Boombox #11 : KESPAR

Pour ce 11ème Boombox, immersion dans l’univers d’un jeune grenoblois dont les qualités artistiques sont à la mesure de son ambition. À l’occasion de la sortie de son nouvel EP, « WAY TOO SLICK », ce rappeur qui répond au nom de KESPAR nous invite à savourer 7 titres moelleux à souhait.

Tu as fait les premières parties de Chinese Man qu’Impact Magazine a interviewé, mais aussi Deluxe, Némir et j’en passe… pour ceux qui te connaissent pas c’est qui KESPAR?

Je suis un rappeur solo qui évolue sur la scène locale depuis une dizaine d’années. Je suis passé par plusieurs formations, j’étais dans un groupe de funk pendant deux ans à Dijon, je rappais avec une chanteuse et des instruments. Puis je suis arrivé à Grenoble à 22 ans, où j’ai rencontré l’association CONTRATAK avec qui on a formé un groupe pendant 2 ans: Contratakerz.

Je reste très musical dans ma façon d’écrire, je préfère avant tout faire un truc qui s’enchaîne bien et qui est mélodieux.

Malgré le duo KESPAR/LINKRUST, le groupe CONTRATAKERZ c’est toujours d’actualité?

On l’a mis en stand-by après un premier album et deux belles années de concerts. Quand on est dans un groupe et qu’on est six c’est forcément beaucoup de concessions artistiques et une organisation complexe. LINKRUST c’est le dj/beatmaker de ce groupe en fait, et il m’a proposé de me produire un EP. J’ai dit ok et on s’est vite rendu compte que ça marchait plutôt bien l’alchimie entre les deux.

Pour la rédaction des textes de ton EP, comment s’est passé le processus d’écriture?

À la base je suis très spontané et impulsif, j’écris sur la musique. Je suis un peu comme Eminem dans 8 Mile (rires). Je suis assez dicté par le flow mais j’essaie de plus en plus de m’imposer des contraintes dès le départ, des thèmes notamment. Je reste très musical dans ma façon d’écrire, je préfère avant tout faire un truc qui s’enchaîne bien et qui est mélodieux.

Malgré tout tu as essayé d’aborder des thèmes comme la solitude, la force…

Oui ce sont des thèmes qui sont assez faciles pour moi dans le sens où ils sont récurrents dans mon rap. J’ai plus de mal sur des thèmes particuliers, qui seraient trop précis, trop renfermant et qui brisent un peu ma créativité du coup. Apres c’est vrai que j’ai quand même essayé de faire un effort de thématique. J’ai un morceau « Yesterday » qui parle du temps qui passe, il y a « Seul » qui parle de la solitude, ou encore « La Force » évoque le fait qu’il ne faut pas se laisser décourager face aux épreuves. D’un côté je ne fais pas de thèmes précis et d’un autre je fais rarement du pur egotrip, ce que je fais souvent ce sont des morceaux transversaux où il y a plusieurs thèmes dedans.

Par exemple Dakota, un des morceaux de l’EP sur lequel on est en train de faire un clip, c’est ni egotrip ni vide de sens mais c’est très dur de le rattacher à un thème précis, c’est un peu ma marque de fabrique. Ça évite le côté scolaire des thèmes, ça me laisse plus de liberté.

D’ailleurs pourquoi le nom « WAY TOO SLICK »?

À la base je n’arrivais pas à trouver un nom (rires). « WAY TOO SLICK » c’est le premier morceau et c’est aussi la première formule de l’EP. En fait, en argot américain ça veut dire « trop chanmé ». Ce que je trouvais rigolo c’est que « WAY TOO SLICK » ça a plein de traductions en français, ça peut vouloir dire original, smooth, « qui a du bagout ». J’ai même mis la liste dans le cd (rires). J’aurais pu l’appeler la force parce que c est le premier morceau qui a vraiment touché du monde mais j’avais pas envie de lui donner un nom trop restrictif.

Après ton succès au END OF THE WEAK à Besançon l’année dernière et le succès de ton clip « La Force », tu as des attentes précises avec la sortie de cet EP?

J’avais besoin de sortir en solo pour développer mon univers perso. J’ai essayé de faire le maximum en terme de qualité au niveau où j’en suis mais j’espère qu’on va encore progresser. Bien sûr, le but c’est de conquérir de nouveaux auditeurs, d’en faire parler le plus possible, c’est un peu une arme de guerre (rires). Je n’ai pas d’attentes particulières parce que il y a toujours le risque d’être déçu. Le but c’est qu’il soit écouté et de trouver des dates de concert pour le jouer en live.

J’ai besoin de m’entourer de personnes, c’est impossible de faire tout tout seul.

Tu as fait pas mal de collaborations avec des collectifs notamment à Montréal, à Barcelone et plus récemment en Hongrie, maintenant tu voudrais bosser avec qui?

En France j’ai des projets, je vais notamment faire un morceau avec un artiste qui s’appelle Géabé. C’est un français qui déchire bien sur Strasbourg et Paris en plus d’être un bon pote. Il y aussi des artistes de ma ville dont un reggae man, PATKO, qui commence à bien faire parler de lui, j’aimerais faire un morceau ragga/hip-hop avec lui. Après il y a pas de grosse tête d’affiche que j’ai envie d’aller voir spécialement, je suis pas du genre à gratter du featuring quand je connais pas, j’attends de rencontrer les gens. J’ai quand même des artistes que je préfère, par exemple un mec comme Némir je dirais pas non…

Tu as des dates de concerts de prévus ou des festivals ?

Oui là j’ai 5 dates en Juillet pour l’instant. Dans des bonnes salles de Grenoble et dans son agglomération mais aussi au Cabaret Frappé, le plus gros festival de Grenoble sur la scène du Zic Bus où on doit rejouer notre concert dans un bus 5 fois à la suite (rires).

Le plus dur c’est de sortir de la ville. On est déjà sorti, j’ai des connexions à Lyon et ailleurs mais pour faire une tournée française j’ai pas encore les armes. J’ai besoin de m’entourer de personnes, c’est impossible de faire tout tout seul.


Pour télécharger gratuitement le tout nouvel EP de KESPAR, « WAY TOO SLICK », c’est par ici : http://www.kespar.fr/waytooslick/

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