Prix Nobel de la paix 2014 : symbole d’espoir ou d’utopie ?

Le prix Nobel, qui récompense des personnes dans différents domaines comme l’économie, la littérature, la physique ou encore la paix, est une de ces actualités dont il fait bon parler. Car une fois n’est pas coutume, il met en avant le meilleur de l’humanité. Comme chaque mois d’octobre, nous apprenons donc peu à peu le nom de ces personnes qui consacrent leur vie à la connaissance, à la littérature ou encore à la promotion de la paix.

La remise du prix Nobel de la paix est toujours un évènement très attendu et qui crée souvent la polémique. Il ne pourrait en être autrement car les attentes sont bien sûr très élevées. Nombreuses sont les personnes ou organisations à travers le monde qui consacrent leur vie à la défense de causes humanitaires ou des droits de l’homme. Alors il est souvent difficile de satisfaire toutes les attentes.

Un prix des plus symboliques

Cette année, le prix Nobel de la paix a été remis à deux personnes. A Malala Yousafzai d’abord, la plus jeune lauréate depuis la création de cette récompense en 1901, et à Kailash Satyarthi. Tous deux sont impliqués dans la promotion du droit des enfants. Mais la portée du message derrière cette récompense internationale va plus loin. Malala est pakistanaise, Kailash Satyarthi est indien et hindou. En début de semaine, les hostilités ont repris entre le Pakistan et l’Inde dans la région du Cachemire faisant dix-neuf morts. Alors oui, ce prix Nobel de la paix a une saveur toute particulière. Les deux lauréats ont déclarés qu’ils feraient tout pour utiliser ce prix comme moyen de rapprocher leurs deux pays. L’intention est louable, et c’est après tout ce qu’on attendait d’eux, mais malheureusement, il y a peu de chances que cela se produise un jour. De plus, Malala ne fait même pas l’unanimité dans son pays, accusée souvent d’être un instrument de propagande de l’ouest.

Inde-Pakistan : d’un conflit à l’autre

Depuis l’indépendance, l’Inde et le Pakistan n’ont eu de cesse d’entrer en conflit, le plus souvent armé, sur la question du Cachemire.  La République indienne revendique la totalité du territoire, mais depuis 1949 et le cessez-le-feu décrété par l’ONU, le Pakistan administre la partie située au nord de la ligne de contrôle qui divise de facto le Cachemire en deux zones. La majorité des habitants sont musulmans et depuis 1989, un islam militant n’a eu de cesse de se développer. Par ailleurs, en 2002, les élections dans l’Etat fédéré du Jammu-et-Cachemire, un des vingt-neuf Etats de l’Inde,  ont donné les autonomistes vainqueurs, avec cependant un faible taux de participation d’environ 44% [1]. La République indienne n’a jamais voulu mettre en place un référendum d’autodétermination, car elle considère que le Pakistan ne fait qu’ « encourager les incursions de combattants islamistes, qui bénéficieraient de l’aide des services secrets d’Islamabad, l’Interservices Intelligence Agency (ISI) »[2]. Pour le Pakistan, ce refus de l’Inde de reconnaître l’autonomie du Cachemire « est vécue comme le refus de la Partition, de l’existence même du Pakistan et de sa vocation historique à accueillir et garantir les droits des musulmans »[3].

On peut donc raisonnablement penser que, suite aux violences de ces derniers jours, la situation n’est pas prête de s’améliorer, prix Nobel ou pas. Une nouvelle guerre pourrait même voir s’opposer  comme par le passé ces deux frères ennemis.


[1] « La question du Cachemire », http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/inde-pakistan/cachemire.shtml

[2] Idem

[3] Idem

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Auteure passionnée et touche-à-tout, je prends plaisir à user de mon merveilleux clavier d'ordinateur pour rédiger des articles divers et variés. Et comble du comble, mon clavier a l'air d'aimer ça.

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