Ricardo Dos Santos, surfeur et victime

Il n’avait que 24 ans et était l’étoile montante du surf. Il est l’une des –nombreuses- victimes d’une police corrompue, prête à dégainer sans aucune impunité. Ricardinho nous a quitté.

Ricardo Dos Santos était aimé. Aimé par les jolies filles squattant les bancs de chaque contests, mais également aimé par ses concurrents. Y compris Kelly Slater. C’est pour dire.

Et pourtant, le rider brésilien s’est éteint cette semaine à l’âge de 24 ans, victime d’une fusillade. Lundi dernier, non loin de Palhoça, le tube-rider effectuait des travaux chez lui, en compagnie de son grand-père. A l’extérieur, un véhicule se serait garé sur le lieu de travail. Ricardinho aurait alors demandé aux deux hommes présents dans la voiture de partir. Une dispute aurait éclaté et sans suit une fusillade atteignant le surfeur à la poitrine, touchant un rein et un poumon.

D’après Le Monde, la police brésilienne tue –en service ou non- six personnes par jours. Pas moins de 11 197 personnes ont été assassinées en cinq ans.

Gravement blessé, le double vainqueur des trials du Billabong Pro Tahiti a été immédiatement transféré à l’Hôpital Sao José. Les impacts ont causé de tels dégâts dans son estomac, son foi ainsi que son pancréas, qu’il lui a fallu 48 poches de sang pour arrêter, seulement, la première hémorragie. Il succombera à ses blessures, après 48h de coma artificiel.

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©DR

Une carrière courte et puissante

Natif du sud du Brésil, le surfeur s’était spécialisé dans le ride des tubes, notamment le spot de Teahupoo. Il avait d’ailleurs fait sensation en 2011 lors de la session code red à Teahupoo. Il recevra, la même année, le Andy Irons Awards, un prix attribué au surfeur le plus engagé lors du Billabong Pro. Double champion du trials Billabong Pro Tahiti, il se fera remarqué après avoir battu Kelly Slater, 11 fois champion du monde, lors du troisième tour du Billabong Pro Tahiti en 2012.

Il faisait parti de ceux qui parcouraient le monde à la recherche de gros swell, soit d’énormes vagues.

Les dompteurs de vagues ont montré leur soutien à travers de nombreux messages, à l’instar de Kelly Slater qui tenait à rendre hommage à « l’un des plus doués, malgré sa courte existence » et de déplorer « cette perte terrible qui met en lumière le nombre de meurtres quotidiens commis au Brésil », avant d’ajouter que « notre petite communauté a encore perdu l’un des siens trop tôt ». Gabriel Medina, champion du monde et compatriote de Ricardo, ainsi que Benjamin Sanchis, le français ayant surfé la plus grosse vague du monde, ont également affiché leur peine sur les réseaux sociaux.

Ricardo Dos Santos - @henriquepinguim / Henrique Pinguim Image

Photo surf : Hawaii, in memory. #RIPRicardoDosSantos. © Henrique Pinguim

Une police criminelle, un problème institutionnelle

Les assaillants ont quant à eux été appréhendés peu de temps après. Le tireur, Luiz Paulo Mota Brentano, serait un officier de la police militaire âgé de 25 ans, accompagné par son jeune frère de 17 ans. Le chauffeur affirme avoir utilisé son arme par légitime défense, Ricardo et un autre s’étant approchés de son véhicule munis d’une machette.

Cette mort fait ressurgir un problème bien trop souvent étouffé au Brésil : les bavures policières. Luiz Paulo Mota Brentano en est l’exemple parfait. Selon les médias locaux, l’officier aurait déjà été accusé de coups et blessures ainsi que d’abus de pouvoir.

D’après Le Monde, la police brésilienne tue –en service ou non- six personnes par jours. Pas moins de 11 197 personnes ont été assassinées en cinq ans. Un chiffre incroyable qui est bien supérieur au nombre de morts victimes de la police Nord Américaine, en trente ans. Pour Renato Sergio de Lima, « Ces données montrent que le problème n’est pas une question individuelle de policier, comme le répètent à chaque fois les autorités, mais bien un problème institutionnel ».

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Né dans un chaudron, j'ai développé une curiosité maladive qui m'a amené à me passionner pour l'international. Serpentard adoubé et champion de Cramois'Île, je collabore notamment avec Ijsberg Magazine, Grafitee ainsi qu'Impact Magazine. Entre Ukraine et Islande, me voici de retour après 6 000 km à travers la Scandinavie.

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