Drone de combat : Progrès ou menace?

Véritables prouesses technologiques, les drones de oombat ne sont autres que des robots volants censés incarner une guerre ‘propre’ voire ‘chirurgicale’. Néanmoins, il semblerait que l’usage de ces avions sans pilote apporte plus de problèmes éthiques et juridiques que de solutions concrètes.

Entre 2005 et 2011, le nombre de patrouilles de drones de combat a augmenté de 1200% […].

Plus de cinquante pays construisent, achètent ou utilisent des drones de combat mais ceux-ci sont avant tout l’emblème de l’administration Obama qui compte plus de 6000 appareils de ce type à son service. Entre 2005 et 2011, le nombre de patrouilles de drones de combat s’est accru de 1200%.  Les zones d’interventions – pour la plupart sous couvert d’opérations secrètes – se sont étendues au Yemen, en Afghanistan, en Somalie ou encore au Pakistan. Depuis 2001, les Etats-Unis ont entrepris une guerre globale contre la terreur qui semble justifier le non-respect de la souveraineté territoriale et la prolifération de la violence. Le monde est alors appréhendé comme un terrain de chasse où l’élimination ciblée des terroristes islamistes n’a plus d’obstacle.

En 2010 le quotidien pakistanais Dawn estimait que 90% des personnes tuées par les frappes ciblées étaient civiles.

Bien que certaines de ces opérations aient étées couronnées de succès comme l’éradication des chefs d’al-Quaïda (Abu Saleh al-Somali et Abdallah Said al-Lib), d’autres sont bien moins glorieuses. En effet, en 2010 le quotidien pakistanais Dawn estimait que 90% des personnes tuées par les frappes ciblées étaient civiles. De plus, un article du Washington Post a révélé que la hausse des raids de drones n’avait pas entrainé une augmentation des éliminations stratégiques de cibles dites de ‘haute-valeur’. Bien loin des promesses d’une guerre nouvelle et ‘propre’, des études ont montré que les drones semblent générer une hostilité croissante au sein de l’opinion publique – particulièrement au Pakistan – ainsi qu’un sentiment anti-américain désormais partagé par une majeure partie de la population Pakistanaise. Enfin, en 2010 le journaliste américain, Bob Woodward, a révélé que des drones américains auraient tué des soldats US au Pakistan, une bavure sur laquelle la CIA est restée très discrète.

PP!

Enfermés en plein cœur du désert d’Arizona, les pilotes de ces drones passent 10 à 12 heures par jour devant des écrans destinés à espionner puis éliminer des cibles à l’aide d’un joystick. Bien que cela ressemble plus à un jeu vidéo qu’à une scène de guerre traditionnelle, les conséquences psychologiques pour les soldats sont identiques. Contrairement à ceux qui estiment que cette virtualisation de la guerre pourrait désensibiliser les pilotes à l’acte de tuer, la réalité est toute autre. Selon les services de Santé de l’US Air Force, plus de 4% des pilotes sont exposés au risque de développer des troubles de stress post-traumatique contre 12% dans le cas de vétérans d’Irak. Cependant, la recherche sur les causes et l’émancipation des troubles de stress post-traumatique n’est encore qu’à ses débuts, ce qui rend ces chiffres bien en-deçà de la réalité.

D’un point de vue purement stratégique et militaire, l’efficacité du drone semblerait optimale puisqu’il incarne l’œil du tout puissant qui voit tout, peut agir partout et à n’importe quel instant. Au Pakistan comme aux Etats-Unis, la réalité des faits est bien plus accablante et les conséquences de ces raids meurtriers dépassent le non-respect de la juridiction internationale pour atteindre des questions d’éthique. Sous la pression des ONG tel que Human Rights Watch (cf rapport : ‘Losing Humanity’) une convention sur les armes aura lieu au mois de mai prochain afin d’évaluer le rôle du drone de combat et envisager une meilleure protection des civils en temps de guerre.

  • share on facebook
  • share on twitter
  • share on google+

Cofondateur

    1 Commentaire

    • Répondre février 11, 2014

      Franck Latxague

      Article bien écrit qui se focalise sur les drones de combat. Je préfère le préciser car l’amalgamme avec les autres types de drones peut être rapidement fait. Ces appareils sans pilote peuvent sauver des vies, peuvent retransmettre des évènements (Coupe du Monde, JO de Sochi…), peuvent surveiller les plages, etc… C’est un formidable outil en passe de se démocratiser, mais comme tout outil, certains l’utiliseront à des fins mal intentionnées. Lire d’autres histoires de drones : http://www.humanoides.fr/category/drones/

    Votre avis

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.