Peine de mort : La Hongrie divise l’Union Européenne

Depuis le mois d’avril dernier, la Hongrie est bouleversée par le meurtre d’une jeune femme de 19 ans, vendeuse dans un bureau de tabac.

A la faveur de ce fait divers tristement sordide, le sulfureux Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a immédiatement relancé le débat sur la peine de mort dans son pays, annonçant ainsi que la peine capitale devait  » être remise à jour « .

Néanmoins, d’autres voix se sont élevées en Hongrie ces dernières semaines à l’encontre d’une autre loi.

En effet, tous les magasins vendant du tabac sont aujourd’hui dans l’obligation de posséder des fenêtres teintées ou opaques, afin que les marchandises en vente ne soient pas visibles de la rue, et en particulier par les jeunes générations.

Selon les détracteurs du Premier ministre local, sans cette loi considérée comme absurde, la vie de la vendeuse aurait pu être sauvée.

Viktor Orban – © Flickr

L’Union Européenne met les pieds dans le plat

Même si Viktor Orban a l’habitude de jouer la carte du populisme, et qu’il aime s’adonner parfois à des provocations verbales douteuses, l’Union Européenne a immédiatement réagi à cet effet d’annonce.

L’organisation internationale n’a que modérément goûté l’éventuel bluff du responsable de l’un de ses états membres.

Martin Schulz, Président du Parlement Européen, a ainsi immédiatement contacté le Premier ministre hongrois pour vérifier la véracité de cette annonce, et, par la même occasion, lui rappeler que l’un des principes fondateurs de l’Union était l’abolition de la peine de mort, et qu’il s’agit ici d’une condition intangible pour en faire partie.

Martin Schulz – © Flickr

Les Hongrois et la peine de mort

Même s’ils sont dépeints comme ultra-conservateurs selon les médias occidentaux, les Hongrois sont loin d’être des fanatiques de la peine de mort, abolie dès 1990, en parallèle du démantèlement du bloc de l’Est et de la désagrégation de l’URSS.

Si, en 2007, à peine trois ans après leur adhésion à l’Union Européenne le 1er mai 2004, ils étaient plus de 60% à demander l’application de la peine capitale, ils n’étaient plus que 52% à la considérer comme indispensable en 2013.

Finalement, Viktor Orban ne fait que chercher à recréer une demande qui tend à s’amenuiser au sein même de la population, probablement dans le but de continuer à voir sa politique être uniquement jugée sur des aspects sécuritaires et non économiques.

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Manifestation pro-européenne à Budapest – © Flickr

Orban, un habitué des dérapages ?

Ce n’est pas la première fois que le Premier ministre hongrois s’attire les foudres de l’Union Européenne, plus particulièrement de la part des ailes libérales et sociaux-démocrates du Parlement.

Il y a deux ans, sa réforme constitutionnelle était déjà pointée du doigt comme liberticide, et comme remettant en cause les principes démocratiques de base.

En 2014, Orban se voyait reprocher par Bruxelles son contrôle de plus en plus important sur les médias locaux. Il a aussi été critiqué ouvertement sur les rapports qu’il entretient avec ses voisins, en particulier la Roumanie et la Slovaquie, dans un contexte marqué par la présence de fortes minorités hongroises dans ces deux pays, mais aussi de ressortissants slovaques et roumains en Hongrie.

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Diplômé d’un Master d’Histoire, je suis un passionné de l’actualité internationale en général, avec une préférence pour l’Europe de l’Est, ses peuples et ses cultures.

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