10 maisons imprimées en 3D en moins de 24h : la révolution de l’industrie du bâtiment

En 2011, un dénommé Behrokh Khoshnevis, professeur à l’université de Caroline du Sud, estimait que la technologie 3D permettrait d’imprimer une maison à plusieurs étages en moins d’une journée. Trois ans plus tard, c’est l’entreprise Shanghai Winsun Decoration Design Engineering Co. qui réalise ce projet futuriste en imprimant 10 maisons de 200m² en moins de 24h. Une prouesse technologique qui va vraisemblablement transformer l’industrie du bâtiment.

Rapide, ingénieux et abordable

L’imprimante utilisée par l’entreprise chinoise mesure prêt de 32 mètres de long pour 10 mètres de large et 6,6 mètres de hauteur. Un beau bébé donc, qui n’est rien sans son biberon, un programme de modélisation 3D des plus développés qui permet d’allier ciment et fibre de verre, les deux composants principaux de l’architecture de base des maisons. L’assemblage se fait par couche, de manière à bâtir l’ossature du bâtiment avant de lui ajouter d’autres matériaux complémentaires tels que l’isolation, la plomberie, l’électricité ou encore les fenêtres, eux aussi imprimés en 3D. Mais là ou l’entreprise fait fort c’est dans le recyclage de déchets industriels. Tous les matériaux utilisés pour la construction de ces maisons sont issus du recyclage d’ordures qui sont ensuite transformées en conséquence. À l’image de la majeure partie des avancées technologiques de ce ressort, on pourrait s’attendre à un prix de vente astronomique, mais que nenni, le coût total d’une telle maison s’élève aux environs de 4 500€. Une somme dérisoire par rapport aux prix actuels du marché de la construction. L’entreprise chinoise a donc toutes les cartes en main pour devenir le nouveau leader de l’industrie. La vitesse d’exécution et le respect de l’environnement alliés à des prix plus qu’abordables devraient séduire des milliers de consommateurs. Winsun entreprend d’ailleurs la construction de 100 usines de recyclage afin de collecter les déchets industriels pour ensuite les transformer en matériaux de construction 3D. Un chiffre qui en dit long sur le potentiel de l’entreprise.

WinSun-3D-Printed-House-China

Mais tous ces ouvriers, on en fait quoi?

Il n’y a aucun débat sur la créativité de ce projet, cependant celui-ci amène à se questionner sur le sort des ouvriers du monde entier. Selon l’Insee, en France, prêt de 25% de la population active sont des ouvriers. On peut imaginer qu’au rythme actuel, d’ici deux ans, cette pratique sera répandue dans la plupart des pays développés. Des solutions sont nécessaires quant à la reconversion de tous ces ouvriers qui seront forcés de s’adapter à ce nouveau modèle de construction. Leur manque d’expertise dans le monde de la modélisation 3D pourrait leur être fatal. Comme bien souvent, c’est l’argent qui mènera les débats, or on a vu que ces maisons 2.0 devraient permettre aux entreprises de construction d’économiser prêt de 50% de leurs coûts totaux, notamment sur les coûts de la main d’oeuvre. Une ironie du sort qui veut que ce soit les ouvriers qui se retrouvent dos au mur.

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Avec un pied dans le réel et l'autre dans le monde digital, mes intérêts s'étendent à toutes les connexions qui relient l'Homme à son environnement.

1 Commentaire

  • Répondre avril 17, 2017

    Lorr

    Génial, dommage pou les ouvriers…

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