Surf et skateboard pour la nouvelle génération afghane

Quatorze ans après la chute du régime taliban, l’Afghanistan s’ouvre de plus en plus au sport extrême. Dernier en date, les premiers championnats afghans de surf.

Être surfeur en Afghanistan, impossible ? Et pourtant, ce pays enclavé entre la Chine, l’Iran, le Pakistan, Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan vient d’inaugurer sa première compétition de surf… au Portugal. Sans littoral, les surfeurs afghans ne sont pas pour autant découragés et ont réussi à organiser ces championnats sur le spot –très- réputé d’Ericeira, non loin de Peniche, à 30 km de Lisbonne.

© Wave Riders Association of Afghanistan

© Wave Riders Association of Afghanistan

L’épreuve a été une grande initiation pour l’avenir et la reconnaissance des surfeurs afghans

Soutenus par le gouvernement afghan et reconnus par le Fédération Internationale de Surf, ces championnats ont accueilli une douzaine de surfeurs afghans, huit hommes et quatre femmes, vivant tous hors de leur pays natal. Cette première compétition a sacré Afridum Amu, surfeur de 27 ans et organisateur de l’événement. Côté fille, c’est Sohal Behmanesh, âgée de 34 ans, qui a remporté la compétition. Pour Amu, « L’épreuve a été une grande initiation pour l’avenir et la reconnaissance des surfeurs afghans ».

En plus de cette compétition, des ateliers de découverte culinaire et culturelle étaient présents, organisés par une cinquantaine de personnes.

© Skateistan

© Skateistan

Skater pour un avenir meilleur ?

L’Afghanistan demeure un pays marqué par la violence et la peur d’un retour au pouvoir des talibans. Un climat difficile au quotidien, davantage pesant pour les femmes afghanes, toujours soumises à la loi islamique. Dès lors, difficile pour les nouvelles générations de garder espoir dans un pays déchiré par la guerre. Et pourtant, Oliver Percovich, originaire d’Australie, a réussi à trouver une alternative en fondant en 2008 Skateistan. Le but ? Proposer aux enfants, en particulier aux filles, d’apprendre à skater en leur dispensant gratuitement des cours. Une action qui reste dans le cadre de l’enseignement scolaire. « Nous voulons que les filles se voient les unes les autres comme des modèles plutôt que les seigneurs de guerre qui circulent autour de la ville en brandissant des armes à feu »

Rhianon Bader, directeur de la communication de Skateistan, souligne sur ABC News que « Les activités et sports traditionnels comme le vélo, le football et le cerf-volant sont très populaires en Afghanistan, mais ils sont seulement tolérés quand ils sont pratiqués par des garçons. Or, la culture du skateboard n’existait pas du tout en Afghanistan, donc il n’y avait pas de contraintes sociales pour les filles à monter sur une planche à roulettes. »

© Skateistan

© Skateistan

Selon le DailyMail, l’organisation à but non lucratif aiderait plus de 800 enfants. Alors que le projet avait débuté avec trois planches et une moto pour les transporter dans Kaboul, un skatepark et une salle de classe en plein air viennent d’être récemment inaugurés à Mazâr-e Charîf, dans le nord du pays.

Skateistan fait également partie du programme « Retour à l’école », aidant les enfants à ne pas décrocher du système scolaire. « Nous tendons la main aux enfants pauvres issus de la rue, ceux qui vivent dans des camps, et même ceux issus de la classe moyenne. Cette mixité des origines sociales est vraiment très importante pour reconstruire une société civile qui a été dévastée par des décennies de guerre », affirme Rhianon Bader.

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Geoffrey Saint-Joanis

Né dans un chaudron, j'ai développé une curiosité maladive qui m'a amené à me passionner pour l'international. Serpentard adoubé et champion de Cramois'Île, je collabore notamment avec Ijsberg Magazine, Grafitee ainsi qu'Impact Magazine. Entre Ukraine et Islande, me voici de retour après 6 000 km à travers la Scandinavie.

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