Robotique et Intelligence Artificielle : où en sommes-nous ?

Les scientifiques du monde entier s’accordent tous sur un même objectif : développer l’intelligence artificielle. L’Asie, les Etats-Unis, la Russie, les puissances mondiales regardent dans la même direction. De la naissance de l’intelligence artificielle, dans les années 1940, à aujourd’hui, où en sommes-nous ? Quelle place l’Intelligence artificielle s’est-elle faite parmi nous ?

Les débuts de la robotique et de l’intelligence artificielle

Les débuts de l’intelligence artificielle viennent puiser leurs sources dans les années 40, avec la création de l’ordinateur. Les premiers robots, tels qu’on les connaît, ont vu le jour sur des chaines d’assemblage en automobiles, pour General Motors, dans les années 60. Dix ans plus tard, un robot, Lunokhod1, est envoyé sur la Lune par les soviétiques. Une première. Petit à petit, les robots se sont illustrés dans de nombreux domaines : du medico-social à l’armée, en passant par la défense et la sécurité. Aujourd’hui, les robots, et autres drones, ont même trouvé leur place sous le sapin de Noel, entre les mains des enfants. (lien drones jouets).

Le projet Watson d’IBM

La multinationale américaine IBM fait parler d’elle depuis quelques années avec le projet Watson. Il s’agit d’un processeur capable d’analyser une question, et d’en trouver la réponse parmi les quelques 200 millions de pages de langage naturel contenues dans sa mémoire, en moins de trois secondes.

Watson s’est notamment illustré au cours du challenge IBM, Jeopardy!. Il s’agit d’un jeu télévisé au cours duquel l’ordinateur fait face à deux des candidats les plus féroces au monde, selon IBM. En 2011, Watson, installé entre ces deux concurrents organiques, Ken et Brad, répond docilement aux questions posées par le présentateur. Et c’est un sans faute ! Car il ne s’agit pas ici de probabilité. Aucune proposition n’est suggérée aux candidats. Il ne s’agit que de questions ouvertes. Au delà de ses capacités à répondre à des questions de culture générale, ce candidat hors du commun arrive même a faire rire le public, composé les dizaines de chercheurs ayant travaillé sur ce projet. Car le processeur a la capacité de comprendre jeux de mots et ironie. Watson n’est pas seulement le candidat idéal à Question pour un Champion. Il est également mis au service de la médecine, en ce qui concerne l’établissement de diagnostics notamment.

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Charlie Wollborg – « Don’t call me Watson. That’s not my name » – © Flickr

Les robots sur tous les fronts

Très récemment, Axyn Robotique, une société française, s’est lancée dans le projet de créer un robot destiné à aider les personnes à mobilité réduite. Le projet verra le jour et sera commercialisé au printemps 2016. La robotique touche tous les secteurs. Aussi, dans un avenir plus ou moins lointain, les robots se mêleront à notre quotidien. Dans l’harmonie ?

En France, même le gouvernement se penche sur la robotique

En février 2015, le Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique organise le premier concours sur la relation robot/Homme, dans le milieu professionnel. Ce concours est vu comme une manière de rendre complémentaires l’Homme, avec ses capacités physiques et cognitives, et le robot. Selon le gouvernement, l’introduction des robots dans le milieu professionnel aiderait à rendre le marché du travail plus attractif. Mais n’est-ce pas là un risque de deshumanisation de la société ? Plus de robots, donc moins d’emplois. Ces questions ont notamment été posées par l’Alliance des Sciences et Technologies du numérique (l’ALLISTENE). La question épineuse de l’éthique a été soulevée. Dans le rapport publié par l’ALLISTENE en novembre 2014, il est expressément préconisé que les institutions de recherche fassent un travail de réflexion sur les sujets susceptibles d’avoir un impact sur la société. Pour ce faire, la collaboration avec des comités d’éthique est évoquée. Selon Daniela Cerqui, anthropologue à l’Université de Lausanne, un risque est bien présent. « Nous déléguons à ces machines de plus en plus de prérogatives de l’humain, afin qu’elles soient plus performantes que nous. On va finir par devenir leurs esclaves ».

En effet, bien que dépendants de l’homme puisque programmés par ces derniers, les robots tendent à devenir de plus en plus autonomes. Chacun doit alors avoir sa place. A l’heure où les robots prennent peu à peu forme humanoïde (Ndla : Robot japonais Ucroa), et s’émancipent de l’Homme, la question de l’étique est plus que jamais au centre du débat.

 Nous déléguons à ces machines de plus en plus de prérogatives de l’humain, afin qu’elles soient plus performantes que nous. On va finir par devenir leurs esclaves

De nombreux entrepreneurs se sont d’ores et déjà emparés du sujet. Elon Musk, cofondateur de Paypal et Tesla Motors, affirme avoir investi dans des sociétés d’intelligence artificielle, et justifie son geste « Nous devons nous assurer que les conséquences sont bonnes et non mauvaises ».

Sujet à controverse, les progrès réalisés en matière de robotique et d’intelligence artificielle sont tantôt diabolisés, tantôt idéalisés. Entre la peur d’être dépassés et l’exaltation du progrès, chacun est juge.

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Titulaire d'un diplôme européen d'études en journalisme, je suis touche à tout, mais je m'intéresse tout particulièrement aux thématiques culturelles.

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