Le retour cosmique de Skip&Die

A ceux qui se demandaient encore si les influences psychédéliques du groupe n’étaient qu’une passade : la réponse se trouve sur la pochette et dans le titre de leur deuxième album, « Cosmic Serpents ». Elle tient en un mot : « non ».

En guise de piqure de rappel, Skip & Die, c’est ce groupe mi sud-africain, mi-néerlandais qui écume les scènes depuis 2012. Leur crédo : le métissage et les sons qui font bouger. Leur coup d’essai, « Riots in the Jungle », avait joyeusement mixé électro, musiques du monde et hip-hop  sur un album aussi déjanté et coloré que le laissait présager le titre.

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Depuis plusieurs mois, le groupe naviguait entre les continents pour l’enregistrement de leur deuxième album. La liste des pays traversés est longue comme le bras, et les influences des titres s’en ressentent : Brésil, Colombie, Argentine, Egypte, La Réunion, Afrique du Sud, Portugal et Pays-Bas – rien que ça ! Outre deux nouveaux membres (Gino et Daniel), le groupe a pioché dans chaque pays des instruments, des langues (dont le français, une première), et des sons. Alors on danse, mais on n’est plus certain de savoir sur quel pied, lors d’interludes franchement délirants comme « Wake up » où le groupe se plaît à mixer un caquètement de poule sur fond dubstep. Vous en rêviez ? Skip&Die l’a fait.

Le groupe a aussi invité des artistes locaux à collaborer sur certains titres. On retrouve donc sur Cosmic Serpent des morceaux interprétés avec l’Argentin Chancha Via Circuito, un mordu de cumbia électro qui avait rempli l’Ubu lors des dernières Transmusicales, avec Lindigo, un groupe réunionnais de « maloya », genre hérité des chants d’esclaves, ou encore  avec Islam Chipsy, collectif égyptien d’ « electro châabi » qui emprunte à la musique traditionnelle égyptienne.

Lors de son interview à Impact, la chanteuse Cata.Pirata expliquait que le « monde occidental semble s’ouvrir de plus en plus à nos influences exotiques ». On peut aujourd’hui difficilement dire le contraire : si « Riots in the jungle » avait taillé sa place à coups de cumbia et de dubstep, « Cosmic Serpents » s’impose comme un énorme patchwork, un carnet de voyage sonore qu’un Zicos un peu halluciné aurait baladé avec lui autour du monde.

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Citoyenne du monde en devenir, mordue de beaux mots et de sujets qui fâchent.

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