Tiny house : plus qu’une solution, un mode de vie

Que l’on en ait déjà entendu parler ou non, la Tiny house, ou micro maison en français, se développe partout dans le monde. Par conscience écologique, par manque d’espace ou d’argent, les particuliers se laissent de plus en plus tenter par les nombreux avantages de ce petit habitat.

Des micro-maisons écologiques

Imaginez une maison de 8 mètres carrés et de 3,20 mètres sous plafond. Inhabitable, vous dîtes ? Pourtant la tiny house, micro-maison en français, est un habitat contenant tout le nécessaire à la vie quotidienne (cuisine toute équipée, salle de bains, chambre, salon, rangements), mais si bien agencée que tout tient dans un minuscule espace.

Fixe ou mobile, souvent en bois, la tiny house peut avoir une surface au sol de moins de 10m², parfois jusqu’à 30m² selon les propriétaires et les lieux. Pour optimiser l’espace au maximum, la maison dispose bien souvent d’une mezzanine dédiée à la chambre.

Tiny house snow

© Tammy Strobel

Du fait de son petit volume et du choix des matériaux de construction de la maison, les besoins en chauffage sont faibles, ce qui réduit considérablement le coût et l’impact énergétique.

Outre ses qualités écologiques, la tiny house incarne pour ses habitants l’espoir de vivre autrement. Les propriétaires des maisons à roues peuvent ainsi voyager et poser leur maison où bon leur semble pour vivre au plus près de la nature. C’est aussi le moyen de former une communauté avec des personnes partageant les mêmes valeurs.

TIny house french doors

© Tammy Strobel

Made in America

Si certains louent Le Corbusier et le cabanon qu’il appelait son  « château » en 1952 comme étant la première tiny house, le mouvement a réellement vu le jour aux États-Unis.

À la fin des années 1990, Jay Shafer décide de créer Tumbleweed (du nom de cette plante sèche qui roule au gré du vent), première entreprise spécialisée dans la construction de tiny house. Aujourd’hui, cet homme vit dans une maison de 8m². Sa motivation : réduire l’impact environnemental des maisons et refuser les espaces inutilisés et inutilisables. Dans un pays où les maisons sont de plus en plus vastes et où confort et bien vivre sont synonymes de multitude et de grande quantité, Jay Shafer désirait une maison qui réponde à tous ses besoins ni plus ni moins, sans superflu.

Après l’ouragan Katrina qui a durement touché la Louisiane puis la crise immobilière de 2008, de nombreux américains avaient alors perdu leur logement. C’est à cette date que l’intérêt pour les Tiny Houses a réellement pris son envol.

Jay shafer tiny house

© Flickr – Jay Shafer et Epu, sa première Tiny House

Dignity Village, un village entier de Tiny houses

Portland, Oregon. Avant 2001, il était illégal de camper dans la ville, donc de vivre dans la rue. En protestation à ces lois anti-SDF, un village de tentes voit le jour. Puis en 2003, la municipalité décide enfin de mettre un terrain à disposition près de l’aéroport. Des Tiny houses ont remplacé les tentes, c’est le début de Dignity Village.

À Dignity Village, chaque habitant vit dans une micro-maison. Ceux qui étaient autrefois sans-abri se remettent sur pied dans un lieu où chacun occupe un rôle et donne de son temps à cette communauté auto-gérée par ses résidents. En effet, les décisions sont prises ensemble et l’entraide est de mise. D’ailleurs, la cuisine et la salle de bain sont à partager et tout le monde connaît ses voisins. En plus, les couples peuvent vivre ensemble, contrairement à de nombreux centres pour sans-abri où les femmes et les hommes sont séparés. Et pour vivre ici, les résidents déboursent seulement 25 dollars par mois pour l’eau et l’électricité.

Dignity village house

© Cheryl Dignity Village House

L’objectif étant à terme de trouver un travail et un logement à l’extérieur, le séjour des résidents est temporaire et ne doit excéder deux ans, à l’exception de ceux qui occupent un rôle important pour la communauté. S’il y a bien sûr des règles à suivre, – ni alcool, ni drogue ni violence au risque de se faire jeter dehors – ses habitants s’attachent et ne souhaitent plus repartir. En redonnant de l’autonomie à chacun, cette transition aide les anciens sans-abri à prendre un nouveau départ.

Une solution temporaire pour les uns et un véritable mode de vie pour les autres, cette initiative montre qu’il est possible de vivre autrement. Le fait est que ce choix de vie conquiert également des personnes aux revenus plus aisés, à l’instar de Jay Shafer, qui ont réalisé qu’elles n’avaient pas besoin d’une grande propriété remplie d’objets pour être heureux et vivre confortablement. Dans leurs tiny houses, les habitants se sentent plus libres et plus proches de ce qui est à leurs yeux essentiel. Alors, prêts à passer le cap ?

Pour voir des photos de l’intérieur et de l’extérieur de l’Epu de Jay Shafer : http://www.latinyhouse.com/inspiration/

  • share on facebook
  • share on twitter
  • share on google+

Auteure passionnée à la plume tenace et à l'appétit vorace pour les idées qui claquent.

    Votre avis

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.