#Free Ghoncheh Ghavami

101. Celà fait aujourd’hui 101 jours que Ghoncheh Ghavami est derrière les barreaux de la tristement célèbre prison d’Evin, en Iran. Accusée de propagande contre le régime, elle est retenue en détention pour une durée indéterminée. La jeune femme est entrée il y a une semaine en grève de la faim pour dénoncer le système dont elle est victime. Son crime ? Avoir voulu assister à un match de volley.

20 juin 2014 – Teheran. L’Iran défie l’Italie lors des championnats du monde de volley. Aux portes du stade, une poignée de protestants militent pour garantir aux femmes un égal droit de voir les matchs. Depuis 2012, les femmes iraniennes se sont en effet vues retirer le droit d’accéder au stade pour les matchs de volley. Bien sûr, la mesure a été prise dans leur intérêt expliquent les autorités : il s’agit de protéger les Iraniennes des éventuels débordements masculins pouvant avoir lieu lors d’évènements sportifs. L’argument est dur à avaler pour certains. C’est le cas de Ghoncheh.

« Tu ne sortiras pas vivante de cette prison », lui ont déclaré les gardes selon Amnesty International.

La jeune britannico-iranienne qui étudie le droit à Londres faisait partie du petit groupe de militants le 20 juin dernier. Quand la police a débarqué pour mater la révolte, elle n’a pas fait dans la dentelle. Battus et traînés de force au poste, les activistes ont pourtant été relâchés après quelques heures d’interrogatoire et la promesse écrite de ne plus prendre part à ce genre de manifestation. Pour autant, Ghoncheh n’a pas eu de chance : en allant récupérer le téléphone qu’elle avait oublié au commissariat une dizaine de jours plus tard, elle a été arrêtée. Mise à l’isolement dans la prison d’Evin dans la section 209 (qui concentre les prisonniers politiques dans des cellules d’un peu plus d’un mètre carré éclairées jour et nuit), elle n’a pu voir ni sa famille ni son avocat durant 41 jours. « Tu ne sortiras pas vivante de cette prison », lui ont déclaré les gardes selon Amnesty International.

Si peu d’informations filtrent concernant sa détention, les médias ont en tout cas été informés que la jeune femme était entrée en grève de la faim le 1er octobre. Son frère Iman se bat pour Ghoncheh de l’autre côté des barreaux. Dans une pétition adressée aux gouvernements britannique et iranien, le jeune homme implore les chefs d’Etat de libérer sa soeur. Sa demande rassemble désormais plus d’un demi-million de signatures, et Iman l’a récemment portée à l’ONU. Sur Twitter, le hashtag #FreeGhonchehGhavami fleurit.

101 jours de détention, 7 jours de grève de la faim et 532 669 signatures plus tard, Ghoncheh est pourtant toujours en prison. En Iran, l’oppression a de beaux jours devant elle.

New York, le 24 septembre - Le portrait de Ghoncheh est brandi devant le Président Hassan Rohani lors d'une conférence.

New York, le 24 septembre – Le portrait de Ghoncheh est brandi devant le Président Hassan Rohani lors d’une conférence.


La pétition d’Iman Ghavami : https://www.change.org/p/david-cameron-hassanrouhani-bring-my-sister-home-freeghonchehghavami

La pétition d’Amnesty International : https://www.amnesty.org.uk/actions/iran-free-ghoncheh-jailed-wanting-watch-volleyball#.VCnLncIklz8.twitter

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Citoyenne du monde en devenir, mordue de beaux mots et de sujets qui fâchent.

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