Le végétarisme peut-il sauver l’Homme de 2050?

L’Homme de 2050 devra t-il se mettre à la diète végétale pour assurer sa survie ? Avec 80 millions de naissances sur Terre par an et un taux de natalité en plein boom dans les pays en voie de développement, la population mondiale va atteindre des records d’ici trente ans. Et pour cause, 9,1 milliards d’êtres humains devront se partager la surface de la Terre en 2050, soit deux milliards d’hommes et femmes de plus qu’aujourd’hui.

Pour que tout le monde ait quelque chose à se mettre sous la dent, il faudrait donc au minimum doubler la production agricole dans le monde, voire la tripler dans certaines zones, comme sur le continent africain. Mais face aux nouveaux enjeux écologiques qui se dessinent, nos systèmes de production agricole développés au XXème siècle montrent aujourd’hui de dangereuses limites.

Si l’Homme veut survivre, il lui faudra alors tout repenser. Des systèmes de production agricole aux élevages intensifs, en passant par les habitudes alimentaires occidentales, tout est à revoir. Le défi est d’autant plus colossal qu’il est nécessaire à relever…

Bouder la viande pour préserver l’eau ?

© Eric Laurent - Flickr

© Eric Laurent

Une des clés pour relever le défi de 2050 reste avant tout la préservation de l’eau potable sur notre planète. Les ressources hydriques de la Terre baissent à vue d’œil. Et notre appétit pour la bonne chair n’y est pas étranger : près de 10% de l’eau disponible sert à la production animale dans le monde, notamment à l’irrigation des fourrages, ces plantes utilisées pour l’alimentation de nos élevages. L’élevage intensif, tel qu’il est massivement pratiqué aujourd’hui, est par ailleurs l’un des principaux facteurs de la pollution de l’eau. Déchets animaux, hormones, antibiotiques, pesticides et divers produits chimiques utilisés dans les cultures fourragères gaspillent chaque jour des litres d’eau douce.

Aujourd’hui, pas moins de 9075 kilos de viande sont consommés chaque seconde dans le monde. Et les chiffres n’en resteront pas là puisque la consommation progresse de 2,3% par an depuis une dizaine d’années. Un bon moyen de préserver nos faibles réserves d’eau serait donc de réduire drastiquement notre consommation de viande.

Cependant, peu de pays occidentaux, habitués depuis des décennies à manger de la chair animale quotidiennement, se voient adopter un régime quasi-végétarien dans les années à venir. C’est pourtant une sérieuse piste à suivre selon les chercheurs du Stockholm International Water Institute. Cela permettrait notamment d’éviter de très graves pénuries alimentaires et un manque d’eau, un scénario catastrophe fatal à la survie de notre espèce.

De l’eau dans le gaz

Le régime hautement carnivore des pays riches nécessite une quantité d’eau considérable, monopolise de très grandes surfaces de terre, mais consomme et produit également énormément d’énergie. Cette énergie, appelée gaz à effet de serre, représente un réel danger pour la survie de l’Homme et de sa planète puisqu’elle entraîne une forte augmentation de la température des océans et de l’atmosphère terrestre.

En consommant à outrance des protéines d’origine animale (de la viande, mais aussi du fromage, du lait, des œufs…), l’Homme participe fortement à l’émission de ces gaz à effet de serre. Ces derniers sont notamment émis par les engrais (qui produisent de l’oxyde d’azote), par les excréments et par la digestion des ruminants (qui produisent du méthane).

Du méthane s'échappant de la glace de l'Océan Arctique au nord de l'Alaska  © Nasa

Du méthane s’échappant de la glace de l’Océan Arctique au nord de l’Alaska © Nasa

Le méthane et l’oxyde d’azote, bien plus dangereux pour le réchauffement climatique que l’oxyde de carbone, sont devenus depuis quelques années les nouvelles cibles des chercheurs de l’Organisation des Nations unies. Naturellement présents dans l’atmosphère, ils deviennent dangereux lorsqu’ils sont produits en très grande quantité. Pas moins de 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent aujourd’hui de l’industrie du bétail, soit un pourcentage supérieur aux émissions de gaz liées aux transports terrestres, aériens et maritimes…

Des steaks d’insectes dans nos assiettes

Steak d’insectes, grillade de sauterelles ou soupe de larves ? Non ce n’est pas un menu spécial Halloween, mais un de ceux que l’on retrouvera sur nos tables probablement dans 30 ans. C’est en tout cas ce qu’avancent de plus en plus de chercheurs, d’écologistes, mais aussi de médecins, qui y voient de très bonnes sources de protéines et une solution durable à la lutte contre la faim dans le monde. De nombreuses populations ont d’ailleurs déjà intégré les insectes dans leur alimentation quotidienne : en Asie, en Amérique du Sud ou en Afrique, on ne fait pas de chichis sur la vision peu ragoûtante d’un bon plat de vers ou de fourmis grillées.

Flickr ©

Si l’idée de sentir des pattes d’araignée nous craquer sous la dent à l’heure de l’apéro ne fait pas encore saliver, il se pourrait bien que nous n’ayons bientôt plus vraiment le choix. Disposant de moins en moins de surfaces de terres cultivables, l’Homme a en effet un besoin urgent de trouver de nouvelles gourmandises pour se sustenter. Les insectes semblent être de parfaits substituts nutritionnels à la viande grâce à leur richesse en protéines et leur faible teneur en graisse, mais aussi grâce au fait qu’ils soient facilement productibles : pour élever un kilo d’insectes, deux kilos de végétaux suffisent… contre huit pour produire la même quantité de viande de bœuf !

La culture de la « bonne bouffe » occidentale prend certes encore le pas sur la nécessité de renouveler nos habitudes alimentaires, mais il est fort à parier que nous n’aurons bientôt plus d’autre choix que de repenser nos assiettes d’ici une trentaine d’années. S’ils semblaient tomber dans l’oreille sourde de la puissante industrie agro-alimentaire, les messages d’alerte des chercheurs et des écologistes ne pourront bientôt plus être ignorés.

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Diplômée d'une licence en journalisme et communication appliquée, puis d'un Master 2 en Politique européenne, j'ai touché à la radio, à la presse écrite, à la presse féminine et même touristique. Féministe de cœur, Parisienne de naissance et journaliste de formation, je suis par la force des choses curieuse, fouineuse et (un peu) râleuse.

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