Tidal, l’assaut de Jay Z contre le streaming musical

Un scénario écrit sur du papier à musique. Fin mars, sur Twitter et Facebook, des photos de profil sont mystérieusement remplacées par un fond bleu clair. De façon toute aussi inattendue, un hashtag se met à fleurir, #TidalforAll. Des faits qui, en somme, s’apparentent à une classique opération de communication. Une opération qui revêt soudain un intérêt particulier dès que l’on en connait l’origine: Jay Z.

Jay-Z, aux Oscars 2015 – © Getty

Le rappeur/business-man/millionaire (trois mentions qui vont de pair), accompagné d’artistes de choix (Daft Punk, Madonna, Chris Martin ou encore Kanye West) est en pleine promotion de Tidal, un service de streaming musical. Ou plutôt en promotion de son service de streaming. Le New-Yorkais de 45 ans a fait l’acquisition de Tidal en octobre 2014, racheté en même temps que la plate-forme musicale Wimp à la société suèdoise Aspiro. Une dépense loin d’être modique : 56 millions de dollars ont été mis sur la table.

Revaloriser financièrement les musiciens

Si la communication officielle autour de Tidal est bien établie – « Le but [de Tidal] est de préserver l’importance de la musique dans nos vies », déclarait il y a peu la chanteuse Alicia Keys – l’objectif sous-jacent est on ne peut plus clair : se passer de services tels que Deezer, Google Play Music ou encore Spotify. La raison majeure de cet exode est l’accès gratuit aux services de streaming, qui entrainerait une trop faible rémunération des auteurs. De nombreux artistes s’en sont plaints : Jay Z, bien sûr, mais aussi Aloe Blacc, ou encore Taylor Swift.

Taylor Swift © Sarah Barlow

Taylor Swift – © Sarah Barlow

Pour signifier son mécontentement, la chanteuse américaine fit retirer l’intégralité de son catalogue de Spotify. Elle compara la plate-forme à « une expérimentation, qui ne rémunère pas assez les producteurs et les artistes de musique ». Pour rappel, 1989, le dernier album de Taylor Swift, s’est écoulé à plus de 1,3 millions d’exemplaires en moins d’une semaine.

Se démarquer parmi une foule de semblables

Rediriger l’argent vers les « bonnes » poches, donc. Pour séduire une clientèle déjà installée (Spotify enregistre à lui seul 60 millions d’utilisateurs actifs), Tidal opte pour une politique mélomane. Les formats musicaux proposés sont en FLAC et ALAC, des formats dit « sans perte ». Ils garantissent une qualité supérieure d’écoute, contrairement au MP3, un format plus courant mais encodé « avec perte », ce qui résulte d’une qualité moindre du son. De plus, à la différence de Deezer et ses confrères, l’accès à Tidal est complétement payant (entre 9 et 19 € par mois).

La page d'accueil de Tidal

La page d’accueil de Tidal

Toutefois, Tidal n’est pas précurseur sur la fibre de la musique « premium ».  Les français de Qobuz proposent aussi de la musique au format sans perte, tout comme Deezer Elite aux Etats-Unis. En dehors de toute problématique de qualité. Tidal tente de s’imposer dans un marché déjà saturé d’acteurs (GrooveShark, Rdio, Soundcloud, Blitz, YouTube…). Avec une bibliothèque de 25 millions de titres, Tidal sera t-il à la hauteur ?

Quoi qu’il en soit, Tidal est déjà en marche. Les poids-lourds musicaux que sont Beyoncé et Rihanna ont déjà fait l’exclusivité de chansons à Tidal. Quant à Jay Z, son premier album Reasonable Doubt, s’est mystérieusement vu retiré de Spotify (en l’occurrence, pour le marché  nord-américain). La première étape avant le basculement (mondial) vers Tidal ? L’homme qui répond du nom de Shawn Carter à la ville met tout en place pour y parvenir.

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