Boombox #13 : Les Deux

Délicieuse Musique est à l’électro ce que la bible est au christianisme, un élément essentiel à la survie de tous les fanatiques de house. Dans ce contexte, Les Deux pourraient être considérés comme les Rois Mages, multipliant les offrandes de galettes exquises. De leurs premiers pas dans l’univers du rock à la création de Délicieuse Musique, retour sur un itinéraire étoilé.

Vous vous êtes d’abord fait connaître dans le milieu du rock, les « Deans », les « Smocks », vous avez eu l’occasion de commencer par la scène la Rock School Barbey, pouvez-vous nous en dire plus sur ces débuts et votre parcours ?

Pierre : On a commencé nos groupes à 14/15 ans…

Manu : Oui, on était ados à l’époque quand on a commencé à faire de la musique chacun de son côté, Pierre de la batterie…

Pierre : …Manu de la guitare…

Manu : …et chacun a constitué un groupe de son côté avec des potes, moi les « Smocks »…

Pierre : …moi les « Deans »…

Manu : Au début on a commencé en faisant nos répétitions dans une cave chez nos parents et au fur à mesure on a pris du level en faisant nos propres compositions, et puis on s’est dis pourquoi pas la scène. On a essayé de percer la scène bordelaise, ça a commencé par El Inca.

Vous avez eu du succès assez tôt sur la scène locale…

Pierre : Oui un festival de rock qui s’appelle Emergenza, un tremplin rock où on est arrivé en finale avec les « Deans ».

Manu : Nous avec les « Smoke » on est arrivé en demi (rires).

Pierre : Ça nous a permis de jouer au Sonar et surtout de faire notre premier Barbey  [Rock School Barbey]. Avec le recul qu’on a aujourd’hui on se rend compte que c’était plus une façon de faire du blé sur la tête des petits jeunes…

Étant parti d’un univers différent avec le rock, comment vous expliquez cette évolution vers l’electro, la deep … Le rock c’est la base essentielle ?

Manu : Oui et non … Pour nous oui parce qu’on a été élevé avec ça…

Pierre : Notre oreille musicale a été influencée par une vraie culture rock avec des classiques comme Led Zeppelin, Rolling Stones, The Beatles puis des groupes plus indépendants comme Brian Jonestown massacre ou encore Television.

Au niveau de la rythmique même, toi Pierre tu as fait de la batterie…

Manu : Oui on a gardé en tête que la musique électronique tu peux la faire avec un ordinateur et un simple clavier mais elle est toujours mieux, toujours plus enrichie si tu rajoutes tes propres riffes de guitare ou tes breaks de batterie tapés à la main, ça rajoute un touché complétement différent…

Pierre : Une bonne base rythmique c’est ça qui fait vibrer, c’est le cœur de la musique !

Manu : Même à l’origine quand on a commencé nos groupes de rock c’est vrai qu’on était assez réticent voire même contre la musique électronique, on se sentait à l’opposé de tout ça… mais en grandissant… on s’est rendu compte que l’évolution vers ce style était logique.

Pierre : On comprenait pas! C’est après avec le recul qu’on s’est dit que la frontière n’était pas si grande que ça. C’est en mélangeant tes bases rock avec toutes les possibilités techniques de la musique électronique que tu obtiens un cocktail détonant!

Ça été quoi le déclic ?

Manu : Le vrai déclic c’était en 2011 quand on a commencé Délicieuse Musique. On s’est engouffré dedans, au point de se dire il n’y a presque plus que ça!

Pierre : Même avec les sons de rap et de hip hop qu’on écoutait à l’époque entre potes, on s’est rendu compte qu’il y avait des trucs super bien produits et techniques, bien que ce soit pas du rock. Ça aussi ça nous a pousser dans le changement vers la musique électronique.

Pierre : On a commencé avec un premier titre, « Jolie », qui a fait un petit buzz même si ça représente pas totalement ce qu’on fait, seulement en partie avec son côté un peu « dream »…

C’est l’envie de partager votre musique qui vous a poussé à vous investir autant ?

Manu : Même pas, c’est vraiment le destin qui a fait ça parce que quand on a commencé on avait qu’une dizaine de titres et quand on fait des études on a pas forcément le temps de faire de la musique toute la journée… Et puis on est hyper exigeant avec notre propre musique, on déballera jamais quelque chose tant que ça nous semble pas fini… C’est vrai que « Jolie » en une semaine on l’a craché, ça été le premier moteur!

La Délicieuse Musique vous a permis d’organiser des soirées dans l’une des boîtes les plus prestigieuses de Bordeaux, l’IBOAT, quelle expérience vous en avez tiré?

Manu : La principale expérience a été de comprendre qui étaient les principaux acteurs de ce mouvement mais aussi de partager, le temps d’une soirée, l’univers des artistes que tu affectionnes musicalement, et ça c’est génial! Il y a aussi tout le côté évènementiel: comment on organise une bonne soirée, gérer les bookings avec les djs, trouver un public…

Pierre : Après, on l’a toujours fait avec nos goûts, les artistes qu’on voulait on les amené. On a fait notre sélection, ça a plut, on cherche pas plus loin. L’expérience est ouf, tu rencontres les artistes…

Manu : …tu te rends comptes que malgré leur notoriété les artistes sont des personnes comme toi et moi, qu’il faut mettre à l’aise avant qu’il aille sur scène… C’est comme ça que tu commences à créer de réelles amitiés, à faire des partenariats entre artistes…

Pierre : …un bon coup de pouce quoi !

Jumeaux mais pas siamois, pourtant vous sembler être deux en un… Cette fraternité c’est la source de votre harmonie musicale?

Manu : C’est sûr, on s’écoute et on se complète. Je vais avoir tendance à écouter beaucoup plus de musique que Pierre, tandis que lui va creuser tout ce qui est rattaché à la prod, aux logiciels…

Pierre : …je vais faire le technicien quoi! Ça nous permet d’avoir du nouveau matos, des nouvelles idées…

Manu : …Moi je me concentre plus sur les platines tandis que Pierre va être plus à l’aise sur la prod et les machines. On se complète quoi!

Vous vous voyez mixer sur vinyle un jour ?

Manu : On y bosse! On a les platines mais c’est vrai que c’est plus pratique de bosser sur CD.

Pierre : Et puis pas tous les clubs peuvent se permettre d’avoir des platines vinyles!

Manu : C’est vrai qu’avec le temps ça nous ferait vraiment plaisir de mixer sur nos vinyles. Après ça demande aussi un investissement et si tu dois bouger en tant que dj c’est une toute autre organisation… Mais la qualité reste incomparable par rapport au MP3 !

Pour ceux qui connaitraient pas encore vos sons, vous nous conseillerez lesquels ?

Pierre : Si tu veux danser opte pour « Leila » ou « Moving Your Way ». « Leila » c’est un son plein de couleurs, qu’il faut écouter plusieurs fois pour bien le comprendre … « Moving Your Way » quant à elle, est peut être plus simple d’écoute, une de nos première track club, en libre téléchargement d’ailleurs, sur notre soundcloud, si ça tente les lecteurs d’Impact!

Manu : Par contre, si tu veux voyager tu te tourneras plus vers « Jolie ». Enfin si tu veux être happy choisi « Marjorie ».

Avec l’été qui arrive, quand et où est-ce qu’on pourra vous voir ?

Pierre : On revient le 19 Juillet à l’IBOAT pour notre première vraie date en tant que « Les Deux ».

Manu : Chers lecteurs d’Impact Magazine préparez-vous parce qu’à la rentrée il y aura des grosses surprises, des nouvelles tracks, un EP en préparation…


Avis à tous les amateurs de pépites auditives, allez faire un tour du côté de Delicieuse Musique ou directement sur le soundcloud des Deux fameux.

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1 Commentaire

  • Répondre juin 21, 2014

    la jeez

    Très bien les deux
    Continuer

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