Maldives : quand l’enfer s’invite au paradis

Lorsqu’on évoque les Maldives, ce sont avant tout des images paradisiaques qui viennent à l’esprit car oui, l’île a en apparence tout de la parfaite destination touristique. Décor de rêve, soleil, hôtels de luxe, tout est mis en œuvre pour plaire aux vacanciers. En ce qui concerne les Maldiviens, la situation est bien différente car le pays applique la loi islamique, et ce depuis l’arrivée au gouvernement de fondamentalistes en 2011. Pourtant, au moment du départ du Président Gayoom en 2008, mettant fin à des années de dictature, tous les espoirs étaient permis. La transition démocratique semblait s’être bien amorcée. Malheureusement, les démons du passé n’ont pas tardé à refaire surface.

La montée en puissance d’un l’Islam radical

Malgré la mise en place en 2008 d’une nouvelle constitution, et l’arrivée au pouvoir d’un Président élu, Mohamed Nasheed, membre du Parti démocratique maldivien, les fondamentalistes ont réussi à s’accaparer le pouvoir. En effet, c’est autour de la religion que les différents mouvements d’opposition ont fini par se rallier, formant alors un bloc contre la présidence de M. Nasheed, qui sera poussé à démissionner en septembre 2012. C’est son vice-président, Mohamed Waheed, qui prendra sa succession en attendant la mise en place de nouvelles élections. Celles-ci auront lieu en 2013 et donneront Abdulla Yameen, le demi-frère de l’ancien dictateur Gayoom, vainqueur. Déjà en 2012, dans son rapport « Sous la plage, les pavés », la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), dénonçait les atteintes graves commises à l’encontre du droit des femmes ou de la liberté d’expression. Elle pointait aussi le risque de la remise en cause du moratoire de 1953 sur l’application de la peine de mort. Il n’aura pas fallu longtemps pour que le risque devienne réalité.

Abdulla Yameen, Président de la République des Maldives

Abdulla Yameen, Président de la République des Maldives

La peine de mort pour les enfants

Depuis le 27 avril 2014, un enfant de sept ans peut être condamné à mort aux Maldives. Cela concerne les « peines fixes », dites hudud, c’est-à-dire prescrites par le Coran. Elles sont au nombre de sept, et on y compte par exemple le vol, la consommation d’alcool ou l’apostasie. Par ailleurs, la responsabilité criminelle étant fixée à 10 ans, un mineur jugé coupable de meurtre peut être condamné à mort. Pourtant les Maldives ont ratifié la Convention internationale de droits de l’enfant qui interdit l’application de la peine de mort à l’encontre de tout individu de moins de 18 ans, et ce dans son article 37.

Une pression internationale limitée

Aujourd’hui, beaucoup sont de ceux à promouvoir le boycott des Maldives. Il parait en effet inconcevable de jouer aux touristes alors que le gouvernement bafoue les droits de l’homme en toute impunité. Certains avanceront l’idée que le tourisme peut aussi représenter un moyen d’ouverture idéologique. Si la théorie fait sens sur le papier, la pratique vient malheureusement la contredire. En effet, au contraire de pays comme la Tunisie, le Maroc ou l’Algérie, les contacts entre les vacanciers et la population maldivienne sont quasi absents. Les touristes évoluent dans une véritable bulle. De plus, le tourisme aux Maldives concerne surtout des gens très fortunés, dont le but premier est rarement la découverte de la population locale. Mais surtout, le boycott de l’île réduirait drastiquement les ressources de l’Etat, qui pourrait en reporter les conséquences sur la population en se montrant encore plus strict à son égard.

A l’heure actuelle, les régimes islamistes tiennent de moins en moins compte de ce que les autres pays peuvent penser d’eux. Ils se considèrent investis d’une véritable mission de moralisation et sont plus que jamais fiers de défendre un nouveau modèle sociétal, qu’ils veulent en adéquation avec les valeurs de l’Islam.

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Auteure passionnée et touche-à-tout, je prends plaisir à user de mon merveilleux clavier d'ordinateur pour rédiger des articles divers et variés. Et comble du comble, mon clavier a l'air d'aimer ça.

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