Brûle-t-on encore les sorcières ?

Au Moyen-Age, les personnes soupçonnées de sorcellerie étaient pourchassées jugées, et condamnées à périr sur un bûcher. Au fil des ans, le phénomène s’est propagé et a sévi principalement en Europe.

Comment se passaient les chasses aux sorcières ?

La chasse aux sorcières est lancée par le pape Gregoire IV. Les causes ? Une chasse aux sorcières pouvait être déclenchée par un événement inexpliqué : grange qui brûlait, animal qui mourrait, maladie subite et incompréhensible… Les soupçons étaient alors tournés vers les marginaux. Il pouvait s’agir de bergers, de vagabonds, ou encore d’homosexuels. Bref, de personnes vivant en marge de la société. Dans cette vague de folie collective, même les animaux pouvaient être pris pour cible.

La chasse fut lancée à grande échelle par Heinrich Kramer en 1486, après la publication de son Malleus Malificarum (Marteau des sorcières), avant d’être interdit par l’Eglise catholique en 1490. Selon les preceptes du christianisme, la sorcellerie ne peut exister, puisqu’aucun être humain n’a le pouvoir d’influencer les démons. Le Marteau des Sorcières est donc une enquête complète décrivant leurs actes, leurs pratiques et fournir aux chasseurs de sorcières les « outils » pour les reconnaître et les pourchasser.

En France, la chasse aux sorcières a commencé à s’éteindre en 1680. Le Parlement de Paris coupe court aux théories démoniaques et les invalide. Ce qui met un terme à toutes poursuites.

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Et maintenant ?

La chasse aux sorcières existe toujours en Afrique et au Moyen Orient. En effet selon la Sharia, la pratique de la sorcellerie, magie noire ou prédiction de l’avenir est interdite, ces usages étant considérés comme polythéistes.

En ce qui concerne la Papouasie-Nouvelle-Guinée, c’est seulement en 1971 que le gouvernement introduit une loi contre le délit de sorcellerie. C’est ainsi qu’en février 2013, une jeune femme nommée Kepari Leniata, a péri dans les flammes. Elle était accusée de sorcellerie. L’origine de ces accusations : un enfant du village de Mount Hagen est tombé malade subitement, et ne s’est pas sorti vivant de ses douleurs à la poitrine.

Une accusation et une exécution dignes du folklore du XVe siècle. Le jeune femme a tout de même fait l’objet d’une enquête policière. Après avoir avoué sa culpabilité, l’une des membres de la famille de la victime a choisi de se faire justice elle-même, et n’a pas attendu la sentence légale de la jeune femme pour torturer Kepari Leniata avec une barre de fer chaud, avant de la laisser brûler vive sur un tas de pneus. Suite à cet acte de barbarie, la peine de mort a été réinstituée en Papouasie nouvelle Guinée, la même année. Fort heureusement, la chasse aux sorcières, telle qu’elle était pratiquée au Moyen-Age, s’est bel et bien éteinte ; le cas du drame de Mount Hagen restant une exception.

Kepari Leniata - © http://www.omegabaphomet.com/

Kepari Leniata – © http://www.omegabaphomet.com/

Les sorcières d’aujourd’hui

Aujourd’hui, les sorcières existent toujours, bien qu’elles ne soient plus craintes de la même manière que par le passé.

Aux Etats-Unis, plus précisément à Salem, dans le Massachussetts, les sorcières sont bel et bien présentes. Cette ville, marquée par le procès qui a eu lieu en 1692, est toujours associée à la sorcellerie. Laurie Cabot, figure emblématique de sa communauté, a reçu le titre de « Sorcière officielle de Salem » en 1978. En effet, depuis 1977, la sorcellerie serait reconnue comme religion par la Cour Suprême des Etats-Unis.

Le projet de ces sorcières modernes est donc de préserver « la dignité et les droits civiques des six millions de sorcières, païennes et panthéistes du monde entier ». Tout un programme. Quoiqu’il en soit, la ville de Salem reste marquée par son histoire, et, aujourd’hui encore, une ambiance lugubre et axée sur les événements du XVIIe siècle y règne.

De son côté, Charles Henneghien, un écrivain et photographe originaire de la Manche, a lancé la question de la réhabilitation des sorcières. Il souhaite redorer leur image, et la détacher de la représentation que l’on s’en fait. Ce dernier a lancé une pétition dans ce sens. Pétition qui vise à dédouaner les sorcières du XVIIe siècle de tous les maux dont elles étaient accusées. Cela serait, selon lui, une manière de reconnaître les barbaries passées de l’Homme, à l’heure où la politique de l’autruche est de mise dans notre société actuelle, et ce, aux quatre coins du monde.

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Titulaire d'un diplôme européen d'études en journalisme, je suis touche à tout, mais je m'intéresse tout particulièrement aux thématiques culturelles.

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