La ville du futur sera-t-elle Big Brother (mais écologique) ?

Chaque semaine, un million de personnes supplémentaires s’installent dans les villes. D’ici 2050, 70% à 80 % de la population mondiale sera urbaine. Pour répondre à ce flux important, il faut construire des nouvelles métropoles capables d’accueillir tous ces individus. Et pour gérer et optimiser ces cités du futur de façon intelligente et contrôlée, des ordinateurs enregistreront 24h/24 et 7j/7 des milliers de données. Si certains y voient la possibilité de créer la ville idéale, pour d’autres, c’est la menace de Big Brother.

Des villes ultra-connectées et respectueuses de l’environnement

Ces villes du futur ne relèvent pas seulement d’une utopie car elles existent déjà. En Corée du Sud à Songdo, en Chine à Tianjin Eco-City et en Arabie Saoudite à King Abdullah Economic City, des métropoles écologiques et hyper-connectées créées de toute pièce et à partir de rien commencent à voir le jour. Le documentaire « Les villes du futur » de Frédéric Castaignède diffusé sur Arte décrit ces espaces urbains modernes.

Big Brother

© Glasseyes view – Big Brother

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et en finir avec le gaspillage énergétique tout en contrôlant le flux des personnes, la technologie s’impose comme la solution idéale. Pour cela, des ordinateurs reliés entre eux optimisent les ressources d’énergie du réseau urbain. Tout en offrant un haut niveau de vie aux citadins, ces métropoles connectées sont plus intelligentes, moins polluées et donc plus vivables que certaines mégalopoles.

Des capteurs récoltent les données de la consommation électrique en gaz et en eau, et aussi les déplacements des véhicules motorisés (et donc polluants). Dans un immeuble de Songdo, un petit ordinateur connecté au réseau indique la consommation d’énergie de chaque appartement. Ainsi, les résidents peuvent évaluer leur propre utilisation des ressources et la comparer à celle de leurs voisins pour la réduire si nécessaire.

Si l’omniprésence de ces capteurs se justifie par le désir de garder un style de vie confortable sans pour autant détruire la planète, cette ville utopique présente néanmoins deux risques. Le premier est d’attraper un virus ou de devoir faire face à un bug informatique qui paralyserait toute l’agglomération. Le deuxième, au cœur du sujet de cet article, est une fuite ou une utilisation malveillante de ces données, notamment par une restriction de la vie privée.

Hong Kong

© Spreng Ben – Hong Kong Skyline

Ville du futur: la sécurité avant la vie privée

Des caméras surveillent constamment les moindres faits et gestes de chacun. Dans les appartements, dans les téléphones, les voitures, sur le sol, les lumières, les poubelles… les capteurs sont partout et enregistrent tout.

Ces données sont ensuite recueillies par le centre de contrôle, sorte de cerveau omniscient de la ville. Là-bas, des personnes scrutent leurs écrans constamment. La consommation d’énergie, les transports, les déplacements ou encore les achats, tout est analysé et étudié. Les ordinateurs peuvent savoir où vous êtes, avec qui vous êtes, comment vous êtes arrivé à cet endroit et à quelle heure vous rentrez chez vous. Les véhicules sont pistés : leurs trajets, leur consommation d’énergie et même ce qu’ils comportent. Et lorsque les citadins se déplacent à pied ou à vélo, pas moyen non plus d’échapper à la surveillance puisque le smartphone (ou téléphone intelligent) géolocalise son propriétaire.

Songdo

© Love Home Swap – Songdo

A Songdo, ce flicage permanent devient parfaitement intégré et accepté par ses habitants. « La sécurité de mon enfant passe avant sa vie privée, je trouve. […] La sensation d’être protégé est plus importante que celle d’être observé », déclare une maman coréenne après avoir surveillé son enfant par le biais d’une des nombreuses caméras des aires de jeux (« Les villes du futur » de Frédéric Castaignède).

Une ville sûre, oui. Du moins, c’est ce que ses créateurs et les résidents espèrent. Ses détracteurs l’accusent quant à eux d’être aseptisée, où tout est millimétré et où il ne reste guère de place à la spontanéité et aux libertés individuelles. Ces nouveaux lieux de vie sont-ils un bijou de la technologie, symbole de la modernité ou alors des lieux sans âme et sans passé contrôlés par des ordinateurs et planifiés par une élite ? Si certains redoutent cette dernière image orwellienne, d’autres préfèrent croire que les villes de demain seront l’avènement d’une nouvelle société basée sur le partage entre ses différents acteurs.

Vidéo « Les villes du futur » de Frédéric Castaignède

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Auteure passionnée à la plume tenace et à l'appétit vorace pour les idées qui claquent.

    1 Commentaire

    • Répondre avril 17, 2015

      max

      c’est de la pure merde….On n’en veut pas !
      de l’Environnement, ça ????
      mouahahaha…
      faut rire…ça respecte quoi ? le Céodeuux ? foutaises !

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