Chinese Man

Ambassadeurs de l’Esprit Zen, Sly, Zé matéo et High Ku, membres fondateurs de Chinese Man, nous ont embarqué pour un pèlerinage à travers leur univers musical. Depuis leur première pépite ‘The Pandi Groove EP’, le label a enchainé les cocktails savoureux, avec notamment ‘Racing with the sun’, un premier album remarqué. Les trois prophètes se sont ensuite concentrés sur la formation de leurs nouveaux padawans avant d’annoncer la sortie d’un nouvel EP intitulé ‘Once Upon A Time’, dont l’arrivée sur terre est prévue le 24 Février prochain.

Pour avoir une petite idée de votre parcours, comment vous êtes-vous rencontré?

« On était tous les trois potes au lycée. Certains ont aussi été beau-frères pendant une période (High Ku et Zé Mateo). On sortait avec deux sœurs, j’ai envie de donner les noms (rires). Donc oui en gros on était potes, on faisait chacun de la musique séparément, mal, et puis après on s’est mis à faire de la musique ensemble, un petit peu mieux. Et puis avec le temps ça a commencé à sonner de mieux en mieux et aujourd’hui on se retrouve à faire des concerts à Brighton. »

On retrouve pas mal de mélanges inhabituels au sein de votre musique, quelles sont vos principales influences?

« Avant tout on compose de façon vraiment hip-hop, à base de sample. Disons hip-hop de l’âge d’or des années 90. Quand on dit ça, ça fait déjà 20 ans… On va sonner comme des vieux cons. Mais oui c’est ça, principalement du hip hop des années 90 américain. À peu près dans la même période, il y aussi eu ce que l’on appelle la Bay area, San fransisco avec le crew DJ Shadow, et Quannum ou encore le label Ninja Tune en Angleterre. Quelques groupes comme ça qui ont fait l’essence de notre musique. On va aller à Bristol dans deux jours, c’est un peu comme aller à San Fransisco, ça fait parti des grosses influences, c’est comme un retour aux sources pour nous.

Mais on est pas fermé, on a écouté des propositions, ça l’a pas fait mais voila, on est pas anti-major, on est surtout pro-indépendant en fait.

Les années 90, c’est l’âge où on a commencé à écouter de la musique donc forcément on retrouve certaines influences. Quand on a fait le label il y avait un modèle qui était un peu Ninja Tune à la base dans la manière de faire, l’identité visuelle. On aimait bien l’idée de faire passer un label avant un groupe. C’est d’ailleurs pour ça qu’à la base on a décidé de faire un label et pas un groupe. »

C’était la première date de votre tournée en Angleterre ce soir, qu’est-ce-que vous avez pensé du public de Brighton?

« Très agréablement supris. C’était pas notre première en Angleterre, on avait déjà joué deux fois à Londres et fait des festivals, le Boomtown et le Bigchill. C’est vrai que le Boomtown la dernière fois c’était énorme. Autant le Bigchill la première fois on avait une sale heure, on était pas très connu, c’était pas top. Mais là ce soir c’est dans la continuité de ce qu’on a vécu au Boomtown, c’est juste hallucinant de te retrouver devant des gens que t’as jamais vu et qui connaissent vraiment les morceaux. En plus, que ça soit dans les organisateurs, les interviews qu’on fait, et même le public, parfois t’as le sentiment que le travail que tu fais est encore plus mis en valeur à l’étranger. Quand tu joues certains morceaux et que tu vois les gens s’ambiancer comme sur un véritable tube, on est les premiers étonnés et en même temps, les premiers à fond.

On a eu la chance d’intégrer des artistes qui apportent une véritable énergie sur scène.

Il y avait pas mal d’anglais dans la foule aussi, mais c’est vrai que quand on tourne à Londres on sait qu’on va avoir le soutien du public français alors que dans d’autres villes c’est pas forcément le cas. Bref, super show, on est très contents. »

On voit de nombreux artistes français exploser sur la scène international, est-ce-que vous pensez que les DJs français sont devenus une référence?

« Oui c’est vrai, il y a C2C qui sont allés encore beaucoup plus loin que nous en démocratisant le truc à l’échelle globale. »

Vous avez des contacts avec eux?

« Oui, on les croise souvent. »

Un duo Chinese Man – C2C en prévision?

« Non pas nécessairement. En fait, on a pas vraiment les mêmes organisations. Nous on a notre studio à Marseille, on bosse d’une certaine manière et dans le son aussi on est assez différent. Ils font de la musique plus éléctro, leurs dernières playlists sont pas du tout dans le même délire que nous.

Pour ce qui est des DJs français, t’as Birdy Nam Nam qui est parti dans un truc très techno, C2C qui est parti dans un truc qui est difficile à décrire avec un mélange d’électro, hip-hop, pop. Avec quand même une notion de pop assez importante. Et nous au final qui sommes resté très attachés au hip hop. Voir même au côté acoustique de la musique, avec l’utilisation de beaucoup de samples, on fait pas d’électro.

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Mais du coup c’est bien on est complémentaire, que ce soit C2C ou nous, on garde des identités distinctes et ça offre un panel varié au public. Et puis on a la chance d’être dans un milieu ou il n’y a pas de gué-guerres, tous les gens qu’on croise, on a généralement des bons rapports avec eux. Toute cette scene hip-hop hybride, avec des artistes comme Scratch bandits Crew, c’est des gens qu’on croise sur la route.  Mais c’est de moins en moins le cas avec Birdy Nam Nam et C2C. Comme on est tous devenus des têtes d’affiches, on est rarement programmé les mêmes soirs. Il n’y a jamais de festivals qui aient fait C2C, Birdy Nam Nam et Chinese Man dans la même soirée.

Mais après dans l’avenir qui dit qu’on ne fera pas une collab ou un remix. On a plutôt des rapports qui sont saints. On échange avec eux par rapport à la manière d’envisager le truc. Eux sont en major alors que nous on a décidé de rester en indépendant, mais comme c’est pas un truc sectaire, on se renseigne sur ce qu’ils peuvent nous dire des majors, comme eux se renseignent sur ce que peuvent nous apporter nos méthodes de fonctionnement. Et au final c’est que des gens relativement pas cons, donc on a à peu près les mêmes motivations, les mêmes influences, ce qui fait qu’on se retrouve sur plein de trucs. »

Du coup, vous êtes tentés par une signature en major ou c’est quelque chose qui ne vous intéresse pas vraiment?

« Je pense qu’on a eu l’occasion de signer en major mais à partir du moment où on a fait notre premier album en restant en indé, je pense que la question a été évacuée depuis. Les majors ne nous approcheraient même plus maintenant, on leur a tellement mal parler et pas répondu que… Il y a des trucs techniques qu’on est pas capable de faire avec un label et des connections avec des sous signatures et des sous licences, parce que quand t’as un label il y a plein de choses à gérer.  Tu peux pas forcément prétendre défendre les droits de tous les artistes que t’as dans ton catalogue si t’es pas techniquement et administrativement en place dans tous les pays. Du coup, on a forcément des limites mais disons que c’est pas ça qui va nous pousser à être aspiré par une major. Mais on est pas fermé, on a écouté des propositions, ça l’a pas fait mais voila, on est pas anti-major, on est surtout pro-indépendant en fait. »

En même temps, ca vous laisse une certaine liberté…

« Liberté totale. Nous on sait pourquoi on est indépendant au quotidien. Aujourd’hui on a à peu près 30 personnes autour de nous qui vivent de ce projet là, qui sont heureuses, meme si c’est pas tous les jours simples. Pour notre prochain projet en Avril, on sera tous sur la route. C’est un peu le cirque qui se déplace, on pensait même investir dans un chapiteau (rires). »

On a retrouvé un peu de dubstep ce soir, est-ce-que vous adaptez votre en show en fonction du pays dans lequel vous jouez?

« On fait des adaptations mais pas musicales, la playlist est différente mais le style de musique est le même en France et à l’étranger. Par contre on adapte la playlist pour faire un truc plus énergique et puis pour des raisons techniques, logistiques. Parfois, on a pas les musiciens qu’on a avec nous en France, où l’on a une section cuivre et un percu maintenant, donc on vient avec une équipe plus réduite. Mais en tout cas, non, on ne fait pas de changements musicaux pour s’adapter au pays. Parfois on fait des clins d’œil mais là ce soir il y a peut-être 3 minutes qui ont été rajoutées pour l’Angleterre, donc ça reste minime par rapport au reste du concert.

De toute façon, nous on sait que les gens viennent nous voir pour écouter ce qu’on sait faire donc on va pas s’amuser à faire du dubstep de bourrin pendant des heures. Après si on le fait à la fin c’est parce qu’on a un remix et qu’on a envie de le lâcher. Ça fait un moment qu’on a compris qu’il valait mieux faire des petites adaptations en fonction du temps qu’on a et des gens qui sont disponibles, parce qu’on a pas toujours les mêmes MCs (, mais par contre on joue le truc qu’on doit jouer. C’est la pire erreur que de trop vouloir s’adapter, ça ne marche pas. Nous on se permet des petits clins d’œil, mais à la base on a la chance que les gens viennent pour entendre notre musique du coup on reste fidèle à ça. On a un set qu’on tourne depuis 2 ans, il a évolué au fur et à mesure des scènes qu’on a fait mais il a vraiment été conçu pour donner un maximum de notre musique en 1h30, et ça passe quasiment partout. D’autant plus avec les MCs, parce qu’avec Taiwan et Youthstar, c’est une vraie plus-value pour l’interaction avec le public. On a eu la chance d’intégrer des artistes qui apportent une véritable énergie sur scène. »


Pour plus d’information sur Chinese Man Records, cliquez ici:
www.chinesemanrecords.com

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Avec un pied dans le réel et l'autre dans le monde digital, mes intérêts s'étendent à toutes les connexions qui relient l'Homme à son environnement.

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