Boombox #27 : BOREAL WOOD

Pour ce 27ème Boombox, on vous propose de rencontrer Boreal Wood, duo de Toulonnais qui nous raconte ses projets. Une découverte qui vous transportera instantanément sur une plage déserte sous les cocotiers, un sirop à la main et les pieds dans l’eau. Tout ce qu’il vous faut pour affronter ce début de printemps pluvieux, pas très lumineux. Une bonne dose de guitares aériennes au son de deux voix qui sonnent à l’unisson, rencontre avec Elise et Anthony.

Racontez nous un peu votre rencontre et ce que vous faites ?

Elise : « Anthony et moi, on a 27 ans, on est tous les deux de Toulon, dans le sud de la France. On s’est rencontrés au sein de nos milieux musicaux respectifs à force de fréquenter les mêmes endroits. On avait déjà eu des groupes chacun de notre côté et étant passionnés de musique, de photo et de toutes formes d’art, on avait déjà connecté. On avait les mêmes goûts musicaux. Anthony avait un projet tout seul et moi je bidouillais dans mon coin alors on s’est dit pourquoi pas bidouiller ensemble ? et on a créé ce projet Boreal Wood. Dans la composition du groupe, Anthony est beaucoup aux machines, à la guitare et au chant. Moi je fais la guitare, le synthé et aussi le chant. On n’est pas complètement multi instrumentistes puisqu’on fait de la programmation pour la batterie mais sinon on joue un peu de tout. »

Indépendamment, vous faisiez de la musique depuis longtemps ?

« Moi je fais de la musique depuis très longtemps. J’ai une formation classique en conservatoire (piano et violon). Suite à ça, je me suis lancée dans des projets de pop rock en français. Anthony, quant à lui, est plutôt autodidacte. Il est très pointu sur la technique sonore (mixage, mastering, arrangements) et la pratique instrumentale. Il est plutôt pop anglaise dans son style. On avait tous les deux un background de vie de musiciens autonomes et en groupe ce qui fait qu’on connaissait déjà bien les pratiques du métier. »

Vous avez joué au festival PANTIERO le 8 août 2014 à Cannes sur la scène Jeunes talents. C’était comment cette expérience live devant autant de personnes ?

« Sur une scène aussi grosse et avec autant de monde c’était une première ! On avait forcement un petit peu peur. Cependant, l’équipe, l’encadrement et le fait qu’on soit habitués et qu’on connaisse bien ce festival, nous a rassuré et on s’est senti en terrain connu. Du coup, il y avait un petit côté ‘comme à la maison’. »

Est ce que ça vous a ouvert des portes pour la suite ?

« Cela nous a permis d’aller au Printemps de Bourges donc ça c’est génial parce que c’était dans le cadre d’un tremplin pour jouer sur la scène Pression Live du Printemps de Bourges. Bien sûr, ça nous a permis de toucher davantage de gens et d’avoir une audience plus large que ce à quoi on pouvait être habitués. »

Vous vous produisez beaucoup sur Toulon et les environs ?

« On devait faire un concert avec Isaac Delusion mais il a été reporté au mois d’avril. Ensuite, on a pas mal joué sur Avignon, Toulon et Nice. On aimerait beaucoup rejouer sur Paris et sur Lyon pour jouer dans des plus grosses villes que l’on a moins l’habitude de faire. On aimerait bien faire un International ou un truc un peu comme ça. »

Comment vous est venue l’idée de filmer un clip dans un télésiège ? Avez-vous rencontré des difficultés techniques ?

« Un ami de Toulon qui a un microlabel, Toolong Records, nous a beaucoup aidé sur nos EP et notamment sur l’enregistrement de cette vidéo. Il voulait faire des vidéos sympas d’artistes et assumer complètement le côté local et le fait d’être un groupe du Sud. On voulait vraiment défendre la ville en faisant un live dans un des symboles de Toulon. C’est vrai que ce n’est pas forcement évident sachant que Toulon est une ville un peu austère, sombre et qui ne donne pas forcement envie. On a donc fait cette vidéo dans un vieux téléphérique qui date des années 1970 que l’on n’avait pas pris depuis qu’on était petits. La configuration était assez minimale, il a juste fallu s’adapter à l’espace mais on n’a pas rencontré de problème particulier. C’était vraiment une super expérience, on a beaucoup apprécié ce moment. »

Qu’est ce que tu sous-entends quand tu dis que c’est dur pour les groupes du Sud ?

« C’est vrai que globalement pour trouver des dates sur Paris, c’est très compliqué à distance. Les programmateurs sont submergés de mails et de contacts. Rien ne remplace le fait de pouvoir se présenter directement et de donner une démo ou quelque chose de physique. Ca passe énormément par les rencontres et le contact, ça n’est pas la même chose de parler avec des associations locales et de rencontrer directement les gens. Sur Paris, t’es logé à la même enseigne que tous les gens qui envoient des mails donc c’est assez difficile de se démarquer. »

Est-ce que vous envisagez de signer avec un label ?

« Oui, on aimerait bien. Pour le deuxième EP, on va essayer de démarcher des labels pour pouvoir le sortir dans de bonnes conditions. Le 1er EP,  26, est sorti en CD. On l’a entièrement produit avec l’aide du Studio Coccinelle et de Toolong Records qui nous ont aidé pour le pressage des EP. C’est vraiment à toute petite échelle pour l’instant c’est pourquoi on espère pouvoir trouver un label qui puisse nous aider à nous développer. »

Vous apparaissez dans la compilation « Exile on tropicool street« , sentez-vous que la French Riviera est une source de jeunes talents et d’artistes en devenir ? (El Bocho et Apple Top)

« Oui, d’ailleurs c’est une super démarche. El Bolcho et Apple Top qui sont des groupes de Toulon méritent bien plus de visibilité qu’ils n’en ont à l’heure actuelle. Il y a une scène qui se réveille un peu dans le Sud de la France. C’est une scène qui est qualitative et généreuse et c’est vraiment bien que ce genre d’action existe. On était très heureux de faire partie de cette compilation parce que c’est vraiment un super projet et on vous invite évidemment à l’écouter. »

« Bleu comme toi » d’Etienne Daho, d’où vient le choix de cette chanson ?

« En fait, on l’écoutait très souvent et elle revenait systématiquement en soirée ou quand on écoutait de la musique. Certains artistes comme Etienne Daho nous parlent beaucoup. C’est comme « La Ballade de Jim » d’Alain Souchon, ce sont des chansons intemporelles que tout le monde aime bien que tu sois hyper mainstream ou non, elles font toujours l’unanimité. Du coup, on l’a imaginée en version minimale, très épurée pour que ça donne un coté plus intimiste à la chanson et moins poppy. On a juste envoyé un mail et non seulement on a eu l’accord mais en plus il l’a partagé sur son Facebook donc c’était super pour nous. »

Quelles sont vos prochaines dates à Paris ?

« On publie généralement sur notre Facebook notre actualité et nos prochaines dates de concerts. Pour le moment, on est justement en plein booking ces derniers mois donc il faut regarder notre page Facebook régulièrement. »

Quand est prévue la sortie de votre deuxième EP ?

« Il est prévu pour le mois d’avril et ce sera dans la même veine que le premier : un peu moins électro et plus orienté sur la guitare/voix. »

Selon nous, on fait plus de la dream pop c’est à dire de la pop avec beaucoup d’effets et beaucoup de couches avec cette impression de perspective.

Qui compose dans le groupe ?

« Ca dépend vraiment, il y a des morceaux que je compose, des morceaux qu’Anthony compose et des morceaux qu’on compose à deux. »

Quels sont vos thèmes d’inspiration récurrents ?

« Anthony c’est pas mal l’amour, la vie, Dieu et notre place dans l’existence. Moi c’est plutôt la nostalgie quand je regarde en avant, c’est toujours avec l’impression que je regarde déjà en arrière. J’aime beaucoup parler du voyage et de la vie en générale. » 

On définit votre musique comme du shoegaze, vous confirmez ?

« C’est vrai que dans le traitement des guitares, on retrouve ce côté aérien qui donne cette dimension là. Selon nous, on fait plus de la dream pop c’est à dire de la pop avec beaucoup d’effets et beaucoup de couches avec cette impression de perspective. Cela donne vraiment l’impression d’une musique non lisse dont on ne peut pas saisir toutes les fréquences. C’est cependant un mouvement de groupes qu’on aime beaucoup comme The Cure avec des guitares très aériennes. Ce sont finalement des inspirations plus que la définition de notre musique. »

Vous êtes en lice pour les Inrocks Lab, la fin des inscriptions se fait le 23 février, que diriez-vous pour inviter nos lecteurs à écouter et vous soutenir dans la suite du tremplin ?

« ‘Ecoutez-nous‘ c’est très bateau, et puis on pense qu’il y a plein de très bons groupes. On peut juste inviter les gens à écouter ce qu’on fait et s’ils apprécient, à pouvoir faire porter ce projet un peu plus loin et nous aider à le diffuser au maximum. »

Le mot de la fin ?

« On vient de tourner un clip qui sera disponible bientôt et qui a été tourné par un ami réalisateur parisien. Ce sera un très beau travail vidéo donc on invite les gens à rester connectés pour découvrir le clip de la chanson ‘Twenty Six’. »

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Passionnée de musique et adepte inconditionnelle de concerts et de festivals; Dénicheuse de nouveaux sons et de nouveaux talents, j'aime à faire découvrir la richesse de la création musicale contemporaine afin de diffuser et prêcher la bonne parole : Non, la musique n'est pas morte, elle n'a jamais été aussi vivante.

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