L’ile du Spitzberg, la réserve végétale de l’extrême

78°14′ 23″Nord,  15°29′43″Est. Cette coordonnée géographique, située sous le cercle arctique, marque la position d’un trésor. En son sein, ni or, ni bijoux, mais un contenu dont la valeur est bien plus précieuse : des graines de semence.

D’une superficie de 60 000 Km2, la population de l'archipel du Svalbard (Norvège) n'est que de 2 114  personnes.

D’une superficie de 60 000 Km2, la population de l’archipel du Svalbard (Norvège) n’est que de 2 114 personnes.

Le grenier à grain de la planète

Inaugurée en février 2008, la réserve du Svalbard vise à contenir un échantillon de chaque graine de culture vivrière de la planète. Riz, sorgho, soja, blé ou encore orge : environ 860,000 variétés de semences sont stockées dans cette réserve végétale, afin de conserver une trace des écosystèmes agricoles mondiaux.

Les graines sont scellées dans un emballage en aluminium. © Hogsalt

Les graines sont scellées dans un emballage en aluminium. © Hogsalt

Bien qu’elle ait été financée par le gouvernement norvégien, la réserve reste une initiative internationale. Derrière elle, on trouve le Global Crop Diversity Trust (GCDT), une filiale de l’ONU consacrée à la diversité des semences mondiales, ainsi que de nombreux donateurs.

On y dénombre des pays comme l’Egypte, la Nouvelle Zélande, l’Italie…, des organisations philanthropiques comme la fondation Rockefeller ainsi que celles de Bill et Melinda Gates et également des groupes agroalimentaires comme DuPont ou Monsanto.

Une conservation à toute épreuve

Pour ce faire, cette réserve répond à un cahier des charges extrême. Construite dans un flanc de montagne à 120 mètres de profondeur, elle est divisée en trois bunkers de 9 mètres de large, sur 27 mètres de long. Ce qui équivaut à une capacité totale d’environ 2,5 milliards de semences, soit le double de ce que peut contenir l’ensemble des banques de graines de la planète.

Ce sont les conditions climatiques qui garantissent la vitalité des échantillons. Avec une température extérieure pouvant atteindre les -20 °, et des graines constamment maintenues à une température ambiante de -18 °, les spécimens sont ainsi à l’abri de l’humidité, et donc de toute détérioration.

Chaque boite contient des graines, qui sont réparties entre les trois salles du chambres fortes du complexe. © Ministère norvégien de l'agriculture

Chaque boite contient des graines, qui sont réparties entre les trois salles du chambres fortes du complexe. © Ministère norvégien de l’agriculture

Avec une construction pensée pour se prémunir de toute catastrophe naturelle ou humaine, il n’est pas étonnant d’apprendre que le complexe du Svalbard est surnommé « le coffre-fort de l’apocalypse ».

Une réserve qui s’étend aux arbres

En février dernier, la réserve a accueilli pour la première fois des arbres en son sein. 218 graines de pins sylvestres et d’épicéas communs, en provenance de la Suède, la Norvège et de la Finlande côtoient désormais les germes de tomates ou de potiron. A l’instar des semences de culture vivrière, la portée de ce dépôt est d’assurer la sauvegarde du patrimoine génétique mondial.

La réserve n’est ouverte que cinq à six fois par an, à l’occasion des dépôts. Une façon aussi de conserver l’air froid. © Ola Westengen

La réserve n’est ouverte que cinq à six fois par an, à l’occasion des dépôts. Une façon aussi de conserver l’air froid. © Ola Westengen

La graine la plus vielle de ce dépôt est une semence de pin norvégien de 1938. Pour s’assurer de sa vitalité, ainsi que de celle des autres graines, une plantation de chaque espèce est effectuée tous les cinq ans, et cela pendant un cycle de cent ans.

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