de l’agriculture biologique sont souvent trop chers. De l’autre, des produits à bas coût vendus par des multinationales peu regardantes sur la qualité de leurs produits mais plutôt sur leur chiffre d’affaire. Inédit à Paris, La Louve, supermarché coopératif et participatif va ouvrir ses portes à l’automne prochain dans le 18e arrondissement de Paris. En collaboration avec la Park Slope Food Coop, La Louve, symbolisant l’animal nourricier et protecteur, veut s’inspirer de cette success story à l’américaine en proposant des produits accessibles à tous les budgets.

« Nous voulons que notre coopérative soit un lieu d’échange et de partage » Tom Boothe

Basé sur le même système d’auto-gestion, ses membres offrent trois heures de leur temps toutes les 4 semaines, que ce soit en caisse, mise en rayon, réception des appels…En échange, les participants peuvent acheter des produits d’excellence à des prix abordables.

En économisant sur les charges salariales et en pratiquant des faibles marges sur les prix de vente, la coopérative peut ainsi afficher des prix bas en magasin sur des produits à la fois respectueux de l’environnement et de leurs producteurs.

© Flickr / Isabelle Blanchemain – L’Epicerie

Ce modèle peut-il marcher en France ?

Dans le pays de la gastronomie, ce modèle peut-il marcher ? Les chiffres tendent à démontrer que oui. La campagne de fundraising lancée sur KissKissBankBank fut un véritable succès et a récolté plus d’argent que prévu. Soutenu par la mairie du 18e arrondissement, le concept est acclamé et suscite un vif intérêt de la part de parisiens désireux de consommer autrement. Et preuve de l’engouement des Français, plusieurs villes sont intéressées par ce projet – à l’instar de Bordeaux et de Montpellier.

Aujourd’hui, de plus en plus de nouvelles entreprises alternatives basées sur le partage voient le jour en France et dans le monde. On observe un réel élan vers ces nouvelles manières de consommer. Ces citoyens du monde, en parallèle à la crise économique, affirment leur différence face aux multinationales, à l’instar de la coopérative New-Yorkaise. Après 40 ans d’existence et 16 000 membres, la Park Slope Food Coop a de quoi donner de l’espoir à sa petite sœur La Louve.

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Noémi Capell

Auteure passionnée à la plume tenace et à l'appétit vorace pour les idées qui claquent.

4 Commentaires

  • Répondre février 25, 2015

    Tacussel Jérémy

    Une bonne idée et un bon article ! Le partage et l’entraide de plus en plus en vogue.

    • Répondre février 25, 2015

      Noémi Capell

      Merci Jérémy. En effet, La Louve est un concept inspirant et un bon exemple à suivre!

  • Répondre avril 23, 2016

    Chaboissier

    Très bonne idée je suis partante et prête à démarrer vite vite dans les Bouches du Rhône je suis biographie et coopérative
    A très bientôt j’espère

  • Répondre novembre 4, 2016

    robert BRUYEZ

    l’article du Canard enchaîné de cette semaine a attiré mon attention vers cette Coop ,superbe idée qui a l’air de marcher ,tout le monde semble prêt a fuir la grande distribution traditionnelle

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