Hongrie : Le dimanche, les magasins seront fermés

Alors qu’en France le débat fait rage, le parlement hongrois vient de voter, mardi 16 décembre, une nouvelle loi aux effets drastiques pour ce qui touche à  l’ouverture des magasins le dimanche. Sans déclencher de réel intérêt national autour de cette question, à l’image d’organisations syndicales étrangement muettes, c’est surtout le tempo expéditif de la décision qui interroge. Selon certains médias du pays, le président Viktor Orbán aurait insisté en personne pour que ces changements soient définitivement ratifiés avant les fêtes de fin d’année.

Victor Orbán © Flickr     

Les grandes enseignes visées

Majoritairement issues de France, de Grande Bretagne ou d’Allemagne, elles sont depuis quelques mois dans le collimateur du pouvoir local. Ainsi, ces entreprises – au même titre que les banques – doivent par exemple déjà s’acquitter depuis peu d’un impôt spécial, dit de crise, et le gouvernement a annoncé de nouvelles restrictions pour les grandes sociétés de négoce qui essuieraient des pertes d’exploitation au cours de 2 années consécutives. Le nouveau texte interdit l’ouverture de tous les magasins possédant une surface de commerce supérieure à 200m², à l’exception du dimanche doré, situé juste avant Noël .
A partir du mois de mars 2015, les dimanches seront exclusivement synonyme d’ouverture des petits magasins d’alimentation générale, des pharmacies, des stations services, ainsi que des monuments touristiques ou encore des kiosques.
Incontestablement écrasé depuis l’apparition massive, au début des années 2000, des chaînes de supermarchés et de hard discount, qui contrôlent pas moins de 70% du marché hongrois, le petit commerce bénéficiera donc d’une niche économique salvatrice lui permettant de pouvoir continuer à exister.

Un kiosque à Budapest © Flickr

Le Ministère de l’Economie ne craint pas d’éventuelles vagues de licenciements en rapport avec ces nouvelles dispositions, et souligne même que « le secteur du commerce est de toute façon déjà touché par un manque de main-d’œuvre ». Néanmoins, certains économistes et  propriétaires de grands magasins dénoncent ici un accès d’optimisme malvenu et prévoient, au contraire, la perte de 30 000 emplois, en particulier chez les étudiants.

L’Empire contre-attaque

A peine la loi était-elle votée que les multinationales du secteur de la grande distribution présentes sur les bords du Danube cherchaient déjà à contourner ses limitations. Tesco a ainsi annoncé sa volonté de développer au plus vite son réseau de vente en ligne, le e-commerce n’étant en effet pas touché par les restrictions. Par ailleurs, le groupe Auchan devrait lui emboîter le pas et aussi miser sur cette branche. Enfin, Spar compte prochainement agrandir son nombre de petits magasins fonctionnant sous système de  franchise. Malgré le terreau pas forcément confortable que représente Budapest pour ces enseignes, ces dernières ne comptent pas se priver d’un marché intérieur représenté par près de 10 millions de personnes, et soutenu par une économie dont le dynamisme fragile mais apparent devrait – selon les estimations du Fonds Monétaire International – se matérialiser par une croissance en hausse de 2% à la fin de l’année civile 2014.

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Diplômé d’un Master d’Histoire, je suis un passionné de l’actualité internationale en général, avec une préférence pour l’Europe de l’Est, ses peuples et ses cultures.

    1 Commentaire

    • Répondre décembre 23, 2014

      Romain

      Je ne pense pas que le principal problème des hongrois soit cette question du travail du dimanche!
      On pourrait je pense s’interroger sur le pouvoir en place là bas, après tout la Hongrie fait partie de l’UE contrairement à d’autres pays dans notre collimateur démocratique…

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