Mondial du tatouage 2015 : un avant goût

A l’approche du mondial du Tatouage qui se tiendra à Paris le 6, 7 et 8 mars prochain, un point sur les tatoueurs en vogue à travers le monde. Décryptage d’un art vieux de plus de plusieurs milliers d’années. Plus de 300 artistes seront présents à cette occasion. Parmi eux, Owen Williams et Ael Lim, nous parlent de leur travail.

Du 6 au 8 mars 2015, se tiendra, à la Grande Halle de la Vilette, à Paris, le Mondial du Tatouage, l’un des plus grands rassemblements de tatoueurs à travers le monde. L’occasion de se pencher sur ce que l’on appelle désormais le 10e art.

Au commencement

L’art du tatouage puise ses sources en Eurasie, au Néolithique. A cette époque, les tatouages étaient vus comme une manière de se protéger contre la maladie. Partout dans le monde, le tatouage est pratiqué depuis la préhistoire. Pays celtiques, Grèce, Rome antique, le tatouage a toujours été réalisé au service de la religion, mais aussi en tant que marquage social, ou encore en tant qu’habillement. Dans l’Egypte Antique, des corps momifiés ont été retrouvés, les bras et les épaules ornés de tatouages, représentant la plupart du temps, des lignes parallèles et suites de points. Selon les croyances, ces tatouages pouvaient également être le symbole de leur foi en une divinité. A l’âge de fer, en Asie, les chamanes portaient parfois des tatouages représentant des animaux fantastiques. Ces marques étaient un signe de protection et de dévotion.

© Flickr

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Au fil du temps, le tatouage s’est démocratisé. Peu à peu, les tatouages ont fleuri sur la peau des hommes, des femmes, issus de tous milieux et de toutes classes sociales. Le tatouage, introduit en Europe par le biais des marins, était alors mal considéré. Paradoxalement, le tatouage était à l’origine, un symbole d’intégration sociale.

Ael Lim et Owen Williams, deux des quelque 322 tatoueurs présents au Mondial du tatouage (liste non exhaustive), ont accepté de nous livrer les secrets de leur passion pour le tatouage.

Pour Owen Williams, un Australien qui participera au Mondial du Tatouage pour la troisième fois, le tatouage a toujours fait partie de sa vie. A l’école, il dessinait des tatouages sur les bras de ses camarades, afin de payer son déjeuner. Puis, progressivement, il a fait de sa passion son métier.

Son style ? Il le puise dans l’art du tatouage traditionnel japonais. Il s’agit d’une forme de tatouage pratiqué entre l’an 1600 et l’an 1868 (période de l’Edo). Ces tatouages étaient alors réalisés sur les criminels, comme marquage social, mais aussi sur les héros de guerre. Ils représentaient toutes sortes d’animaux légendaires : dragons, ou tigres notamment. Tous ces tatouages, encore aujourd’hui, sont inspirés des légendes japonaises.

Cet artiste tire son inspiration des tatouages de Filip Leu, mais aussi du célèbre graphiste tchèque, Alphonse Mucha.

© Owen Williams

© Owen Williams

Emergence d’un style avant-gardiste

Ael Lim, quant à lui, propose un style tout à fait différent. Après s’être essayé à la reproduction réaliste de portraits, ce jeune artiste originaire de Singapour s’est orienté vers ce qu’il appelle « l’abstraction expérimentale ».

L’expérimentation du style abstrait permet de développer le côté technique et expressif de l’artiste que je tente de devenir.

© Ael Lim

© Ael Lim

Cet art requiert à la fois de grandes qualités techniques, mais aussi une grande sensibilité. La difficulté supplémentaire, lorsque l’on aborde l’abstrait, est de faire passer une émotion à travers une image. En découle un oeuvre unique, mariage entre la volonté du tatoué, et la touche personnelle du tatoueur.

C’est ainsi que, tout en poésie, Ael Lim nous confie ses inspirations.

[…] les détails présents dans la nature, le flux et l’énergie de l’art, quelque soit le style, quand l’inspiration est bonne, cela transmet la bonne énergie à travers mon travail.

D’abord symbole communautaire, spirituel, marque punitive, symbole d’exclusion, puis à nouveau signe d’intégration dans la communauté, et maintenant œuvre d’art à part entière, l’art du tatouage s’est bel et bien installé dans les mœurs. Aujourd’hui, un français sur dix serait tatoué.

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Titulaire d'un diplôme européen d'études en journalisme, je suis touche à tout, mais je m'intéresse tout particulièrement aux thématiques culturelles.

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