Lituanie : un manuel de survie en cas d’invasion russe

Présenté à Vilnius par le ministre de la défense, un manuel d’une centaine de pages sera publié cette semaine afin de sensibiliser les lituaniens face à une possible invasion russe. Comment organiser la résistance à une occupation étrangère ou même connaître le comportement adéquat sur un champ de bataille, ce manuel se veut avant tout prévoyant face à un voisin « non amical ».

Comment survivre en temps de guerre ? « Les coups de feu que vous entendez par vos fenêtres ne signifient pas la fin du monde. Ne paniquez pas et ne perdez pas votre lucidité » indique ce guide de survie. Publié cette semaine par le ministère de la défense dans toutes les bibliothèques du pays, et également présent dans les futurs événements militaires, il préconise et encourage la population lituanienne à résister face à une possible invasion russe à travers des manifestations et des grèves. En cas d’invasion, ce manuel stipule que Facebook et Twitter seraient les premières armes des Lituaniens, notamment afin d’organiser des cybers attaques contre l’ennemi.

Place Maïdan, Ukraine © Geoffrey Saint-Joanis

Place Maïdan, Ukraine © Geoffrey Saint-Joanis

La crainte d’un scénario ukrainien

Autrefois membre de l’Union Soviétique avec l’Estonie et la Lettonie, la Lituanie a, dès 1991, rapidement voulu rejoindre l’alliance occidentale de l’OTAN et de l’Union Européenne. Désormais membre, elle se dit néanmoins « préoccupée » par la Russie. Et pour causes : le mois dernier, Moscou organisait des exercices militaires comprenant pas moins de 9000 soldats et 55 navires de guerre dans son enclave de Kaliningrad, également voisine de la Lituanie.

« Les exemples de la Géorgie et de l’Ukraine, qui ont tous deux perdu une partie de leur territoire, montrent que nous ne pouvons pas exclure une situation similaire. Nous devons nous tenir prêts », a déclaré le ministre de la défense lituanienne Juozas Olekas auprès de l’agence Reuters. Une inquiétude pour le gouvernement, partagée par sa population : « quand la Russie a commencé son agression en Ukraine, ici en Lituanie nos citoyens ont compris que notre voisin russe est loin d’être amical ».

Conséquence : le gouvernement a accéléré les recrutements de soldats. En parallèle, l’Etat lituanien exige que chacune des futures constructions soit munie d’un abri anti-aérien.

Le ministre lituanien de la défense, Juozas Olekas © Eurodialog / Flickr

Le ministre lituanien de la défense, Juozas Olekas © Eurodialog / Flickr

Adopter l’euro pour mieux s’éloigner de la Russie

Le 1er janvier 2015, la Lituanie est entrée dans la zone euro. Pour Alban Mikoczy, correspondant à Moscou pour France 2, « La décision d’intégrer la zone euro a été prise au palais présidentiel de Vilnius, bien davantage qu’à la banque centrale de Lituanie. Et pour cause : c’est une décision politique bien plus qu’économique. Il s’agit pour ce pays de s’arrimer encore plus à l’Union européenne et plus généralement à toute l’Europe ».

Selon le journaliste, certains craignent, à l’instar de la Lituanie, que la Russie ait des visées expansionnistes envers les pays baltes. « S’arrimer à la monnaie européenne, c’est une manière de rendre les choses irréversibles ». Ils visent avant tout de dire à la Russie : « ici ce n’est plus chez vous ».

Poutine lors d’un discours © Flickr

Un semblant –encore- de guerre froide

En plus d’exercices militaires, la Russie serait liée à un réseau d’espionnage. Alors affecté à Zoknaï, une des bases de surveillance aérienne les plus importantes de l’OTAN dans les pays baltes, un officier a été arrêté pour espionnage. Cette arrestation ne serait pas un cas isolé : la Lituanie serait en plein démantèlement d’un réseau d’espions au service de la Russie.
Une Russie de plus en plus inquiétante, et qui, finalement, a perdu son influence et son prestige auprès de ces alliés d’antan.

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Né dans un chaudron, j'ai développé une curiosité maladive qui m'a amené à me passionner pour l'international. Serpentard adoubé et champion de Cramois'Île, je collabore notamment avec Ijsberg Magazine, Grafitee ainsi qu'Impact Magazine. Entre Ukraine et Islande, me voici de retour après 6 000 km à travers la Scandinavie.

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