Boombox #17: Kid North

Même avec deux jambes en moins, les 3 rescapés de Kid North n’ont jamais été aussi productifs. Fini les compromis! Des mélodies libérées qui nous enivrent d’émotions. Ça respire la sincérité à pleins poumons et la complicité des 3 artistes se ressent jusqu’à leur nouveau site internet ou vous pouvez vous amusez à leur jeter toute sorte d’objet en pleine face. À l’approche de la sortie de leur nouvel album, on sent le groupe en pleine confiance malgré une prise de risque annoncée.

Kid North, c’est quoi ?

« Kid North c’est un groupe de pop moderne au sens large. On est 3, et on a commencé il y a un petit peu moins de 4 ans. À la base on était 5, puis ensuite 3, et on continue à 3. »

Vous êtes un groupe pop mais beaucoup de vos mélodies ont un aspect assez mélancolique. De part ce contraste, de manière générale, est-ce-que vous vous définiriez plutôt comme étant des gens optimistes ou pessimistes dans votre façon de voir les choses ?

« C’est pas forcément contradictoire d’associer la pop et le côté mélancolique. Ça a toujours un peu existé ce truc la, surtout dans les années 80. On aime bien la pop des années 80, c’est souvent très triste. En fait on a l’impression que les gens aiment bien les choses mélancoliques, ils aiment bien pleurer. Du coup notre conclusion c’est qu’on peut être pop et triste. Ce weekend, on a fait un concert et on a joué une reprise de talk talk pour la première fois (« such a shame »). Il y a des gens qui sont venus nous en parler parce qu’ils trouvaient que c’était bien choisi, car justement cela évoquait la même chose : ce côté pop assez dansant mais avec des paroles ultra tristes. On a rien inventé, on se définit comme ça parce qu’on avait le truc « danser-pleurer », mais c’est pas forcément une manière de se démarquer, parce que ce n’est pas si original que ça finalement. »

D’un point de vue musical d’accord, mais par rapport à vous personnellement, vous êtes plutôt du genre déprimé ou joyeux ?

« Ah pour ce qui est de nous au point de vue personnel, on est plutôt des gros déconneurs que des déprimés de la vie. On rigole beaucoup. Ce qui veut pas dire qu’on fait notre musique à contrecœur. On aime bien les choses plutôt tristes en musique, mais on adore rigoler dans la vraie vie. »

Vous travaillez toujours avec le label Tsunami Addiction. Pourtant votre premier album Atlas a rencontré pas mal de succès, notamment dans la presse spécialisée. Est-ce-que ce succès vous a ouvert les portes de plus grands labels ? Ou est-ce-que vous avez toujours été dans l’optique de travailler en indépendant ?

« Alors honnêtement non, on a pas du tout eu de contact privilégié avec des plus gros labels ou des majors. On a eu un gros succès critique, ça c’est clair, mais après on a pas eu ces opportunités là. On est très content de travailler avec Tsunami Addiction, il y a un côté très famille, c’est un tout petit label parisien où tous les artistes se connaissent très bien. On est proche dans la vie aussi, et c’est quelque chose d’agréable que tu ne pourras quasiment jamais retrouver avec une major. On sort des disques mais on boit aussi des coups ensemble. »

 Vous êtes en train de préparer un nouvel album, comment ça se passe ?

« On est en pleine composition et on a commencé à booker des dates d’enregistrement. Ça se concrétise et l’enregistrement devrait être bouclé avant la fin de l’année. On compose énormément pour avoir plein de matière et de jolies choses à enregistrer. »

C’est le projet solo d’une personne à trois têtes.

 L’autre album avait été enregistré assez rapidement ?

« Oui c’était assez impulsif comme manière de composer. Ce qui n’était pas désagréable, mais ce qu’on essaye de faire sur cet album là, c’est de pousser la composition plus loin, prendre plus de temps pour composer et ajouter plus de profondeur à notre travail. Quitte à réécrire plusieurs fois les mêmes morceaux en essayant d’optimiser le résultat. Ce qui n’était pas forcément le cas sur le premier album où on était très « one shot ». »

En parlant de composition, vous écrivez exclusivement en anglais ou ça vous arrive tenter des choses en français ?

« Il y a quelques mots français, mais pas des phrases. On y pense des fois, pas forcément pour faire une chanson entière en français mais on se dit pourquoi pas quelques petits trucs. Si ça vient dans le truc on le fait, mais c’est jamais réfléchi, parce que c’est pas forcément quelque chose que l’on recherche particulièrement. Mais quand ça vient dans un texte, c’est marrant d’avoir ce clin d’œil là. Ce n’est pas interdit, mais ce n’est pas forcément quelque chose qu’on recherche spécialement non plus. Mais la culture qui nous réunit tous les 3 c’est quand même la pop anglaise, donc on sera toujours attiré par l’anglais. On trouve ça plus chantant et plus musical. »

Pourquoi ne pas le voir comme un challenge justement ?

« C’est un challenge de l’adapter à la langue française parce que les mêmes textes traduits en français ne marcheront pas du tout de la même manière. Ça n’a pas du tout la même connotation en français. La langue est tellement plus riche que ça sonne vite plus vulgaire. Et il faudrait revoir la manière de chanter aussi, les lignes de chant devraient être revues en fonction de la phonétique française. Tout ce que l’on écoute est en anglais, du coup ça vient plus naturellement en anglais. »

Comment votre musique a évolué depuis le premier album ? Avec le départ de 2 membres du groupe, ça a du pas mal changé votre manière de procéder ?

« Ça a changé les choses c’est clair, mais plutôt dans le bon sens. Ça nous a resserré tous les 3 et on se sent beaucoup plus impliqués. Ça n’a rien à voir avec la personnalité des membres qui ont quitté le groupe, c’est juste qu’un groupe de 5 est beaucoup moins évident à coordonner qu’un groupe de 3. On est tous à fond et on a revu notre manière de travailler. Beaucoup moins de compromis car on tombe plus facilement d’accord, et ça fait qu’il y a aussi moins de frustration. Avant par exemple, chacun se cantonnait à son instrument. Alors que maintenant on utilise bien plus d’instruments que sur le premier album. Si Greg compose une guitare et Axel une batterie, il n’y a aucun souci. On est tous multi-instrumentistes, donc autant en profiter! Pareil au niveau des paroles, chacun ajoute sa touche. On ne se met plus de limites, tout peut devenir tout, du moment que c’est mieux. Même si il faut tout remettre en cause. C’est le projet solo d’une personne à trois têtes. »

C’est vous qui gérez votre image ?

« On en discute beaucoup. Quand on doit faire une photo, on se met d’accord et on essaye de faire ça nous mêmes de manière à avoir le maximum de contrôle. Je pense que c’est homogène ce qu’on diffuse comme image. On veut toujours être tous les 3 d’accords sur tout. Ca se fait tout seul. On fait de la synthèse soustractive, on enlève tout ce qu’on n’aime pas, et ça fait quelque chose que l’on aime bien.

Ça passe toujours par le prisme des trois, il y a un équilibre naturel qui s’est établi. »

Une date pour la sortie de l’album ?

« Non pas encore, on a la chance d’avoir un label conciliant qui veut que l’album soit très bon. Du coup on sortira l’album quand on estimera qu’il est très bon. »

Y-a-t ‘il un membre plus productif que les autres en terme de composition ?

« Ça passe toujours par le prisme des trois. Il y a un équilibre naturel qui s’est établi, où même si l’un d’entre nous propose une composition, ce n’est qu’une fois qu’on l’aura revue ensemble tous les 3 qu’elle sera en mesure d’être développée. Tout le monde propose des idées. On est rarement ensemble, du coup on bosse surtout online, pour utiliser un terme de 1998. On partage des sessions de travail, ce qui fait qu’on peut travailler nos compositions sans avoir à libérer des plages horaires tous les soirs. Tout le monde a accès aux travaux de chacun, sans qu’on soit forcément ensemble. »

La musique ça vous permet de gagner votre vie ?

« Non pas du tout, au contraire… On bosse tous à côté. On perd de l’argent avec la musique pour être plus précis. Du moins on en dépense beaucoup. Maintenant on est à un stade où on ne fait plus de concerts à perte par exemple. On dépense pour notre vie de groupe (studios, matériels) mais ça s’est normal. On rentre dans nos frais, mais on ne gagne pas d’argent avec notre musique. »

Faut-il être plus passionné qu’avant pour faire de la musique ?

« Ça a le mérite de prouver que c’est honnête comme démarche. C’est plus compliqué parce qu’il y a plus de groupes, mais en même temps il y a plus de moyens de créer des morceaux à distance chacun de son côté, et ce genre de chose n’existait pas avant. Du coup c’est plus dur, car il y a plus de monde qui a accès à la musique. C’est agréable car ça facilite le processus de création, mais en même temps c’est plus difficile de sortir du lot. Ça t’oblige à être vraiment très très bon. Il y a aussi plus de plateformes pour partager ta musique, c’est clair. Mais c’est comme laisser une cassette dans la rue : au final, ton audience il faut te la créer et convaincre cette personne de ramasser la cassette pour en écouter le contenu. Il ne faut pas juste créer de la musique, il y a tout un univers qui rentre en compte. Il faut vraiment apporter un message. »

L’album sortira en digital évidemment, mais y aura-t-il une version physique ?

« L’album sera pressé aussi. La discussion est plus sur le fait qu’il y ait un vinyle. On espère, mais on verra bien. »

Le mot de la fin ?

« Attention à la mousse! On vous invite à taper ça sur youtube et tu verras qu’on est pas dépressif. Le point ultime de notre bonhommie… »


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Avec un pied dans le réel et l'autre dans le monde digital, mes intérêts s'étendent à toutes les connexions qui relient l'Homme à son environnement.

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