ALEX & RYAN: LES GLOBE-TROTTERS DU WEB

Lauréat 2011 des Golden blog Awards, élu récemment blog préféré des Français par Hostel World Français, le site Vizeo d’Alex (photo ci-dessus) ne cesse de plaire et ses vidéos de voyage autour du monde continuent de conseiller et de guider ses nombreux visiteurs. Avec Ryan, fondateur du site lesacados, qui a lui aussi connu un succès impressionnant, ils ont su imposer leur blog comme une référence pour tous les globe-trotters. À eux deux les bloggers rassemblent 100 000 visiteurs par mois, une influence qui semble se diversifier avec le projet d’une application pour gérer son budget en voyage.

En quoi consiste votre application Budget My Trip?

« Budget My Trip est une application mobile, tablette et web app qui permet de gérer et d’optimiser son budget voyage en temps réel selon le pays où l’on se situe. L’idée est venue d’une question qui revenait constamment sur nos blogs respectifs : « Comment faîtes-vous pour voyager aussi fréquemment et sur une si longue période ? » Et la réponse est toujours la même nous sommes passés experts dans l’art de gérer son budget voyage à bon escient et ne pas le dépasser.[…] Le but est d’avoir sans effort, de façon claire et rapide, une vue d’ensemble sur nos dépenses et nos catégories de dépenses. Il suffit de rentrer les dépenses chaque jour dans la monnaie du pays que l’on visite, pour avoir un rapport précis en Euros ou une autre monnaie de référence […] L’app nous indique ensuite si l’on respecte ou non son budget quotidien, l’avancée de son budget total et ce qui nous coûte le plus cher dans notre voyage afin de pouvoir faire des optimisations si nécessaire. »

Dans de nombreux pays, il est encore très difficile d’accéder à internet, du coup votre application est-elle indépendante de toute connexion?

« Nous aimerions pouvoir dire qu’internet est difficile d’accès dans de nombreux pays – cela préserverait cette idée d’authenticité – mais mondialisation oblige, aujourd’hui c’est plutôt l’inverse. Rares sont les lieux où il n’y a pas de connexion. (Alex) J’en ai même eu en plein milieu de la Papouasie et de la Mongolie.

Mais nous ne voulions cependant pas non plus que l’app en dépende. C’est pourquoi, l’application est totalement utilisable offline. Et à la première connexion internet, les données seront sauvegardées sur le compte de l’utilisateur via la web app du site internet. Et pour ce qui est du taux de change des monnaies, il y a la possibilité de le mettre à jour avec une connexion internet ou de le rentrer manuellement.

Et comme personnellement (Alex), j’aime rester le plus déconnecté possible en voyage, il nous paraissait évident de créer une app qui ne dépende pas du facteur internet pour l’utiliser. »

Quand, vers 2 heures du matin, je me réveille avec un couteau sous la gorge.

Voila maintenant quelques années que vous êtes sur la route, comment financez-vous tous ces voyages?

ALEX: « Mon premier grand voyage qu’était mon tour du monde, je l’ai financé en travaillant pendant 6 ans et en économisant tranquillement la somme nécessaire durant cette période. Par la suite pour renflouer les caisses, j’ai géré ou lancé des projets. Le premier à mon retour de tour du monde, a été mis en place après avoir remporté l’appel d’offre d’une agence de voyage en ligne, où nous étions une dizaine en compétition. J’ai du ensuite réaliser 23 vidéos de voyages d’environ 5min sur leurs tops destinations Europe et Nord Amérique.
Puis récemment, j’ai refondu entièrement mon blog pour commencer à le monétiser (ce qui n’était pas le cas durant ses 2 premières années d’existence). Pour ma part, cela rapporte quelques centaines d’euros par mois, pas de quoi vivre.

Il y a un projet audiovisuel dans les cartons également. Mais n’étant pas pour le secteur internet, cela prend beaucoup plus de temps.

En gros, quand on est un voyageur invétéré, il faut savoir vivre simplement, ne pas être trop dépensier et surtout très inventif pour se créer ses propres opportunités et rémunérations. »

Le point positif à monter des projets dans la sphère internet, est de pouvoir les gérer de partout dans le monde.

RYAN: « De mon côté je finançais mes premiers voyages en 2008 grâce à des petits boulots trouvés sur la route. […] Par la suite, étant développeur/designer, je me suis mis à créer des sites internet pour des clients en France. En gros je partais avec une petite somme d’argent et quand j’arrivais dans le rouge je me posais quelque part pendant une semaine et bossais sur un nouveau projet web qui me permettrait de continuer de voyager.

budget-my-trip

Depuis deux ans c’est mon blog qui me rapporte de l’argent. Pas de quoi acheter une baraque, mais assez pour pouvoir continuer de voyager. J’ai d’ailleurs lancé par la suite une formation en ligne avec plus de 20 heures de vidéos où j’apprends comment créer un blog et en tirer un petit revenu. […] »

La concrétisation de ce projet vous demandera beaucoup de temps, pensez-vous pouvoir continuer vos vies de globe-trotteurs en parallèle?    

« Nous faisons effectivement notre maximum pour que ce projet se concrétise comme il se doit et prenne l’envergure que nous lui souhaitons. Le point positif à monter des projets dans la sphère internet, est de pouvoir les gérer de partout dans le monde. Parfois nous avons besoin d’être sur place pour gérer les rendez-vous avec des partenaires, et parfois nous pouvons gérer l’opérationnel et les discussions à distance. Et l’avantage à travailler en équipe, c’est qu’il en suffit d’un seul sur place pour que l’autre puisse bosser tranquillement au bord d’une plage de sable blanc !

Donc pour répondre à la question, non, je ne pense pas que cela nous empêchera de voyager ou nous demandera de changer notre rythme de vie. Avoir un blog exige énormément de temps comparé aux faibles rémunérations que cela offre. Cela nous habitue à ne pas compter nos heures, peu importe les conditions ou le lieu de travail. »

Quel a été votre plus beau souvenir jusqu’à présent?

ALEX: « Je pense qu’il ne faut surtout pas classer ou comparer les pays, monuments ou expériences que l’on vit en voyage car c’est la meilleure façon d’être blazé ou déçu rapidement. Et quand je repense à mes voyages, mes souvenirs sont un peu comme la vidéo “Best Of” de mon tour du monde et ma tête est pleine d’images incroyables et aussi inoubliables les unes que les autres.

Mais si je devais parler de l’expérience la plus inattendue, ça serait sûrement mon trek de survie de 7 jours dans la jungle amazonienne de Bolivie : nous étions 3 – un ami et notre guide indien – avec pour seule aide, une machette, un fil de pêche et une moustiquaire pour survivre. Il nous a enseigné à construire un abri pour la nuit, pêcher, trouver de la nourriture, identifier certaines plantes, insectes et animaux. Et nous avons participé à une cérémonie de la Patcha Mama (la mère Terre) pour lui demander sa protection durant notre trek.

Oui, cette aventure était aussi improbable qu’extraordinaire. Merci Chino (mon guide)! »

RYAN: « J’ai vraiment beaucoup de bons souvenirs. Mais de manière générale, les meilleurs sont ceux auxquels on ne s’attend pas.

Si je devais en citer un, je parlerais de cette expérience dans un temple bouddhiste en Thaïlande. À la base, je ne recherchais qu’un simple bon plan pour être nourri blanchi logé. Au final cette expérience m’a marqué à un tel point qu’elle m’influe encore maintenant sur mon style de vie. […] »

Racontez-nous votre plus grosse galère en voyage.

ALEX: « Les gens sont souvent déçus quand je leurs dis que je n’ai eu aucune galère durant mon tour du monde d’un an ou mes autres voyages. Je suis certainement très chanceux mais je fais aussi très attention à suivre les règles de bon sens au quotidien.

En revanche, je peux dire que durant mon trek de 12 jours en Papouasie dans la vallée du Baliem, j’en ai sévèrement bavé !

Je faisais le fanfaron les 4 premiers jours bien que mon guide me disait que les problèmes arrivent souvent le 5ème…et ça n’a pas manqué ! Le cinquième jour, j’ai commencé à avoir de sérieuses courbatures et élongations aux jambes, des problèmes intestinaux et des blessures entre les orteils ont commencé à apparaître. Et tout ça n’a fait qu’empirer les 4 jours qui ont suivi. J’étais vraiment au fond du trou moralement et physiquement. Et sans personne pour me remonter le moral ou me motiver car j’étais seul avec mes deux guides papous qui parlaient à peine l’anglais. Mais l’aventure m’a prouvé que le voyage sert à se dépasser, et le 9ème jour, j’ai eu un déclic ! Les jours d’après, j’ai fait une bonne nuit de sommeil, mes douleurs et mes problèmes avaient disparu ou se résorbaient et le moral était au top ! J’ai pu finalement finir le trek comme une fleur ! »

RYAN: « Ma réponse peut sembler assez clichée, mais pour moi il n’y a pas d’expérience négative. Toutes les expériences sont bonnes à prendre, car chacune d’entre elles m’a permis d’en ressortir toujours plus grandi.

L’une des expériences les plus marquantes fut au Brésil. […] Après avoir passé 15 jours avec un  ami brésilien, je décide d’utiliser les 2 semaines restantes pour voyager un peu partout au Brésil, faire quelques villes. C’est donc avec confiance que je quitte Rio pour explorer une partie du pays. Bien que Pedro me l’ait déconseillé, je voyage de ville en ville à l’aide de bus locaux. Ce type de bus est toujours bondé de monde, mais est très bon marché. De plus, les lignes permettent de rejoindre des villes situées à plus de 300 kilomètres parfois. Voulant économiser sur mes nuits d’hôtel, je préférais voyager la nuit. Un soir, je m’endors dans le bus durant un long trajet, écouteurs aux oreilles. Quand, vers 2 heures du matin, je me réveille avec un couteau sous la gorge.

Un type avait dû me repérer avec mes écouteurs et devait attendre que le bus se vide pour me piller. Il me prit tout ce que j’avais sur moi, mon portefeuille, mon portable, mon ipod, et les quelques billets que j’avais. Heureusement la plupart de mes affaires étaient dans la soute. J’avoue que sur le moment j’ai pas mal flippé, mais j’ai gardé mon calme et lui ai filé tout ce que j’avais. Ce fut un peu la galère les jours qui ont suivi. Mais au final cette personne m’a rendu un  énorme service… Je me suis rendu compte pendant la suite du voyage que sans musique, j’étais beaucoup plus attentif à ce qui se passait autour de moi. J’ai pu prendre conscience de l’ambiance sonore que dégageait chaque ville de ce pays que j’ai pu visiter par la suite: des rires, de la musique salsa à chaque coin de rue, des supporters criant victoire à un match de foot.

Cette expérience qui peut sembler négative m’a fait prendre conscience que vivre un voyage n’est pas seulement visuel, mais est aussi sonore! Grâce à ça je fus beaucoup plus propice aux rencontres et à aller vers les autres, car je n’étais plus prisonnier de ma musique. Bien évidemment c’est toujours agréable d’écouter sa musique et ses podcasts pendant un trajet, et il m’arrive toujours de le faire. Mais plus du tout comme avant. »

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