Boombox #10 : Anna Kova

Révélée ou pas tout à fait à travers un freestyle anonyme pour la série Jhon Doe de la 75esession, Anna Kova nous a directement envoûté dans son univers. Une plume pointilleuse, un flow plus onctueux qu’une perle de lait et c’est le big bang, une sorte de collision entre les étoiles les plus scintillantes de la scène féminine. A l’aube de la sortie de son premier EP « My Heart Ain’t Wrong », rencontre avec votre prochain coup de cœur.

Encore méconnue du grand public, peux-tu nous présenter Anna Kova?

« Anna Kova, parisienne, russo–espagnole d’origine arménienne, mais surtout musicienne!

J’ai grandi ici, beaucoup voyagé et reviens enfin après avoir passé 2 ans à Boston dans une école assez incroyable qui a été une très belle expérience (Berklee College of Music). Je fais de la musique depuis toute petite et sors enfin un premier projet, l’EP MHAW, pour peu à peu donner tout ce que j’ai à donner! »

Raconte-nous tes premiers pas dans la musique. Qu’est-ce-qui t’as amenée à faire du hip-hop?

« J’ai grandi dans une famille remplie d’artistes. Ma mère actrice, mon père musicien classique et ma grand-mère qui m’a appris le piano. J’ai fait un cursus dans un conservatoire classique (chant, piano,  guitare et autres cours de théorie musicale assez exhaustif mais qui se sont avérés payants) puis j’ai très vite rempli mes oreilles de jazz, de soul, de blues et de hip hop  à l’ancienne à la Shyheim au Wu pour en arriver aux petits génies d’aujourd’hui. Je me suis nourrie de ça, et j’ai très vite compris que c’était ce que je voulais faire, ce qui me touchait le plus en tout cas. Ce que j’aime surtout dans le hip hop c’est le live, mes meilleurs souvenirs en concert restent des concerts de rap, où le mec avait juste son mic, sa voix, et rien d’autre. Il n’y a rien de plus fort. Bon, moi en tant que petite nana et passionnée de danse je risque d’y ajouter quelques déhanchés (rires). »

Ce que j’aime surtout dans le hip hop c’est le live, mes meilleurs souvenirs en concert restent des concerts de rap, où le mec avait juste son mic, sa voix, et rien d’autre.

De Mary J. Blidge à Amy Winehouse, ta voix nous rappelle certaines divas de la chanson. Du coup on se demande quelles sont tes principales influences musicales?

« Et bien merci, ce sont de très beaux compliments, les deux m’ont pas mal inspirées, grandes dames qu’elles sont. Mes influences restent tout de même plus masculines, Otis Redding au grain parfait, Bill Withers et son groove, Donny Hathaway et sa perfection de phraser.. Pour les femmes, bien évidemment Etta James, Aretha Franklin, puis la grande Erykah Badu, et la Lauryn Hill qui mettait tout le monde à l’amende dès son arrivée… En ce moment j’écoute beaucoup Jhene Aiko que je trouve très innovante. »

Quelles sont tes attentes vis-à-vis de la sortie de ton premier projet « My Heart Ain’t Wrong »?

« Ce projet est surtout une introduction, une manière de me présenter. J’écris et crée tout le temps, le moment était venu de trouver plusieurs morceaux cohérents pour en faire un tout. Il y a tellement de choses dans ma tête et de styles différents qui me parlent que je voulais surtout commencer par un petit projet qui avait de la gueule et du sens, histoire que les gens ne se perdent pas (rires)! Puis il y a un très  bon ami à moi qui a bien voulu faire partie de ce début, Fa2l, que vous retrouverez sur un des titres (Make My Way) et avec qui on prépare un petit quelques chose.. Alors j’espère que les gens aimeront, et voudront bien me suivre dans mes aventures. »

As-tu rencontré des obstacles majeurs à la réalisation de cet EP?

« Comme dans chaque projet il y a forcément quelques obstacles, puis c’est un premier projet que je sors toute seule donc pas de prod derrière, ce qui complique toujours un peu la tâche… Se fixer à 5 morceaux c’était pas facile non plus vu l’amas de sons précieusement cachés dans mon ordi, mais en soit, quand tu veux atteindre quelque chose tu travailles pour et tu vas au bout. Au final ça a été que du bon, et j’espère que ça le sera pour vous aussi. »

Pourquoi avoir choisi ce titre pour ton EP? Reflète-t-il l’état d’esprit global de ta musique et de ta vie en général?

« My Heart Ain’t Wrong est l’une des chansons les plus complètes de l’EP. Et oui, j’aime à penser que c’est un peu un reflet de mon esprit, le fait que le cœur ne se trompe pas. Que tout ce qu’il y a la dedans, au plus profond de toi, c’est à ça que tu dois faire confiance. Et moi l’amour que j’ai pour la musique ne trompe clairement pas donc j’y vais, les yeux fermés, sans même y penser. »

Le milieu du hip-hop est réputé pour son aspect viril et machiste, comment appréhendes-tu le fait d’être une femme qui fait du rap et comment les gens autour de toi le perçoivent-ils?

« Je fais du “rap” parce que j’aime ca. Au final c’est pas vraiment que du rap c’est plus du rythme et des rimes que je débite comme je les entends, comme je les écris. Puis je suis pas non plus Nicki Minaj qui elle pour le coup est une vraie rappeuse à lancer des “bitch ass nigga” à tout va et à jouer de sa place en tant que femme dans le milieu du rap (ce qu’elle fait très intelligemment d’ailleurs). Moi c’est pas ça le propos, pas ça le but (bien que j’ai pu lâcher des phases un peu énervées parfois, haha). J’aime terriblement le rap, c’est une de mes plus grosses influences, alors je le fais avec tout ce qu’il y a d’autre en moi, à ma façon, du mieux que je peux, comme ça sonne dans ma tête. Je chante plus que je ne rap au final… Mais j’appréhende pas tant que ça, je vous avoue,  j’estime que tant que la musique se vaut on s’en fout un peu que tu sois une femme ou un homme dans tel ou tel milieu. »

 Tout ce qu’il y a la dedans, au plus profond de toi, c’est à ça que tu dois faire confiance.

Maintenant que l’EP est bouclé, c’est quoi la suite? Y-a-t’il un clip en prévision?

« OUI! Un clip qui vient de sortir il ya deux jours (que je vous invite d’ailleurs à regarder) puis un second qui va sortir très prochainement. Des concerts dont vous entendrez parler, et une “release party” dans le club “Le Fantôme” début juin histoire de boire des coups, jouer l’EP en live avec d’autres sons exclusifs et s’amuser. Puis aussi je travaille beaucoup avec un mec formidable en ce moment, MiM (Disiz, Entek, Tito Prince), avec qui on prépare un très très gros projet, je ne vous en dis pas plus, je vous laisse la surprise, plein de belles choses à venir. »

Y a-t-il un artiste avec qui tu aimerais particulièrement collaborer?

« Un feat avec Kendrick Lamar me dérangerait pas du tout (rires)! Je le suis depuis sa première tape, et ça fait rêver de voir où il en est aujourd’hui. Mais en général toute collaboration m’excite, tant que ça crée et que les esprits échangent… Il y a rien de mieux que quand la compréhension musicale se fait directe et que ça marche. »

On adore découvrir de nouvelles pépites auditives, as-tu un son à nous recommander pour la playlist d’Impact Magazine?

« Waldo – Kobe’s Room (Truth Be Told) prod. by Sango. Un son très cool. J’aime vraiment tous les remix de ce mec, c’est neuf, bien pensé, vraiment une belle découverte. »

Pour finir sur une touche d’humour, on a cru comprendre que tu étais en couple avec Pablo Pauly (les lascars, en passant pécho), du coup peux-tu nous confirmer qu’il n’est plus puceau?

« Je ne vous dirais rien, posez lui la question (rires)… Mais je peux surtout vous confirmer que c’est un homme incroyable. »


Restez à l’affût, l’EP sera disponible dès aujourd’hui et on vous garantit que vous ne voulez pas rater ça.

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Avec un pied dans le réel et l'autre dans le monde digital, mes intérêts s'étendent à toutes les connexions qui relient l'Homme à son environnement.

2 Commentaires

  • Répondre juin 1, 2014

    Tim L.

    Merci pour la découverte!!

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