Mars One : Un projet réalisable ?

Mars One est un projet initié par un ingénieur en mécanique néerlandais, Bas Lansdorp, qui consiste à envoyer 24 hommes et femmes sur Mars, afin de la coloniser. Selon lui, la survie de l’humanité pourrait bien, un jour, dépendre de cette installation extra-terrestre. Ce projet suscite donc de nombreuses questions. En effet, chaque jour nous rapproche du grand départ pour Mars. C’est un fait, la conquête de l’espace a toujours fasciné l’homme. Alors, dans quelles mesures ce projet pourra-t-il voir le jour ? Dans cette analyse, le Suisse Steve Schild, l’un des 100 derniers candidats en lice pour ce voyage hors du commun, nous livre ses impressions.

Le projet Mars One

Le projet se précise peu à peu. Sur les 202 586 candidats annoncés au Round 1 par le site officiel du projet, il n’en reste aujourd’hui plus que 100. La planète Mars, de par sa géologie et sa distance de la Terre (ndla : seulement 6 à 8 mois sont nécessaires pour l’atteindre), est la plus propice à une installation de l’homme. Pour l’heure, seul le robot Curiosity arpente le sol de cette planète, notamment à la recherche d’eau, et ce depuis 2012.

Mars One - © Flickr

Mars One – © Flickr

Il ressort des recherches réalisées sur Mars que sa richesse en termes de ressources naturelles fait d’elle la planète la plus habitable. Selon le site officiel de la mission, à partir de 2025, hommes et femmes terriens seraient donc envoyés en aller simple sur la planète rouge. Un départ sans retour. Les allers-retours des astronautes représenteraient en effet un coût trop important. (800 kilos de nourriture, 3000 litres d’eau, et 700 kilos d’oxygène). Selon les fondateurs du projet, l’opération serait financée par des investisseurs du secteur privé.

Un projet fiable ?

Le projet d’envoyer des hommes et des femmes issus de tous corps de métiers peut en effet surprendre. La sélection des candidats ne se fait pas en fonction du métier qu’ils exercent, puisqu’ils seront de toute façon formés à un grand nombre de métiers. Ils apprendront notamment à cultiver, réaliser des travaux de plomberie, d’électricité, l’installation de panneaux solaires… Cette formation se déroulera en Amérique du Sud, sous les yeux du monde entier, puisque l’entrainement sera réalisé sous forme de télé-réalité. Steve Schild travaille pour sa part dans les ressources humaines actuellement, mais finira par être polyvalent pour le grand départ. « Peu importe notre métier à la base, nous allons apprendre suffisamment de choses. »

Steve Schild, candidat suisse - © Flickr

Steve Schild, candidat suisse – © Flickr

Les dernières nouvelles du projet Mars One proviennent d’un ancien candidat irlandais, Joseph Roche, qui, par le biais du site Medium, a annoncé les modalités de recrutement : « un questionnaire simpliste, un certificat médical du médecin traitant et une vidéo de présentation. » Ce que confirme Steve Schild, pour qui le système de recrutement a été le même. « Un CV, un certificat médical, et un entretien de quinze minutes avec le Docteur Norbert Kraft. »

Dans cette même interview, l’on apprenait également que Joseph Roche n’avait à aucun moment rencontré l’un des membres du projet Mars One. Selon lui, les candidats sélectionnés seraient ceux ayant réalisé les dons d’argent les plus importants ; argument immédiatement nié par Bas Lansdorp, le fondateur de Mars One. Pour sa défense, ce dernier affirme que certains candidats éliminés avaient fait des donations, tandis que certains des cent derniers en lice n’en avaient jamais fait un seul.

Selon Mars One, le coût prévisionnel annoncé pour cette mission serait de l’ordre de 6 milliards de dollars.

Toujours sur le site Medium, Joseph Roche évoquait même le fait que leurs interviews aient été monnayées (75% des bénéfices leur seraient proposés par Mars One). Toujours en quête de fonds, le candidat révèle que les nominations fonctionnent également grâce à un système de points s’obtenant d’une manière plus commerciale que scientifique. « La seule façon d’obtenir plus de points est d’acheter des produits franchisés ou de faire des dons d’argent ».

Selon Mars One, le coût prévisionnel annoncé pour cette mission serait de l’ordre de 6 milliards de dollars. Selon certaines agences spatiales, il semblerait cependant que ce projet coûte plusieurs dizaines de milliers de dollars. D’après Pierre Brisson, le Président de la Mars Society Switzerland, il faudrait dès à présent consacrer 50 milliards de dollars sur dix ans au projet Mars One.

Avant même ces révélations, les médias britanniques considéraient ce projet de conquérir Mars comme impossible à réaliser, tant sur le plan financier que technique, ou encore physique.

Des problèmes éventuels liés aux radiations cosmiques, aux complications médicales liées au développement de l’Homme sur une planète sans gravité, ou encore une incohérence entre les ressources nécessaires et le budget prévu étaient alors évoqués. Pour ce qui est des problèmes liés aux radiations cosmiques (question qui revient le plus souvent), Steve Schild reste confiant, indiquant que « le module de transit sera équipé d’un bouclier spécial ».

En février 2015, Gerard Hooft, un physicien néerlandais, parlait au journal britannique The Guardian d’un planning « hautement irréaliste ». Pourtant, Steve Schild, le candidat suisse, affirme « de source sûre que d’un point de vue technologique, il n’y aura aucun problème. Toute la technologie employée pour ce projet est déjà existante. »

Marchands de rêve ?

Finalement, le projet Mars One aura-t-il lieu ? Seul le temps le dira. Comme l’avait déclaré Florence Porcel, ex-candidate française au projet, « ce sont les rêves qui font avancer l’humanité ». En attendant, l’optimisme et l’enthousiasme des fondateurs et candidats à ce projet pourraient tendre à faire rêver le commun des mortels et donner l’illusion que cette expédition n’est pas complètement hors de portée.

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Titulaire d'un diplôme européen d'études en journalisme, je suis touche à tout, mais je m'intéresse tout particulièrement aux thématiques culturelles.

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