Coupe du Monde au Brésil : jackpot pour tous ?

Au Brésil, la Coupe du Monde bat son plein depuis le 12 juin. La compétition, qui durera jusqu’au 13 juillet, est un événement majeur pour la FIFA et les supporters du monde entier. Mais au delà de l’aspect sportif et de la compétition, la Coupe du Monde est aussi un événement international qui profite à de nombreuses industries.
Alors que la phase de groupe va bientôt s’achever, et que le Mondial s’apprête à s’intensifier dès le 28 juin avec les huitièmes de finale, c’est l’occasion d’effectuer un tour d’horizon des coûts et recettes liés à l’événement. Droits de diffusion, paris sportifs, bière, tourisme… Qui sont les vrais gagnants de la Coupe du Monde ?

 

Brésil : la Coupe est pleine ?

Le coût du Mondial 2014 organisé au Brésil frôle les 8 milliards d’euros, soit plus du double du Mondial 2010 en Afrique du Sud (3,5 milliards d’euros). Cette somme extravagante comprend la rénovation de cinq stades existants, et la construction de pas moins de sept nouveaux stades. Ajoutez des coûts d’infrastructures et le renforcement de la sécurité, et vous obtenez la Coupe du Monde la plus chère de l’histoire.

Un coût énorme pour le Brésil, qui attend beaucoup de ce Mondial en termes de retombées à court et à long terme. Selon un rapport publié par l’institut brésilien de recherche économique FIPE commissionné par l’industrie touristique du Brésil, la compétition devrait rapporter 30 milliards de Reals (près de 10 milliards d’euros) à l’économie brésilienne. Une prévision plutôt optimiste si l’on en croît l’analyse de la célèbre agence de notation Moodys : « [Il y a] un certain espoir que le fait d’organiser la Coupe du monde aide le Brésil à enrayer son ralentissement, mais l’activité économique qui y est liée représente peu par rapport à l’économie du pays de 2,2 milliards de dollars, les niveaux habituels de dépenses d’investissement et les revenus annuels de la plupart des entreprises« , a estimé Barbara Mattos, vice-présidente et analyste.

L’optimisme du Brésil se heurte ainsi aux prévisions plutôt molles des organismes internationaux. On comprend facilement que le gouvernement et les industries locales tentent de rassurer les Brésiliens, qui n’ont pas hésité à manifester leur mécontentement avant la tenue du Mondial, reprochant notamment au gouvernement une mauvaise utilisation de l’argent public. Dans les rues, les street artists expriment sans ambigüité la colère sociale des Brésiliens.

 

Street Art par Paulo Ito à Sao Paulo, photo Nelson Almeida/AFP

Street Art par Paulo Ito à Sao Paulo, photo Nelson Almeida/AFP

Ce qui choque au Brésil, c’est l’écart vertigineux de niveau de vie entre les habitants les plus pauvres et les riches touristes. Pendant la Coupe du Monde, les 32 millions de Brésiliens les plus pauvres vont dépenser environ 950 millions d’euros, alors que les 3,7 millions de touristes (dont 3,1 millions de Brésiliens) vont dépenser 8 milliards d’euros…

Les billets de la Coupe du Monde sont une parfaite illustration de ce fossé : à 727€, le billet le plus cher mis en vente pour la finale du Mondial excède le salaire mensuel moyen d’un Brésilien (715€, selon les données de la Banque Mondiale).

Cependant, l’événement pourrait créer plus de 600 000 emplois pour les Brésiliens ; mais des emplois majoritairement temporaires. Sur place, c’est l’industrie du tourisme, et en particulier l’hôtellerie, qui profite du Mondial. Les prix moyens d’une chambre d’hôtel varient du simple au double en fonction de la ville et de la progression de la compétition, allant de 190 à 380€ la nuit.

Les médaillés d’or du profit

La Coupe du Monde, ce n’est pas que les matches. C’est aussi les paris, la bière, les chips, les fameux autocollants Paninis, les droits de diffusion et, partout, tout le temps, la publicité.

Pour tout ceux qui ne font pas le déplacement, la Coupe du Monde se passe à la télévision. Les chaines, tout comme les marques, le savent bien. En France, TF1 a dépensé 130 millions d’euros pour diffuser l’intégralité des 64 matchs de la compétition. Cependant, la chaine ne désirant diffuser que les 28 meilleures affiches a rétrocédé les droits de l’intégralité des matches, dont 36 en exclusivité, à la chaine payante beIN Sports pour la coquette somme de 50 millions d’euros. TF1 espère entre 43 et 55 millions d’euros de retombées publicitaires en fonction des résultats de l’équipe de France. Pour les matches de groupe de l’équipe de France diffusés en prime time (21h), un spot de 30 secondes à la mi-temps coûte 185 000 euros. Pour les autres équipes, les tarifs diffèrent en fonction des enjeux et des horaires : de 22 000 euros pour Angleterre – Italie (diffusé à minuit) à 100 000 euros pour Brésil – Mexique, un match très attendu et programmé en prime time. Si les Bleus arrivent jusqu’en finale, les 30 secondes de publicité avant le coup d’envoi coûteront plus de 350 000 euros ; et « seulement » 186 000 euros en l’absence de l’équipe de France.

Au Royaume-Uni, le pays du pari, les bookmakers devraient générer plus d’un milliard de livres sterling (1,25 milliard d’euros) pendant la durée de la compétition, faisant de ce Mondial l’événement le plus important en termes de paris dans l’histoire du Royaume Uni (et ce n’est pas rien !).

Photo Andrej Isakovic / AFP

Photo Andrej Isakovic / AFP

Les autocollants de football Paninis, toujours aussi populaires, devraient générer un important chiffre d’affaires. Lors de la dernière coupe du monde, plus de 220 millions d’enveloppes d’autocollants ont été vendues au Brésil. Selon Reuters, les ventes devraient augmenter de 50% cette année, atteignant donc 330 millions d’enveloppes. À un Real (0,33 centimes) par enveloppe, les stickers Paninis devraient rapporter plus de 108 millions d’euros, et cela rien qu’au Brésil.

Enfin, lors de la première semaine du Mondial 2010, les ventes de chips, de chocolat et de bière ont augmenté respectivement de 10%, 37% et 51% par rapport à la même semaine en 2009. Les géants de l’alimentaire peuvent donc se frotter les mains dans l’attente de ventes record durant cette Coupe du Monde.

Si les recettes associées au Mondial semblent plus profiter aux grandes marques qu’au pays accueillant l’événement, espérons que le Brésil saura tirer son épingle du jeu lors d’un autre événement sportif majeur qu’il hébergera en 2016, les Jeux Olympiques.

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