Les Sikhs, autres victimes du terrorisme

Une étude, commandée par l’Association Nationale Sikh Campaign et publiée le 26 janvier dernier, rapporte que près de 60 % des américains interrogés affirment ne pas connaitre les Sikhs. Pour aller plus loin, les sondés ont pu voir la photo d’un vieil homme de confession Sikh portant un turban rouge. Résultats : 11 % l’ont identifié comme Sikh, 20 % y voient un musulman, 28 % pensent qu’il est originaire du Moyen Orient, alors que 35 % le pensent originaire d’Inde.

Fondateur de la National Sikh Campaign, Rajwant Singh réagit à ce sondage : « Nous faisons partie de l’identité américaine et pourtant personne ne nous connaît vraiment ni ne nous comprend. Franchement, nous sommes fatigués d’être pris pour cible et nous voulons être compris ».

Présents depuis près d’un siècle aux États-Unis, les Sikhs seraient entre 200 000 et 500 000. Monothéistes, prônant la non-violence et fervent défenseurs de l’égalité des droits, la communauté Sikhe a été la cible d’agressions islamophobes après les attentats du 11 septembre, comme peut en témoigner la mort de Balbir Singh Sodhi, propriétaire d’une station service dans l’Arizona. L’homme a été assassiné quatre jours après la chute du World Trade Center.

Il y a eu plusieurs attaques haineuses visant la communauté Sikhe ces dernières années 

En 2012, c’est un ancien soldat suprémaciste qui ôte la vie à six personnes et en blesse quatre autres dans un temple Sikh situé à Oak Creek.

Des Sikhs américains participant à une parade à Stockton, Californie, le 11 mai 1945.

Des Sikhs américains participant à une parade à Stockton, Californie, le 11 mai 1945.

Des attaques de plus en plus récurrentes, alors que les Sikhs « étaient autrefois considérés comme des aristocrates aux États-Unis », souligne Jaswant Singh Sachdev, un notable parmi les Sikhs d’Arizona. Un changement apparu, selon lui, après la crise iranienne des otages de 1979 à 1981. C’est là que les Sikhs commencèrent à être associés aux dignitaires religieux iraniens.

En 2013, ce fut le mannequin américain– mais aussi joaillier, acteur et designer- Waris Ahluwalia, de confession Sikhe, qui a été la cible de propos raciste. Egérie de la marque américaine Gap, il a découvert, comme de nombreux internautes, la photo twittée par Arsalan Iftikhar, où apparait le mannequin à la longue barbe. On peut y voir une publicité de la marque taguée d’inscriptions telles que « Make bombs » ou encore « Please stop driving taxis », alors qu’une seule inscription était initialement présente : « Make love ».

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L’auteur de la photo, fondateur de TheMuslimGuy.com, a « voulu que le monde voit comment les Brown people (c’est-à-dire les minorités issues notamment du Moyen-Orient) sont vues aux Etats-Unis aujourd’hui ». Gap, en signe de soutien, choisit d’afficher sur son compte Twitter la publicité. Un geste qui touchera la communauté Sikh.

Vishavjit Singh, le Sikh Captain America en lutte contre les préjugés

« Let’s kick some intolerant ass ! » Afin de combattre les préjugés et les crimes de plus en plus importants envers les Sikhs, Vishavjit Singh, un américain d’origine indienne et de confession Sikhe, parade dans les rues de New-York en Captain America. Le dastar –turban sikh- et la barbe en plus.

Capture d'écran du documentaire Red, White, Beard.

Capture d’écran du documentaire Red, White, Beard.

Informaticien et passionné de comics, l’homme de 43 ans a décidé, en 2012, d’endosser le costume de Captain America, surplombé de son ruban, symbole de sa confession. Chaque jour, il rencontre les New-Yorkais dans les rues, dans les hôpitaux, dans les maisons de retraites mais aussi lors d’événements divers. C’est alors qu’il parle de sa foi, de ses valeurs et de la mission qu’il s’est donné. Un documentaire lui est d’ailleurs consacré, intitulé Red, White, Beard.


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Né dans un chaudron, j'ai développé une curiosité maladive qui m'a amené à me passionner pour l'international. Serpentard adoubé et champion de Cramois'Île, je collabore notamment avec Ijsberg Magazine, Grafitee ainsi qu'Impact Magazine. Entre Ukraine et Islande, me voici de retour après 6 000 km à travers la Scandinavie.

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