Maxine Helfman, photographe et provocatrice

Basée à Dallas, Maxine Helfam présente actuellement à Bangkok son dernier travail, « Historical Correction », qui nous ramène à l’âge d’or des peintres flamands et Hollandais du XVIIème siècle. A un détail près : les sujets ne sont pas européens, mais bien d’origine africaine.

Alors que les Etats-Unis sont en proie à des tensions entre la police et la communauté afro-américaine, la photographe Maxine Helfman présente sa dernière série de portrait, titré « Historical Correction ». Autrefois commandés par la haute bourgeoisie européenne, les portraits de style flamands ont été détournés par cette photographe de 61 ans. Même lumières, même codes vestimentaires, elle a simplement remplacé les sujets d’origines, à savoir des blancs, par des personnes de couleurs. L’objectif ? A travers cette série, l’artiste a cherché à créer une documentation historique d’une population qui n’en a jamais eu, à savoir les victimes de l’esclavagisme.

962_1ynohtna

Son arme : la provocation

Maxine Helfman aime provoquer. Elle cherche à amener le spectateur à se sentir gêné à travers des situations parfois inattendues, s’appuyant souvent sur des codes vestimentaires. Dernières en date, les séries montrant de jeunes garçons en tenue de jeunes filles. Ou encore des femmes peintes en noires et habillées en Geishas.

Pour ne pas tomber dans l’excès, la photographe prend soin « de consulter d’autres artistes, d’avoir leur expertises. Je prends grand soin à être respectueuse », confie t-elle à CNN.

Dénoncer l’esclavagisme passé, tout en dénonçant l’inégalité raciale encore bien trop présente dans notre société : « quand j’ai pris ces clichés nous n’avions pas des problèmes aussi denses que ceux auxquels nous faisons face aujourd’hui, d’un point de vue racial. Au cours de ma vie, je les ai vu ressurgir encore et encore pour parfois s’enflammer à nouveau, et cela montre juste que nous n’y sommes toujours pas ».

Pour elle, cette série est avant tout « une contradiction » avec l’histoire des inégalités raciales américaines.

948_1aznawm

Le retour de la mode flamande

Il n’est aujourd’hui pas rare de retrouver ce style flamand revisité par différent artistes contemporains. Le photographe Sacha Goldberger et sa série « Super Flemish » en est bien l’exemple le plus marquant. A l’instar de Maxine Helfman, le français a voulu reprendre les codes de cette peinture du XVIIème siècle tout en y imprégnant notre culture. Dans cette série, Batman et Robin posent tel des bourgeois d’autrefois, ainsi que le Joker, ou encore Superman.

  • share on facebook
  • share on twitter
  • share on google+

Né dans un chaudron, j'ai développé une curiosité maladive qui m'a amené à me passionner pour l'international. Serpentard adoubé et champion de Cramois'Île, je collabore notamment avec Ijsberg Magazine, Grafitee ainsi qu'Impact Magazine. Entre Ukraine et Islande, me voici de retour après 6 000 km à travers la Scandinavie.

    Votre avis

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.