Syrie al-Killer

Alors que les interventions militaires de la France au Mali et plus récemment en Centre-Afrique relancent les débats de souveraineté et du « droit d’ingérence », le conflit Syrien est toujours bien présent. Après deux ans et demi de conflit, la crise Syrienne représente aujourd’hui plus de 1,7 millions de réfugiés et environ 100 000 morts : 21 850 du côté des rebelles, 60 000 soldats et paramilitaires soutenant Bachar al-Assad et plus de 50 000 civils. Des chiffres qui varient énormément selon les sources…

L’effet déclencheur fut quelques graffitis écrits par 15 adolescents de la ville de Dara, à l’encontre de l’autorité politique de Bachar al-Assad, qui vont mener le pays tout entier vers une guerre civile remettant en cause la souveraineté de la dynastie al-Assad sur la scène internationale.

Plus de 40 ans de régime autoritaire dirigé par Hazef puis Bachar al-Assad n’avaient semble-t-il pas suffit au reste du Monde pour se questionner sur la légitimité de ce régime autocratique. La mort de 700 personnes le 18 Mai 2011 fit l’effet d’une sonnette d’alarme qui retentit sous la forme d’une réaction de l’administration américaine, considérant désormais indispensable de sanctionner Bachar al-Assad pour violation des droits de l’homme.

Encore une fois, la Syrie est un exemple de la magnifique disparité entre les écrits et la réalité des faits.

Ainsi va débuter une longue série de tensions d’ordre politique et économique mais aussi des menaces émises par les pays européens et ceux de la Ligue Arabe, poussant le gouvernement syrien à poursuivre des opérations meurtrières comme une façon de continuellement tester les limites des pays occidentaux. Ce procédé illustrera surtout qu’il est nécessaire d’atteindre un certain degré d’horreur pour justifier, ou du moins déclencher, une intervention humanitaire jusqu’ici inexistante.

Le manque de consensus au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, illustré par le veto de la Chine et de la Russie, souligne une fois de plus des intérêts stratégiques triomphant sur les vies de plusieurs millions de civils. Malgré l’indignation générale, la communauté internationale demeure impuissante et bureaucratique face à un génocide médiatisé. Inutile d’évoquer les réformes idéalistes de l’ONU ratifiées en 2005 tel que le R2P, qui consiste à envisager la souveraineté comme une responsabilité et non un droit, permettant alors d’empêcher ou de faire cesser tout ce qui pourrait s’apparenter à un génocide, des crimes de guerres, des crimes contre l’humanité ou encore des massacres ethniques.

Alors que la couverture médiatique sur le sujet semble s’estomper pour laisser place à l’optimisme chronique de début d’année, les réfugiés se multiplient dans les pays frontaliers comme le Liban, n’ayant d’autres choix que de vendre leurs organes pour survivre : un trafic prospère qui n’a pas de frontière.

De son côté, l’administration Obama a usé de tous les moyens nécessaires, comme le recours au Congrès en Août 2013, pour ne pas s’engager dans un nouveau conflit au Proche-Orient. À l’inverse, la Russie semble mener le jeu des négociations en accusant les rebelles de vouloir manipuler l’opinion à des fins d’interventions armées, prolongeant bien évidemment la gouvernance d’al-Assad jusqu’à aujourd’hui. Le manque de cohésion des pouvoirs occidentaux n’empêchera pas l’Arabie Saoudite et le Qatar de jouer un rôle régional, contrastant avec la République Islamique d’Iran dont la position serait plus favorable à al-Assad. Au cours de ces deux années, le Qatar aura envoyé plus de 3 milliards de dollars pour soutenir les rebelles.

1499767_10202574138772299_835905439_n

Après avoir prouvé l’existence de 7 attaques  chimiques, la communauté internationale – incluant la Russie – s’était engagée à confisquer et détruire l’arsenal d’armes chimiques de la Syrie d’ici 2014 : une promesse qui n’est toujours pas achevée. De son côté Bachar al-Assad poursuit son règne tout en cherchant un bouc-émissaire dans cette guerre d’usure qui aura néanmoins prouvé son incapacité à imposer son autorité. Ainsi, après 2 ans et demi de guerre la situation se résume par un carnage économique, politique et moral qui continue jour après jour, éloignant de plus en plus la possibilité d’une stabilité quelconque en Syrie. Le pays est désormais le symbole d’une partie de la population en quête d’un état démocratique, sous fonds de conflits communautaires, faisant face à un dictateur qui ne cèdera jamais son statut de leader au risque de provoquer une fragmentation  communautaire, politique et territoriale.

Alors que la couverture médiatique sur le sujet semble s’estomper pour laisser place à l’optimisme chronique de début d’année, les réfugiés se multiplient dans les pays frontaliers comme le Liban, n’ayant d’autres choix que de vendre leurs organes pour survivre : un trafic prospère qui n’a pas de frontière.

Le 22 Janvier prochain, la très attendue conférence de Genève II va avoir lieu mais la possible absence des rebelles syriens pourrait engendrer un déséquilibre non négligeable pour l’avenir du pays et de la région.

Affaire à suivre…

  • share on facebook
  • share on twitter
  • share on google+

Cofondateur

    Votre avis

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.