Référendum sur l’indépendance : peut-on vraiment parler d’une défaite des indépendantistes écossais?

Le 18 septembre 2014, les Ecossais ont marqué l’Histoire. Ils ont pris part en masse au référendum sur l’indépendance de leur pays. Près de 85% d’entre-eux se sont déplacés aux urnes, et pour la française que je suis, cela vend du rêve, croyez-moi. Aux abords du Parlement jeudi soir, l’ambiance était plutôt bonne enfant, supporters du OUI et du NON prêts à affronter ensemble les rigueurs de la nuit afin de suivre étape par étape les résultats. Enfin, aux alentours de six heures du matin, la démocratie a parlé : 55,3% des suffrages contre l’indépendance, 44,7% en sa faveur. Immense déception pour certains, soulagement pour d’autres comme David Cameron qui s’est déclaré heureux de la décision prise par les Ecossais. Mais l’histoire est bien loin d’être finie. Le gouvernement de Westminster a du souci à se faire, car si les Ecossais ont dit non à l’indépendance, ils restent pour beaucoup d’entre-eux convaincus des bienfaits de la dévolution.

Le Royaume-Uni en pleine crise institutionnelle

Un des arguments majeurs du SNP pour convaincre les Ecossais de la nécessité de l’indépendance a reposé sur la dénonciation d’une trop grande centralisation au sein du Royaume-Uni, avec des décisions prises par Westminster dans l’intérêt surtout de Londres, sans tenir grand compte du reste du royaume. Cet argument semble avoir porté ses fruits, puisque les trois partis d’opposition écossais ont soutenu la mise en place d’une plus large dévolution, à laquelle David Cameron a répondu par la positive. La question de la centralisation des pouvoirs par Westminster est en effet une des causes principales de la désunion qui s’opère depuis des années au sein de Royaume-Uni et le référendum sur l’Ecosse aura eu le mérite de faire prendre conscience au gouvernement central de la nécessité d’une refonte institutionnelle.

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Une défaite officielle, une victoire officieuse

Même si les indépendantistes n’ont pas remporté le référendum, ils ont marqué de nouveaux points. D’abord, ils ont réussi à poser la question de l’indépendance par référendum, ce qu’une bonne partie de leurs supporters souhaitaient depuis longtemps et se sont montrés à même de mener une campagne de haute tenue, malgré quelques failles comme la difficulté à donner une réponse convaincante quant à la question de la monnaie. Certes, l’Ecosse n’est pas indépendante mais c’est sans doute un mal pour un bien pour le parti d’Alex Salmond. Après tout, les incertitudes étaient nombreuses et un OUI aurait pu porter un coup fatal aux indépendantistes, en ce sens que l’échec d’une Ecosse indépendante aurait été impardonnable et aurait fait sombrer le SNP. Aujourd’hui, l’avenir lui sourit : il a gagné en respect, notamment à l’échelle internationale, et va pouvoir continuer à mettre en place sa politique dans une Ecosse en marche vers une dévolution « maximale ».  Les indépendantistes sortent de ce référendum plus crédibles que jamais. Malgré tout, Alex Salmond a décidé de quitter son poste de premier ministre et de leader du SNP. Quoi qu’il en soit, il aura redonné à l’Ecosse un nouveau souffle. Reste à savoir maintenant si le SNP parviendra à rester un parti uni, car les résultats du référendum ont selon certains analystes politiques créé des divisions, avec plusieurs courants qui s’affronteraient en interne.

Le 18 septembre 2014 en Ecosse, une page s’est tournée…mais l’histoire est bien loin d’être finie! Suite au prochain épisode donc. Chì mi a dh’aithghearr thu ! *

*A bientôt en gaélique écossais

 

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Auteure passionnée et touche-à-tout, je prends plaisir à user de mon merveilleux clavier d'ordinateur pour rédiger des articles divers et variés. Et comble du comble, mon clavier a l'air d'aimer ça.

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