Victor Serna – Mehdi Hajajji: Réalisateurs du webdocumentaire Catacombes

Le documentaire interactif Catacombeshistorias del subsuelo de Paris, de l’espagnol Victor Serna et du français Mehdi Hajajji, nous embarque pour une visite à vingt lieux sous la terre, ou presque. Les deux aventuriers nous emmènent au-delà du parcours touristique balisé pour nous faire découvrir un environnement à la fois mystique et alternatif. Façonné par des évènements historiques et des influences artistiques, Victor et Mehdi nous proposent une immersion dans la communauté cataphile.

Combien de temps ça vous a pris pour réaliser ce documentaire?

« Cela nous a pris trois ans. Un an de pré-production avec du repérage et beaucoup de photos pendant mon Erasmus à Paris. Les deux années suivantes nous avons fait plusieurs allers-retours entre l’Espagne et la France pour continuer à filmer et mettre au point les différents épisodes. La dernière année, on s’est concentré sur la post-production et la mise au point des interactions. »

Le doc est partagé en 4 parties, le bunker nazi, les fêtes souterraines, la plage et les cimetières souterrains, quel est votre endroit fétiche?

« Je crois que je n’ai pas de lieu préféré. Ce qui te procure le plus d’adrénaline, c’est juste le moment de la descente. Une fois que tu es sous terre, tu y vas tranquille, tu te déplaces d’un endroit à un autre. C’est sûr qu’il y a certains endroits que tu vas préférer, à cause d’une histoire ou d’un événement, mais le meilleur reste la descente avec son côté un peu stressant. Une sensation que tu ne retrouves pas forcément tout le temps une fois en dessous. »

Ce qui t’attires le plus c’est d’être coupé du monde, être dans une autre dimension, de créer ton univers alors qu’en même temps tu es dans/sous ta ville avec ses règles et ses limites.

Une partie du documentaire évoque les soirées hebdomadaires qui se passent dans les catacombes, tu as des anecdotes croustillantes?

« Chaque descente est différente et chacun la vit à sa manière, tout dépend ce que tu y amènes et sur qui tu tombes. Cela peut aller de l’exploration express de quelques heures, à la descente en groupe d’une vingtaine d’heure. Tu peux te trouver au milieu d’une embrouille, ou faire une crêpe-party. Participer à une teuf d’une centaine de personnes, ou croiser une famille le dimanche. »

Catacombes_Poster

Une soirée dans les catacombes ça s’organise comment?

« Rendez-vous à l’endroit d’accès, tu descends le puits à échelons et voilà! »

Qu’est-ce qui est le plus excitant, le risque d’être arrêté ou le danger de se balader à 6 pieds sous terre?

« Je ne vois pas en quoi le fait d’être arrêté ou de se dire que c’est dangereux peut être excitant. Ce qui t’attires le plus c’est d’être coupé du monde, être dans une autre dimension, de créer ton univers alors qu’en même temps tu es dans/sous ta ville avec ses règles et ses limites. Bien sûr tu n’oublies jamais que c’est interdit ou que tu peux te cogner. Mais la magie du lieu te fait passer cela au second plan. Malgré tout, tu en as conscience et tu fais gaffe. »

Demain si tu tombes nez à nez avec un flic, c’est combien le montant de l’amende?

« Il y a quelques années, une soixantaine d’euros. »

Malgré l’absence de hiérarchie, y a-t-il des groupes plus influents que d’autres au sein des cataphiles?

« Selon les époques oui, tu as toujours des petits groupes qui se font connaître. Tu as les anciens, les nouveaux, ceux qui font des fêtes, ceux qui font des salles, certains se font connaître parce qu’ils ont ouvert des lieux, d’autres pour leur art, ou l’ambiance qu’ils apportent dans les catacombes. »

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Dans le documentaire vous évoquez notamment « Les Rats », à l’origine du dessin de la vague dans le lieu-dit « la plage », aujourd’hui encore c’est un lieu privilégié pour les artistes?

« J’ai peint quelques fois sous terre, et c’est vrai que la plage c’est pas mal. Il y a de la place, et certaines peintures peuvent y rester des années.

Bien que ce ne soit pas vu par tant de monde que cela, c’est un bon endroit pour peindre ou sculpter, tu y es tranquille, et tu peux prendre ton temps, pas forcément comme à la surface.

Après, certaines fresques vont rester plus longtemps, comme celle de la vague car elles représentent beaucoup plus qu’un simple tag. Il y a souvent une histoire derrière, celle d’une époque, d’un groupe de gens qui ont fait des choses pour les catas. »

On voit beaucoup de mecs dans le doc, t’es sûr que c’est le bon plan pour choper …?

« Il paraît même qu’il y a des gangbangs underground… »


Le documentaire a récemment été sélectionné au festival Docs21, apportez votre soutien en votant ici: http://docs21.com/portfolio/catacombes/

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