J.O : Gagne-t-on vraiment à les organiser ?

Ce dimanche se sont achevés les très controversés Jeux Olympiques d’hiver, 22èmes du nom, dans la ville russe de Sotchi. Le pays adoptif de Gérard Depardieu a en effet dépensé à lui seul plus que les 21 précédentes villes organisatrices, avec la bagatelle de 36 milliards d’euros dépensés pour offrir le plus beau des spectacles aux amateurs de sport. Plus que les polémiques entourant cette dernière édition des Jeux Olympiques, Impact Magazine a décidé de se pencher sur une question qui mérite d’être soulevée : Les pays organisateurs gagnent-ils vraiment à organiser cet événement sportif planétaire?

Que ce soit pour les Jeux Olympiques d’été ou ceux d’hiver, les plus grandes villes du monde se battent pour avoir le privilège d’organiser ce magnifique rassemblement sportif, qui réunit l’espace de quelques semaines les meilleurs athlètes venus du monde entier. Si le succès populaire des Jeux n’est plus à démontrer, l’impact économique de ces derniers est contrasté, et au mieux discutable.

Un bilan économique désastreux pour la plupart des villes

En effet, lorsque l’on observe de plus près le bilan économique des villes hôtes, la tendance est plutôt négative. Par exemple, Montréal, qui a organisé les Jeux Olympiques d’été en 1976, a été très affectée par l’organisation de cette olympiade. En cause notamment : le gouffre financier laissé par le stade Olympique, bien trop cher pour la ville. Atlanta -été 1996- et Pékin -été 2008- ont vu leur tourisme très fortement décroître autour de la période des Jeux. Pire, la ville norvégienne de Lillehammer avait fait de ses Jeux d’hiver 1994 un vrai tournant pour le tourisme, avec la construction de nombreux hôtels. Résultat ? 40% d’entre eux ont fait faillite dans les cinq années suivantes.

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Stade olympique de kayak à Athènes (Grèce) en 2004 – [Photo datant de juin 2012]

Athènes avait également investi beaucoup d’argent pour les Jeux Olympiques anniversaire de 2004. Aujourd’hui, force est de constater que la grande majorité des infrastructures installées pour l’occasion sont inexploitées voire en ruine, même si dans le cas présent, la crise économique n’a en rien favorisé leur utilisation.

athenes1Terrain Olympique de beach-volley à Athènes (Grèce) – [Photo datant de juin 2012]

Quelques cas d’exceptions:

Les cas similaires sont assez nombreux, même si quelques contre-exemples existent : On pense notamment à Barcelone, ville hôte des Jeux d’été 1992, qui demeure encore aujourd’hui LA référence d’une olympiade fructueuse au niveau financier, avec des infrastructures en parfait état et un tourisme toujours très dense. On pense également à Londres, dernier organisateur des J.O d’été en 2012. 80% des britanniques interrogés pensent toujours aujourd’hui que l’organisation de cet événement au pays de la reine Elizabeth valait vraiment le coup. Londres n’a en effet rien à regretter pour le moment, contrairement à beaucoup d’autres villes hôtes.

 pekin Stade de beach-volley construit pour les JO d’été de Pékin (Chine) en 2008

Aujourd’hui, une question se pose donc : Faut-il organiser les Jeux Olympiques ? Si l’impact économique ne penche pas en faveur de l’organisation, les villes sont toujours très nombreuses à poser leur candidature. La preuve, Paris est prête à se déclarer candidate à l’organisation d’une nouvelle olympiade, malgré l’énorme déception de 2012. Le constat qui est dressé par le plus grand nombre de spécialistes est donc le suivant : Les Jeux Olympiques sont toujours aussi attractifs car ils restent extrêmement populaires, et réunissent toujours autant de spectateurs. Est-ce suffisant?

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