La malédiction NOMA

Vous connaissez tous l’expression « un malheur ne vient jamais seul ». Celle-ci prend tout son sens lorsqu’on voit les dégâts engendrés par le noma sur le visage de nombreux enfants d’Afrique, d’Amérique du Sud ou encore d’Asie. Vivant dans des conditions de pauvreté extrêmes, ceux-ci sont confrontés en permanence au manque d’hygiène et à la faim. Ces deux facteurs conjugués contribuent au développement du noma, connu aussi sous le nom de « visage de la pauvreté ». Les premiers touchés sont les très jeunes enfants. En effet, la maladie serait causée par une déficience du système immunitaire, avec des organismes incapables de lutter contre l’infection et la multiplication d’agents pathogènes.

Détecter les premiers signes de l’infection assure les meilleures chances de guérison

Plus tôt l’enfant infecté par le noma est pris en charge, meilleures sont ses chances de guérison. Malheureusement, dans les provinces les plus reculées d’Afrique par exemple, les parents ont plus souvent recours au guérisseur qu’au médecin, mais l’administration de tisanes et autres décoctions ne contribue malheureusement qu’à laisser la maladie se développer, jusqu’à ce qu’elle empêche ces enfants de s’alimenter par exemple. Les familles décident aussi parfois de cacher leurs malades, afin de les protéger des moqueries. Mais voilà, « s’ils ne sont pas pris en charge rapidement par antibiothérapie, ils meurent dans 80% des cas»[1], souvent à cause  « de complications telles qu’un sepsis généralisé ou des emboles septiques intracérébraux.»[2]

La maladie compte deux phases : il s’agit souvent d’abord d’une plaie dans la bouche qui entraîne des saignements. La progression de la maladie pourrait être stoppée facilement à ce stade, à condition d’avoir à disposition des produits contre la gingivite et des antibiotiques, mais aussi un travailleur médical capable de prescrire le traitement adéquat. C’est pourquoi beaucoup d’associations se rendent dans les campagnes afin d’informer les habitants sur la maladie et de ravitailler en médicaments les dispensaires du coin.

Le Noma - deuxième phase  © Daliafacingafrica - Google images

Le Noma – deuxième phase © Daliafacingafrica – Google images

Si une personne infectée par le noma, dans la grande majorité des cas un enfant, n’est pas prise en charge au début de la maladie, celle-ci rentre dans sa deuxième phase, celle qui dévore les visages. Même à ce stade, la prise d’antibiotiques peut permettre de stopper l’évolution de la maladie, à condition que les lésions soient « encore intrabuccales et limitées ».  Si le traitement fonctionne et que la cicatrisation se passe bien, une chirurgie réparatrice peut être réalisée.

La chirurgie reconstructive répare les visages, et redonne une existence sociale

L’émission « Envoyé spécial » du 19 février 2015 s’est intéressée à ce fléau qui oblige de nombreux enfants à vivre en reclus, à cause de leur apparence. Le reportage nous fait notamment découvrir la Maison de Fati, un centre de soins créé par Caroline Benaim à Ouagadougou, et construit pour soutenir l’action de l’association « Enfants du noma » du docteur Bellity.

Son but : permettre aux enfants victimes de cette terrible maladie de retrouver un visage, et toutes les facultés motrices qui vont avec.  Les journalistes suivent une équipe médicale de la Chaîne de l’espoir venue de France pour opérer bénévolement des enfants atteints de la maladie. Le médecin en chef, Narcisse Zwetyenga, est un enfant du pays qui vit et exerce la chirurgie réparatrice à Dijon, mais revient plusieurs fois par an au Burkina Faso pour opérer bénévolement des visages défigurés par la pauvreté.

La Maison de Fati

La reconstruction du visage nécessite bien souvent plusieurs interventions. Et à chaque fois, il faut s’assurer que le patient soit à même de les supporter. C’est là que la Maison de Fati joue un rôle primordial puisqu’elle assure entre autres le suivi des enfants avant l’opération.

De nombreuses autres associations se mobilisent contre cette maladie comme Sentinelles ou Au fil de la vie. La Fédération internationale du Noma (NoNoma) joue aussi un rôle important en s’efforçant de sensibiliser le public mais aussi les instances de la santé à toutes les échelles, ainsi qu’en jouant le rôle de plateforme de diffusion des nouveautés technologiques dans le domaine.


[1] « Le noma dans le monde », http://www.planetoscope.com/Maladie/1431-nombre-d-enfants-touches-par-le-noma.html

[2] J-Y Nau, « Nouvelles lumières sur la malédiction noma », Revue Médicale Suisse 2013;9:1554-1555 http://rms.medhyg.ch/article_p.php?ID_ARTICLE=RMS_395_1554

 

  • share on facebook
  • share on twitter
  • share on google+

Auteure passionnée et touche-à-tout, je prends plaisir à user de mon merveilleux clavier d'ordinateur pour rédiger des articles divers et variés. Et comble du comble, mon clavier a l'air d'aimer ça.

    Votre avis

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.