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Facebook signe-t-il la mort des jeunes entreprises?

Facebook signe-t-il la mort des jeunes entreprises?

Avec Twitter, Pinterest, Instagram, LinkedIn, Snapchat, Tinder, Facebook et bien d’autres encore, les réseaux sociaux n’ont jamais été aussi florissants ni omniprésents. Face à des communautés de plus en plus soudées, des réseaux plus spécialisés et des applications plus performantes, le réseau créé par Mark Zuckerberg cherche continuellement à préserver son statut quasi-institutionnel. Afin de ne pas perdre son leadership dans une course où la concurrence tente de prendre de la distance, Facebook grossit, s’adapte et innove, notamment avec la mise en place de l’algorithme EdgeRank. Introduit en Août 2013, cet algorithme s’avère être une réelle menace pour la croissance des jeunes entreprises.

En 2011, 43% des petites entreprises génèrent plus de trafic sur leur page Facebook que sur leur site.

Facebook avant EdgeRank

En 2011, le site Pagemodo a sondé les propriétaires de petites entreprises pour savoir comment ils utilisent leurs pages Facebook (voir infographie ci-dessous). Cette étude a mis en valeur une donnée en particulier : 43% des petites entreprises génèrent plus de trafic sur leur page Facebook que sur leur site. Pour les organisations émergentes, Facebook était alors un outil incontournable dont le développement de leur business dépendait. Comme l’illustre l’infographie ci-dessous, Facebook pouvait propulser la croissance de certaines entreprises à travers des articles, des évènements, des jeux-concours… Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec EdgeRank.

EdgeRank: qu’est ce ça change?

Désormais, les chances que les post publiés par les entreprises ou les professionnels soient distribués à leurs fans dépendent d’EdgeRank. Défini par Facebook comme « un algorithme qui gouverne ce qui est affiché et à quelle hauteur », ce nouvel outil utilise trois facteurs. À travers un calcul qui évalue l’âge du post, son importance et sa proximité avec l’utilisateur, Facebook détermine si l’utilisateur le verra ou non.

En moyenne, quelque soit le nombre de fans, un post est distribué à seulement 1% des fans de la page. 

Bien qu’il ait été introduit pour permettre de délivrer des informations plus adaptées aux intérêts de chacun, EdgeRank provoque de nombreux effets collatéraux.

Tout d’abord, cela signifie que Facebook cherche à obtenir toujours plus d’informations personnelles sur vos intérêts, ce que vous lisez, ce que vous aimez, ce que vous achetez. Cela pousse d’autant plus les utilisateurs à préciser et renseigner leurs centres d’intérêts. Le fil d’actualité des utilisateurs n’est donc plus le reflet de leur communauté mais le savant calcul des simples ‘clics’ qu’ils ont pu faire depuis l’ouverture de leur compte.

Aussi, en limitant considérablement la « portée » des pages, c’est à dire le nombre total de personnes qui voient l’un des posts, Facebook restreint la visibilité de nombreuses organisations professionnelles mais aussi humanitaires ou culturelles. Sachant que la notoriété des ces organisations diverses dépend largement de leur visibilité, la mise en place de ce nouvel algorithme fragilise leur développement.

Depuis la mise en place de l’algorithme, la portée moyenne de chaque post s’est écroulée. Pour tous les utilisateurs professionnels et non professionnels dont les pages Facebook sont le principal outil pour générer du trafic, c’est une véritable catastrophe. En moyenne, quelque soit le nombre de fans, un post est distribué à seulement 1% des fans de la page.

Cette nouvelle stratégie permet à Facebook de forcer ces utilisateurs et surtout les pages de professionnels à payer pour la promotion de leurs posts. Cela permettrait, entre autres, de résoudre le manque de revenus généré par le réseau social dont se lamentent ses actionnaires.

Les solutions

Comme 25% des 13-17 ans et 7.5% des 18-24 ans aux USA, les utilisateurs peuvent choisir d’abandonner ce réseau social et se tourner vers Twitter ou d’autres (Source: Journal du Net).
Il est aussi possible de maintenir sa présence sur Facebook sans forcément investir dans la promotion mais en prenant le risque de disparaître doucement mais sûrement.
Enfin, comme les entreprises les plus puissantes, les jeunes organisations peuvent choisir d’allouer une partie de leur budget marketing à la promotion de leurs posts, à condition d’avoir les ressources financières suffisantes.

Au lendemain de son dixième anniversaire, le géant Facebook semble s’éloigner de son concept initial d’une communauté numérique libre et gratuite. Auparavant facilités, les rencontres, la connaissance et les projets sont délaissés au profit d’une machine financière où les plus puissants pourront s’installer durablement.


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A propos de l'auteur

Arnaud Liege

Cofondateur

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