La Russie va construire sa propre station spatiale

La conquête spatiale constitue traditionnellement un cheval de bataille primordial en Russie. Depuis la seconde moitié du XXème siècle et le début de la guerre froide, la patrie de Dostoïevski s’est toujours placée en pionnière pour ce qui est de conquérir la galaxie.

Si elle est le premier pays à avoir envoyé un être vivant dans l’espace, dès le mois de novembre 1957, avec le chien Laïka, qui aura finalement survécu à peine 5 heures dans l’orbite terrestre basse, elle a aussi permis à Valentina Tereshkova de devenir la première femme de l’histoire de l’humanité à effectuer un vol dans la stratosphère en juin 1963.

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Valentina Tereshkova – © Flickr

Un changement de stratégie radical

Comme l’a annoncé le mardi 19 mai Dmitri Rogozine, le Vice-Premier ministre en charge de l’armement et de l’industrie spatiale, la Russie compte bientôt arrêter sa collaboration avec la Station Spatiale Internationale, avec comme date butoir l’horizon 2024.

Auparavant, 3 nouveaux modules, dont un primordial, car énergétique, seront ajoutés à la station, avant de servir à la création de la nouvelle qui doit commencer à voir le jour dès la seconde partie de la décennie prochaine.

Ainsi, la collaboration spatiale entre Américains et Russes va bientôt toucher à sa fin.

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Dmitri Rogozine – © Flickr

Elle aura duré presque 40 ans, c’est-à-dire depuis 1975, et le projet du premier vol à équipage commun Sojuz–Apollo.

Le fruit final de cette collaboration aura donc été la Station Spatiale Internationale, créée à des fins de recherche sous l’égide d’une dizaine de pays.

L’ISS est le plus grand satellite artificiel de la planète Terre. En plus de faire 15.5 fois le tour de la planète Terre en 24 heures, il se déplace à la vitesse colossale de 28 000 km par heure, à une orbite située environ 400 km au dessus de nos têtes.

Les premiers modules de l’ISS ont été placés sur orbite en 1998. Depuis 2000, un équipage y vit constamment, avec une gestion principale divisée entre Américains et Russes, qui se partagent régulièrement le leadership.

Les astronautes sont propulsés sur place par des vaisseaux Sojuz envoyés depuis la base de Baïkonour, située au Kazakhstan.

Les Etats-Unis, qui n’ont actuellement pas de vaisseaux qui pourraient envoyer des éléments dans l’espace, sont actuellement seulement en phase de test, tout en sachant que, depuis la crise économique de 2007-2008, le gouvernement américain a coupé un nombre important de financements, car chaque voyage orbital lui coûte la coquette somme de 70 millions de dollars.

La situation en Ukraine à l’origine de ce divorce

Après l’annexion de la Crimée par la Russie, les relations entre ces deux superpuissances spatiales se sont évidemment grandement détériorées.
La NASA, hors pour ce qui est de la collaboration en rapport avec l’ISS, a depuis cessé toute relation professionnelle avec la Russie. Peu après, cette dernière a annoncé sa volonté de créer sa propre station orbitale.

Fin février, l’Agence Spatiale Fédérale Russe, communément appelée Roskosmos, a informé qu’elle travaillait sur un « plan de construction avancé de bâtiments spatiaux d’une station orbitale nationale« . L’Agence a aussi ajouté que le besoin était pressant afin de s’assurer au plus vite une voie plus sécurisée vers l’espace.

Dans le courant du mois d’avril, le responsable recherche du Roskosmos, Youri Koptev, a ajouté que cette décision était basée sur le fait qu’il existait des « conflits politiques avec les partenaires actuels présents sur l’ISS « .

Il a aussi affirmé que la stratégie de conquête de l’espace allait donc d’abord se baser sur la construction d’une nouvelle base, suivie ensuite d’un programme d’étude approfondi de la Lune, puis des autres parties de la galaxie.

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La Lune – © Flickr

Il y a un an, le vice premier ministre Rogozine avait déjà annoncé la construction d’une base russe sur la Lune à l’horizon 2040. Selon ses dires, les Russes veulent y rechercher des minerais mais aussi tester de nouvelles technologies cosmiques.

Le feuilleton spatial sera le nouveau fil rouge du XXIème siècle. Et la Russie veut à tout prix avoir une longueur d’avance.

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Diplômé d’un Master d’Histoire, je suis un passionné de l’actualité internationale en général, avec une préférence pour l’Europe de l’Est, ses peuples et ses cultures.

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