Free-to-play, les logiques d’une gratuité

Apparus au début de cette décennie 2010, les free-to-play ont vite trouvé leur place sur la toile. Derrière leur grande accessibilité et une gratuité proclamée, ces jeux sont le résultat d’une logique économique bien définie et à l’origine de revenus d’un niveau insoupçonné.

Qu’est-ce que les free-to-play ? Ce sont des jeux disponibles sur le web, souvent sans téléchargement, gratuits mais soumis à une inscription en ligne.

Une nouvelle donne

Il y a quelques années, les jeux vidéos constituaient un marché de niche. La sortie d’un soft s’adressait à un public limité jouant sur un support et un genre de jeux (sport, combat, aventure) bien définis. Les prix élevés venaient compenser un coût de développement important mais contribuait aussi à distinguer le titre sur le marché. Ce schéma persiste lorsqu’il s’agit des consoles de salon. En ce qui concerne les jeux sur PC, l’industrie doit désormais composer avec les free-to-play.

Un powerpoint sur Candy Crush. Oui, tout découlait d'un plan diabolique... Photo : © Official GDC - Flickr

Un powerpoint sur Candy Crush. Oui, tout découlait d’un plan diabolique… Photo : © Official GDC – Flickr

Qu’est-ce que les free-to-play ? Ce sont des jeux disponibles sur le web, souvent sans téléchargement, gratuits mais soumis à une inscription en ligne. Il en existe aujourd’hui bien des types. Tous répondent néanmoins à des caractéristiques identiques. En effet, les free-to-play sont facile à prendre en main, jouable au clic et au clavier. Ils se comprennent vite, absence de complexité dans les scenarii et les objectifs à poursuivre oblige. Les free-to-play sont sobrement élaborés au niveau des graphismes. Ils ont du style sans pour autant posséder une profondeur ou des couleurs impressionnantes. La logique ? Le coût de développement d’un free-to-play n’est pas élevé. Tout est misé sur l’idée de base et la communication digitale qui va en faire la promotion.

Si en moyenne pas plus d’un joueur sur cinq choisit de mettre la main à la poche, cette minorité rapporte gros.

De fait, les free-to-play renversent la stratégie commerciale des jeux vidéos en visant le public le plus large possible. Ainsi, les sociétés spécialistes du genre, comme Gameforge ou Ankama Games, développent en parallèle plusieurs jeux touchant à différents styles : FPS, stratégie, RPG…

D’autre part, si les jeux ne sont pas trop bien faits, c’est pour qu’ils puissent tourner sur des plate-formes comme les téléphones portables, les tablettes ou via les réseaux sociaux.

© jeferonix - Flickr

© jeferonix – Flickr

Une gratuité qui rapporte

En étendant le panel, les créateurs des free-to-play souhaitent toucher la part d’utilisateurs qui rentabilisera le jeu. Car le terme de gratuité est une technique de langage commercial. Si rien n’oblige à payer pour jouer, on joue néanmoins mieux en payant. Il est alors possible d’aller plus vite, plus loin, plus facilement dans le jeu et ses possibilités. Le tout reste scénarisé. Il s’agira par exemple d’acheter des pierres magiques ou des armes plus performantes. Et alors que d’autres mettront parfois plusieurs heures à aboutir à un résultat probant pour l’une de leurs initiatives, celui qui paye n’aura mis que quelques secondes. Rusées, les concepteurs de free-to-play s’inspirent de la démarche du vendeur de churros qui, avant de lancer sa première fournée, prendra soin de distribuer gracieusement quelques morceaux croustillants aux enfants attirés par l’odeur savoureuse.

Gestion novatrice d’un marché porteur au bénéfice du consommateur ? Importation ludique du concept de darwinisme social dans l’univers du jeu en ligne ? Opium technicisé du peuple ?

Si en moyenne pas plus d’un joueur sur cinq choisit de mettre la main à la poche, cette minorité rapporte gros. La logique se révèle en effet particulièrement rémunératrice. Les jeux les plus populaires peuvent avoisiner le milliard de dollars de revenus à l’année. Des gros titres du jeu vidéo classique ne s’y trompent d’ailleurs pas. Blizzard ou encore LucasArts se mettent à développer des softs selon le principe de free-to-play.

© IvanWalsh.com - Flickr

© IvanWalsh.com – Flickr

Forts de ces performances, les free-to-play vont plus loin. Un jeu a récemment proposé la réciprocité dans la conversion entre monnaies véritable et virtuelle. Cela permet de gagner de l’argent en fonction de sa performance… et de sa souscription à la version payante.

Gestion novatrice d’un marché porteur au bénéfice du consommateur ? Importation ludique du concept de darwinisme social dans l’univers du jeu en ligne ? Opium technicisé du peuple ? Les free-to-play sont peut-être tout cela à la fois. Ce qui est toutefois sûr, c‘est qu’en terme de jeu vidéo, ils n’apportent guère de nouveautés, ne faisant que réadapter des genres auparavant déjà conçus.

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Simple rédacteur web indépendant, s'intéresse à peu près à tout, du moment qu'on peut écrire dessus.

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