Europe: Une addition plutôt salée pour le Royaume-Uni

En raison de sa relative prospérité, le Royaume-Uni s’est vu cette semaine notifié de payer 2,1 milliards d’euros supplémentaires dans le cadre du budget rectificatif de 2014. Cette nouvelle contribution britannique a pour but de compenser la situation plus que médiocre des autres pays de l’UE tels que la France et l’Allemagne dont les contributions pour 2015 seront abaissées. Dans un pays où l’euroscepticisme bat son plein, la décision attise les foudres de bon nombre de concitoyens britanniques. De plus, l’Union européenne n’a pas fait preuve de beaucoup de diplomatie, se contentant de signifier la somme due et d’indiquer une date butoir, le 1er décembre 2014. Quand on sait combien le vote du cadre financier pluriannuel pour 2014-2020 avait suscité d’opposition dans l’Albion, cette nouvelle exigence de Bruxelles pourrait pousser davantage le Royaume-Uni vers la sortie.

Des pénuries de paiements de plus en plus dramatiques

Chaque année, la Commission s’attelle à la tâche d’élaborer un budget qui rentre dans le cadre financier pluriannuel, et en ce qui nous concerne celui de 2014-2020. Chaque Etat est censé établir le montant d’aides européennes dont il a besoin et remettre ses conclusions à la Commission. En fonction des différentes demandes, cette dernière établit un budget  annuel. Mais face à la crise qui plombe l’économie européenne, les recettes ne couvrent plus les dépenses et les factures impayées s’amoncellent. Depuis 2011, on observe un effet « boule de neige » avec le transfert des impayés d’une année sur l’autre. En fait, l’UE crée de la dette, ce qui n’est normalement pas permis par le traité sur le fonctionnement de l’UE. En effet, le budget annuel repose sur quatre principes dont celui d’équilibre, c’est-à-dire que tout déficit de budget est exclu.

Querelles institutionnelles sur les perspectives budgétaires

Pour résoudre ce problème d’impayés, le Conseil envisageait l’application de coupes franches dans le budget 2015, ce qui entraînerait des coupures drastiques dans certains domaines comme l’aide humanitaire ou l’éducation, avec des bourses Erasmus revues à la baisse. En ce qui concerne le budget 2014, la Commission Barroso a décidé d’augmenter les crédits de paiement de 4 milliards.[1] Lors de la dernière plénière à Strasbourg, les eurodéputés  ont appuyé cette proposition et logiquement voté contre les propositions de coupes budgétaires pour le budget 2015. Isabelle Thomas, députée socialiste n’a pas hésité à faire porter la responsabilités de ces dettes « boule de neige » au Conseil en déclarant: « (…), que le Conseil sorte de ses contradictions ! Qu’il respecte les citoyens européens ! Qu’il commence par payer ses dettes et tenir ses engagements ! »[2] Plus que jamais, l’atmosphère est électrique au sein des instances européennes.

Pour résoudre tous ces problèmes, la solution serait donc de faire payer les Etats. Le Royaume-Uni, mais aussi le Danemark sont sommés de contribuer davantage  pour le budget rectificatif de 2014. Pour les Britanniques, cela reviendrait à augmenter d’un cinquième leurs transferts. Cette décision de l’Union européenne, bien que compréhensible, tombe très mal. Face à la place que prend le UKIP dans le jeu politique britannique, représentant une véritable menace pour le parti conservateur aux élections générales, David Cameron ne peut ainsi que se montrer strict face à la requête inattendue de l’UE. Cette dernière, en refusant de régler plus tôt ses problèmes d’impayés, pourrait avoir une nouvelle fois ouvert la boîte de Pandore, en laissant s’échapper un euroscepticisme plus fort que jamais. Les négociations du 6 au 14 novembre portant sur le budget rectificatif de 2014 entre les dirigeants des institutions européennes et les représentants des Etats membres s’annoncent déjà des plus houleuses.


[1] http://www.taurillon.org/budget-europeen-le-bras-de-fer-commence

[2] http://www.euractiv.fr/sections/nouveau-parlement/le-parlement-europeen-veut-une-rallonge-de-2-milliards-deuros-pour-le

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Auteure passionnée et touche-à-tout, je prends plaisir à user de mon merveilleux clavier d'ordinateur pour rédiger des articles divers et variés. Et comble du comble, mon clavier a l'air d'aimer ça.

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