Voyager éco-responsable : le WWOOFing

En 1971, en Angleterre, un réseau de fermes pratiquant l’agriculture biologique a été créé. Les agriculteurs concernés prônent les bienfaits économiques, sociaux et bien sûr environnementaux de la culture et de l’élevage biologiques. Aujourd’hui, il existe des fermes biologiques partout dans le monde. Ce qui a donné naissance à une toute nouvelle manière de voyager : le WWOOFing.

Le WWOOFing, qu’est ce que c’est ?

A l’origine, WWOF signifiait « Working Weekends on Organic Farms ». Puis, ce terme a évolué, pour devenir aujourd’hui l’acronyme WWOOF, qui signifie en anglais « World Wide Opportunities on Organic Farms. » En deux mots, il s’agit d’un réseau mondial de fermiers biologiques, qui proposent gîte et couvert aux voyageurs. En contrepartie, ces derniers sont initiés aux méthodes et aux connaissances des agriculteurs biologiques. Après le couchsurfing, qui consistait à loger chez l’habitant, ou le concept d’échange de maisons, le WWOOFing permet d’aller plus loin, en proposant une nouvelle façon d’envisager son voyage.

Yolanta Siu, WWOOFeuse coréenne © Flickr

Yolanta Siu, WWOOFeuse coréenne © Flickr

Comment ce projet s’articule ?

Pour participer à l’un de ces séjours de partage et de découverte de l’agriculture biologique, il suffit de contacter l’association de WWOOFing du pays concerné. En effet, chacun des pays possède sa propre association. A l’heure actuelle, il existe plus de cent pays concernés. Parmi eux, les destinations les plus populaires sont l’Allemagne, l’Angleterre, l’Australie, le Canada et les Etats-Unis.

D’un point de vue logistique, il existe deux catégories de pays. Une partie des pays participants possèdent leur propre association WWOOF. C’est à dire qu’ils disposent d’un carnet d’adresse qui leur est propre, et parmi lequel les volontaires n’ont qu’à choisir les fermes d’accueil avec lesquelles ils souhaitent être mis en contact.

Aussi, après avoir défini le pays dans lequel le globe-trotter souhaite se rendre, il lui suffit de s’inscrire en tant que WWOOFer dans le pays concerné, afin d’être mis en relation avec la ferme d’accueil. Pour que le séjour se déroule au mieux, agriculteur comme voyageur se doit de jouer le jeu : arriver chez un exploitant sans l’avoir prévenu au préalable est fortement déconseillé.

Des vacances, oui, mais pas seulement

Le WWOOFing est basé sur le partage, la générosité et la confiance. Il n’y a donc aucun échange d’argent, que ce soit du voyageur à l’hôte, ou de l’hôte au voyageur. Seule une cotisation de 15 euros sera demandée par l’association de WWOOFing, afin de leur permettre de continuer à référencer les fermes volontaires. Malheureusement, le jeu n’est pas toujours joué, dans certains cas assez rares. Il arrive que des voyageurs rapportent avoir été presque exploités par leurs hôtes. Si le but est de découvrir d’autres cultures, tout en travaillant pour la ferme, cela doit rester dans des proportions raisonnables. A l’inverse, le logement et le couvert étant offerts, le voyageur se doit de participer un minimum aux activités et tâches quotidiennes. Généralement, le WWOOFer travaille entre 4 et 8 heures par jour.

Helen Morgan -  WWOOFing en France © Flickr

Helen Morgan – WWOOFing en France © Flickr

Laura, une WWOOFeuse revenue d’Australie, met le doigt sur l’intérêt de ce type de voyage. C’est un autre moyen de découvrir un pays, ne pas avoir peur de s’aventurer loin des habituels parcours touristiques. De cette façon, le voyageur va à la rencontre des locaux, sans préjugés. Cette voyageuse raconte son périple, dans tout ce qu’il a de plus beau mais aussi de plus difficile, sur son blog.

Le WWOOFing m’a permis de découvrir des régions reculées, loin des sentiers battus, que je n’aurais jamais visitées autrement.

Jacky Durand, un WWOOFer français, qui a séjourné dans une ferme maraîchère près de Grenoble, souligne l’hospitalité et la convivialité qui ont rythmé son séjour. « Je n’ai jamais été accueilli autrement que comme un invité ». Jamais aucune tâche ne lui a été imposée. Quand l’équilibre et le respect sont là, le séjour se passe dans les meilleures conditions.

Au delà de la découverte d’un nouvel environnement et de la vie à la ferme, le projet de Jacky Durand est avant tout de se « former » aux métiers de la ferme. « Pour moi le WWOOFing c’est vraiment pour partager la vie du paysan, donc généralement je reste avec le paysan toute la journée, pas seulement 4 ou 5h, ce n’est pas ça qui m’intéresse. »

Au cours d’un autre de ses séjours, cette fois en Haute-Savoie, ce WWOOFer a également évolué parmi les moutons. Agneler, nourrir les bêtes, fabriquer des clôtures, autant de tâches qui participent à la fabrication de produits consommés au quotidien, en amont. C’est ainsi qu’au sein de cette ferme, on réalise que, derrière les produits que l’on consomme chaque jour, il y a une masse de travail insoupçonnée. « […] le plus important pour moi, j’ai appris que quand on mange un morceau de fromage, et bien c’est grâce à un homme qui travaille entre 7 et 15h par jour, toute l’année. »

En bref, le WOOFing a tout bon : amateurs d’aventures, de rencontres, d’écologie, et de nouvelles expériences, cette aventure est faite pour vous ! En bonus, la pratique de l’anglais, et pourquoi pas, l’apprentissage de la langue locale. Découvrir le quotidien de fermiers biologiques aux quatre coins du monde, s’écarter un tant soit peu des clichés touristiques, tel est l’objectif de cette initiative.

Pour proposer sa candidature, il suffit de s’inscrire sur ce site http://www.wwoof.net/

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Titulaire d'un diplôme européen d'études en journalisme, je suis touche à tout, mais je m'intéresse tout particulièrement aux thématiques culturelles.

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