L’expérimentation animale, une aberration scientifique

En France, 7000 animaux sont utilisés chaque jour pour les recherches scientifiques. On en dénombre pas moins de 100 millions chaque année à travers le monde, dont 12 millions en Europe. Presque tous finissent mutilés et euthanasiés. Si la réglementation impose toujours le test sur animaux avant la mise sur le marché d’un médicament, l’expérimentation animale a enfin été interdite dans l’Union européenne pour les cosmétiques le 11 mars 2013. Cette interdiction répond à la demande des associations de défense des animaux ainsi que de très nombreux consommateurs qui estiment que la fabrication de produits cosmétiques ne justifie en rien les maltraitances faites aux animaux. Pour les médicaments, en revanche, le bras de fer entre les associations et l’industrie vivisectionniste est loin d’être terminé: la France est l’un des pays d’Europe qui compte de plus en plus de laboratoires pratiquant l’expérimentation animale. Un bien triste record dont bon nombre de scientifiques anti-vivisection se passeraient bien.

Un rat ou votre mère ?

Pour défendre l’expérimentation animale, l’industrie vivisectionniste nous a longtemps sermonné en prétendant qu’il s’agissait simplement de choisir entre la vie d’un rat, ou celle d’un être cher. Mais cet argument absurde ne fait que déplacer le problème. Le seul choix que nous avons à faire est celui d’une bonne ou d’une mauvaise pratique scientifique, et jusqu’ici il s’avérerait que l’expérimentation animale se situe du côté de la seconde. L’explication est toute simple : les animaux ne sont pas constitués de la même manière qu’un corps humain et leurs réactions aux médicaments sont souvent très différentes des nôtres.

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La morphine nous endort mais elle excite les chats. L’aspirine soulage nos douleurs alors qu’elle provoque des déformations congénitales chez les rats et les souris. La pilule contraceptive peut causer des caillots sanguins à l’humain quand elle fluidifie le sang des chiens. Le chien ne souffre d’ailleurs d’aucun problème de santé lorsqu’il mange de la viande grasse contrairement à l’Homme qui connaît de plus en plus de troubles cardio-vasculaires suite à une alimentation trop riche. Afin d’imiter une maladie cardiaque chez le chien, les scientifiques attachent donc un fil autour d’un vaisseau sanguin relié au cœur afin de lui causer des troubles cardiaux – et toutes les souffrances qui les accompagnent.

Il semble insensé que certains scientifiques se bornent encore à recréer chez les animaux des maladies dont ils n’ont jamais été atteints, et ceci afin de dénicher des remèdes qu’ils espèrent convenir aux humains…

Pour la recherche sur l’arthrite, des produits chimiques sont injectés dans les articulations de lapins ou de chats pour provoquer des gonflements invalidants. Les rats et les souris ne développent pas les mêmes types de tumeurs que les humains mais sont pour leur part toujours utilisés dans les recherches contre le cancer.

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De nature calme et confiante, le Beagle est l’une des races de chien préférées pour les expérimentations animales.

Pourtant, si nous avions toujours suivi les résultats d’expérimentations animales les yeux fermés, nous croirions encore que l’Homme n’a nul besoin de vitamine C pour être en bonne santé – les lapins et les souris synthétisant la vitamine C, contrairement à l’Homme dont l’apport en vitamines doit se faire par l’alimentation. Nous penserions encore que fumer ne provoque pas de cancer et que l’alcool ne cause aucun dommage au foie. La chirurgie cardiaque n’a pas été pratiquée tout de suite sur l’Homme parce qu’elle ne fonctionnait pas sur le chien et il a été affirmé pendant des années que l’amiante ne pouvait être un poison pour l’Homme étant donné qu’il n’en était pas un pour les singes…

Malgré un investissement qui se chiffre en millions d’euros et les souffrances animales que ces expérimentations entraînent, environ 20 000 personnes continuent de mourir chaque année des suites d’effets secondaires médicamenteux dans l’Hexagone.

Si les conclusions des tests entre l’Homme et l’animal sont si différentes, c’est tout simplement parce qu’il est impossible de transposer des résultats d’une race à une autre. Le patrimoine génétique d’une espèce lui est propre et détermine la manière dont l’organisme réagira face aux produits, aux environnements et aux médicaments avec lesquelles il sera en contact.

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Dépourvu de larmes mais doté de grands yeux, le lapin est souvent utilisé pour tester les produits potentiellement irritants pour l’œil humain.

Si le virus du SIDA est injecté dans l’organisme d’un chimpanzé, bien que génétiquement très proche de l’homme, celui-ci ne tombera pas malade et vivra tout à fait normalement. Le virus restera certes présent dans son organisme tout au long de sa vie mais il n’attaquera jamais son système immunitaire. C’est ainsi que la croyance en la validité de l’expérimentation animale cause parfois bien des scandales, comme celui du sang contaminé dans les années 80. A l’époque, pour savoir si on pouvait transfuser du sang contaminé par le virus du SIDA sans crainte de contaminer d’autres patients, les scientifiques avaient testé la perfusion sur des singes. Les singes ayant bien réagi à l’injection de sang contaminé, les scientifiques conclurent qu’il n’était donc pas dangereux pour l’Homme de se servir des dons sanguins faits par des personnes atteintes du virus. Nous connaissons aujourd’hui toutes les conséquences de cette malheureuse méprise scientifique.

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Quelles alternatives possibles?

La culture cellulaire est une première alternative possible à la vivisection. Il s’agit d’une technique de biologie valide et reconnue destinée à faire croître des cellules hors de leur organisme, dans un but d’expérimentation scientifique ou de fécondation in vitro. Mais l’ultime argument en faveur de la vivisection est que les scientifiques doivent tester leur produits sur l’ensemble d’un corps, et non dans un simple tube à essai. Ceci est vrai. Notre corps n’est pas qu’une juxtaposition de cellules : de nombreuses substances (hormones, minéraux,…) circulent entre les cellules et influent sur la manière dont le corps réagira à une molécule médicamenteuse. C’est donc bien l’organisme entier qu’il faut étudier. Le problème reste que les vivisectionnistes choisissent de travailler sur le mauvais corps.

La première étape devrait donc être obligatoirement l’évaluation de la toxicité sur des cellules humaines en culture, dans des tubes à essai. Si la molécule est toxique pour nos cellules, on peut en conclure qu’elle le sera aussi pour l’organisme entier. L’inverse n’étant pas forcément vrai, il faudrait, si la molécule a réussi le premier test cellulaire en tube à essai, vérifier son impact sur le corps de volontaires, dans les conditions strictes qui entourent les essais cliniques.

Par ailleurs, si les expériences de tubes à essai sont combinées avec, par exemple, la modélisation informatique – technique informatique capable d’élargir les résultats à l’ensemble de l’organisme – , alors l’expérimentation animale est non seulement non-éthique, mais également totalement obsolète.

Enfin, la partie la plus importante pour combattre une maladie reste avant tout la prévention. Et pour cette partie, l’expérimentation animale nous est encore d’aucune aide.

Daniel Fouray

Des kératinocytes – cellules constituant 90% de l’épiderme humain – dérivés de cellules souches capables de produire n’importe quel type de cellule de notre organisme.

En dehors des considérations éthiques tout aussi valables mais peu recevables par la communauté scientifique, il est de plus en plus évident que l’expérimentation animale est une pratique peu fiable, voire dangereuse. Aujourd’hui sérieusement remise en cause par une bonne partie du monde scientifique, elle est paradoxalement de plus en plus utilisée. Et pourtant, entre la découverte d’une molécule médicamenteuse possiblement intéressante pour l’Homme et sa mise en vente sur le marché, il s’écoule de six à huit ans. Durant toutes ces années, environ 200 000 animaux sont utilisés pour évaluer l’efficacité ou la toxicité de cette molécule. Malgré un investissement qui se chiffre en millions d’euros et les souffrances animales que ces expérimentations entraînent, environ 20 000 personnes continuent de mourir chaque année des suites d’effets secondaires médicamenteux dans l’Hexagone. Un chiffre qui représente environ quatre fois le nombre de tués sur la route… et la 4ème cause de mortalité en France.

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Diplômée d'une licence en journalisme et communication appliquée, puis d'un Master 2 en Politique européenne, j'ai touché à la radio, à la presse écrite, à la presse féminine et même touristique. Féministe de cœur, Parisienne de naissance et journaliste de formation, je suis par la force des choses curieuse, fouineuse et (un peu) râleuse.

    5 Commentaires

    • Merci.

      • Répondre avril 10, 2015

        Pierre ROMMER

        D’ accord avec vous et ceux qui maintiennent que l’ expérience animale est une erreur scientifique, mais une affaire ciale qui rapporte gros !!!

    • Répondre avril 10, 2015

      Chevalier

      Merci pour votre article et qu’ils leurs apportent le plus vite possible, la délivrance et l’arrêt des souffrances….. Help !!
      Djulia

    • Répondre avril 10, 2015

      cathy nolane

      STOP a la vivisection, c’est une souffrance, une barbarie ignoble.Il faut arrêter de tester sur les animaux et de leur faire subir ces horreurs. Comment peut on leur faire subir cela ????? STOP AUX EXPERIENCES SUR LES ANIMAUX

    • Répondre avril 11, 2015

      menardo

      Une Histoire de gros sous !!! Les labos rivalisent entres-eux ! qui gagnera le plus !!! La souffrance de l’ Animal ne les touchent mêmes pas ! et pourtant toutes les Méthodes Alternatives sont là !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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