Clowns sans frontières: faites l’humour pas la guerre

1993, alors que les combats font rage en Croatie, un clown espagnol du nom de Tortell Poltrona décide de mettre son talent au service des plus démunis. Il entreprend ainsi d’organiser une représentation de son spectacle en plein cœur d’une guerre d’indépendance sanglante et meurtrière. L’initiative génère un tel succès – près de 700 enfants présents pour la représentation – que Tortell décide alors de ne pas en rester là. Dans la foulée, il établit « Payasos sin Fronteras »  et organise de nombreux spectacles dans des camps de réfugiés, villes assiégées et autres bidonvilles autour du monde.

Faire appel à des clowns pour que les protagonistes arrêtent leur cirque, le concept plaît. Il ne faudra pas plus d’un an avant que le phénomène rallie la France. Après sa rencontre avec le clown espagnol, Antonin Maurel, convaincu de la portée sociale d’une telle initiative, décide de mettre en place un équivalent français de l’association ibérique. Ainsi, « clowns sans frontières » ne tarde pas à faire ses preuves comme stimulateur de sourires dans le monde. En l’espace de 20 ans, l’association organise plus de 1700 spectacles, bénéficiant à près de 720 000 personnes en quête d’enthousiasme.

Et même si on ne peut pas forcément rire de tout, il n’y a aucun débat sur le fait que l’on puisse rire partout.

Acrobates, clowns, comédiens, danseurs et musiciens se prêtent au jeu pour promouvoir un message de paix et de soutien aux victimes du monde entier. Tous engagés volontairement dans ce projet, ils rappellent au passage que donner du plaisir à un enfant n’a pas de prix et que chacun peut aider à sa façon car le rire est un langage universel qui permet de briser toutes barrières culturelles. Et même si on ne peut pas forcément rire de tout, il n’y a aucun débat sur le fait que l’on puisse rire partout. Les zones de conflits ne sont pas une exception et il faut au contraire se focaliser sur les personnes qui ont le plus besoin d’un bon fou rire. Faites l’humour pas la guerre, c’est pourtant simple.

Les plus sceptiques diront sûrement que le rire n’est pas le besoin primordial des populations touchées par de tels dangers. Mais les clowns sans frontières ne sont pas dupes, ils n’agissent que lorsqu’on leur demande de le faire. Une fois que les besoins primaires tels que l’eau ou la nourriture sont assurés par les organisations spécialisées, eux se chargent de rétablir le moral des civilisations locales. Leur principal public, les enfants, ont l’occasion d’oublier les horreurs d’un quotidien dont ils sont les victimes malgré eux. Ainsi, le temps d’un instant, les nez rouges remplacent les douilles et les rires aux éclats couvrent le bruit des coups de feu.

Pour en savoir plus sur les projets des clowns sans frontières, Impact vous invite à visiter: http://www.clowns-sans-frontieres-france.org/

(Crédits Photos: Thomas Louapre/Babel Photo, Oliver Ouadah, Pierrot Men et Vincent Muteau)

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Avec un pied dans le réel et l'autre dans le monde digital, mes intérêts s'étendent à toutes les connexions qui relient l'Homme à son environnement.

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