Trafiquants, pédophiles et autres névrosés: la dark side du net

En 1998, un dénommé Ian Clarke, jeune étudiant en informatique à l’université d’Edimbourg, décide de mettre au point un moyen révolutionnaire d’accéder à Internet de manière libre et anonyme. Son programme, ‘freenet’, voit le jour en 2000 et ne cesse d’attirer l’attention de la planète Geek.

Trafiquants de drogues, pédophiles, ou encore tueurs à gage voient en TOR un moyen efficace de globaliser leur activité tout en préservant leur anonymat.

Quelques années plus tard, le laboratoire de recherche de la marine américaine sponsorise le développement du projet TOR. Un réseau ultra-sécurisé, anonyme et gratuit qui a pour principal but de promouvoir le droit d’expression des dissidents et autres militants de la liberté dans le monde. Permettant l’accès à des adresses non indexées par les moteurs de recherche classiques (Google, Bing), le réseau ouvre les portes du ‘darkweb’, une zone bien plus sombre de la révolution Internet.

odriPeu a peu, le réseau TOR se transforme en un véritable bordel virtuel. Trafiquants de drogues, pédophiles, ou encore tueurs à gage voient en TOR un moyen efficace de globaliser leur activité tout en préservant leur anonymat. Un site va particulièrement aider au développement de cet e-commerce sous-terrain. Etabli en 2009, Silk Road (Route de la Soie) se présente comme la dark version d’Amazon. La plateforme regroupe dealers et consommateurs en un même lieu pour faciliter l’achat et la vente de produits illicites.  Afin d’effacer toute trace de transaction, les paiements sont effectués via ‘bitcoin’, une monnaie virtuelle souvent réservée aux achats en ligne. Plus besoin d’aller pecho ta cam, elle t’est livrée directement chez toi grâce à des subterfuges ingénieux pour éviter les douanes.

Le site rencontre un tel succès – 1.2 million de dollars de revenu par mois en 2012 – que de nombreux concurrents vont émerger. Le plus sérieux d’entre eux se nomme Atlantis et reproduit nombre des caractéristiques de son prédécesseur. Pour se différencier, le site a décidé de promouvoir son activité publiquement tout en offrant de nombreux avantages financiers aux vendeurs rejoignant leur plateforme. Inévitablement, l’expansion rapide d’Atlantis constitue une réelle menace pour l’hégémonie du géant Silk Road. Mais au-delà de l’aspect compétitif, on retient surtout que ce marché commence à s’imposer comme une entité à part entière.

Du coup, on se demande si le gouvernement américain n’est pas, malgré lui, à l’origine de l’émergence de ce renouveau du trafic international. Quelques points positifs viennent éclaircir le tableau avec notamment l’usage du réseau dans les récentes révolutions arabes ou encore le démantèlement  de Lolita city, un véritable El Dorado pour détraqués en quête d’images pédopornographique. C’est d’ailleurs le fameux groupe d’hacktivistes, Anonymous, fervents utilisateurs du programme, qui est à l’origine de l’arrestation de plus d’un millier de pédophiles. Mais comment faire le lien entre le gouvernement américain et cette révolution digitale du marché noir sans pour autant les condamner à TOR?

  • share on facebook
  • share on twitter
  • share on google+

Avec un pied dans le réel et l'autre dans le monde digital, mes intérêts s'étendent à toutes les connexions qui relient l'Homme à son environnement.

Votre avis

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.