Created in China

Le prix d’un repas moyen à New York est d’environ 20 dollars. Et à la fois, dans un restaurant à Pékin, le prix peut être de 25 yuans, c’est-à-dire d’environ 4 dollars. Le même revenu (exprimé en dollars) nous permettrait acheter bien davantage si on était en vacances à Pékin qu’à New York.

Il faut être prudent. Car pour comparer les niveaux de vie et mesurer les PIB chinois et américain, afin d’obtenir une image plus exacte de la vie qu’on pourrait avoir en Chine, le FMI utilise ce qu’on appelle les parités de pouvoir d’achat (PPA). Ce taux n’utilise pas les taux de change officiels pour convertir les monnaies entre elles, mais il tient compte du coût de la vie dans chaque pays. Il consiste donc à mesurer le pouvoir d’achat des monnaies par rapport à un «panier» de produits, parce qu’un dollar n’a pas forcément la même valeur d’usage en Chine qu’aux États-Unis ou en Europe.

Enfin, le même montant en yuans semble accorder cette célèbre offre du 2×1: deux hamburgers à Pékin contre un seul à New York. La Chine est ainsi –attention: toujours en termes de PPA– devenue officiellement la première puissance économique mondiale devant les États-Unis.

Tout de même, la réalité reste à nuancer.

Un ralentissement… comme prévu ?

Un aspect frappant de cette course entre puissances, en gros Orient/Occident, a été l’accroissement de la Chine pendant plus de trois décennies. À l’heure actuelle, par contre, les pays émergents ainsi que l’Empire du Milieu ont subi un ralentissement surprise. Une décélération qui parfois a été perçue comme preuve que l’Occident n’avait pas dit son dernier mot. Cependant, ce n’est pas le cas car c’est la Chine qui continue à faire la une des journaux depuis longtemps.

Le géant asiatique est en train de «changer son modèle et il est prêt à jouer un autre rôle», selon Jin-Yong Cai, directeur général de la Société Financière Internationale (IFC).

Si la Chine a rencontré des limites à la croissance, ce sont plutôt celles de notre modèle. Une modèle qui ne fonctionne même pas chez nous : l’Occident est dans un période de stagnation de longue durée.

Li Keqiang, premier ministre chinois. World Economic Forum – © Flickr

Li Keqiang, premier ministre chinois. World Economic Forum – © Flickr

Selon des données diffusées fin janvier par le Bureau national des statistiques chinoises, le PIB chinois a augmenté de 7,4% en 2014. C’est le chiffre le plus bas des 24 derniers années et la première fois en 16 ans que le pays n’a pas atteint l’objectif de 7,5% fixé par le gouvernement. Depuis les années 90, la seconde économie mondiale n’accroissait pas à un rythme aussi lent. Les chiffres, par conséquent, confirment le ralentissement de l’économie chinoise et la perte du pouvoir d’un modèle fondé sur les exportations et le faible coût de la main d’oeuvre. La croissance primait sur tout le reste.

Le premier ministre chinois, Li Keqiang, a assuré lors du dernier Forum économique de Davos qu’un index mineur de croissance serait « la nouvelle norme » de l’économie chinoise. Une croissance en dessous de 7% dans les années à venir, à mesure qu’il transforme l’ancien modèle de développement en un autre, qui gratifie la consommation interne et la durabilité.

Transition économique du géant asiatique

Pourquoi le gouvernement chinois accepte-t-il que le taux de croissance soit au plus bas? La réponse reste dans le désir de promouvoir une croissance plutôt qualitative que quantitative.

Pin drapeau américain "made in china". Michael Mandiberg – © Flickr

Pin drapeau américain « made in china ». Michael Mandiberg – © Flickr

La croissance économique de l’Empire du Milieu a eu tendance auparavant à attirer l’investissement étranger, ce qui a fait de lui la plus grande usine du monde. À cet effet, il y a eu un accroissement des exportations qui a apporté l’accumulation du capital nécessaire pour investir à l’étranger, obtenir les ressources essentielles et maintenir une forte croissance.

Mis à part le fait que le casse-tête de son PIB par habitant reste à régler, actuellement, il y a de nouvelles règles. Une chute des importations qui fait bondir l’excédent commercial et une consommation qui surpasse les exportations comme le facteur fondamental de son modèle économique. Ce point de départ avait été une phase initiale destinée non seulement à l’apport d’argent, mais aussi au transfert de technologie et du savoir faire.

Maintenant, c’est cela qui lui permet la transition de cette production intensive en manufactures emboîtée dans le «Made in China» vers une économie forte en innovation, plus proche de l’ambitionné «Created in China». Une économie qui devient un des grands défis de 2015 pour la communauté internationale.

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Diplômée en journalisme et captivée par tout ce qui se passe à échelle internationale. Je suis d'ici et là. De tous côtés, mais de nulle part.

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